Extraterrestre CA 20 : Guerres civiles

par L'extraterrestre dans Extraterrestre 29 sept. 2010 mis à jour 14 mars 3744 lecteurs Soyez le premier à commenter share(partager)

Guerres civiles…

Chronique publiée dans Carnets d'Aventures n°20.
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Quels phénomènes, quels tragiques processus se mettent en place pour que les habitants d’un même pays en viennent à prendre les armes les uns contre les autres ?
Cela mérite de se pencher sur la question. Parce que les humains ne sont pas à l’abri de ces funestes dérives, malheureusement…
Les ingrédients : des groupes distinguables et identifiables, par leurs pratiques, leurs croyances (religieuses, politiques), leur groupe culturel, leur ethnie, leur couleur, etc.
L’impression qu’a au moins un groupe qu’un autre est nuisible (pour son dieu, pour ses terres, pour sa sécurité, pour son avenir, pour son pouvoir…).
Des hommes se sont entre-tués dans le passé (parfois récent) pour des débats d’idées ; certains paraîtraient complètement futiles aujourd’hui. Débats d’idées entre Catholiques et Protestants (les Écritures comme seule source versus la tradition, un pape / pas de pape…) qui ont fait des milliers de morts.
Des hommes se sont entre-tués parce que les uns pensaient que le capitalisme était une bonne chose, d’autres que le communisme était mieux. Des millions de morts (Vietnam et autre).
Des hommes ont tué des millions de Juifs parce qu’ils pensaient que ces derniers tiraient les ficelles du monde.
Au Rwanda, les Hutus ont massacré des centaines de milliers de Tutsis pour de supposés conflits d’intérêts (accès aux terres : éleveurs (Tutsis) versus agriculteurs (Hutus), accès aux postes de pouvoir…).
Plus récemment encore, des raisons complexes liées à l’écologie ont divisé les citoyens de nombreux pays occidentaux. Le groupe écologiste pensait que les non-écologistes, par leur attitude irresponsable, mettaient en péril l’avenir de l’humanité, rien de moins. Peut-être un des arguments les plus forts que l’on puisse reprocher à un autre groupe… cela peut en partie expliquer la violence des évènements lors de cette tragédie majeure de l’histoire de l’humanité. Le groupe non-écologiste trouvait que ce n’était pas si grave, qu’on trouverait des solutions, et prenait les écologistes pour de dangereux excités. Des séries d’évènements ont fait monter la tension entre les deux groupes. Et puis ce fut l’étincelle qui enflamma le brasier immense. Des millions de personnes…
Stop.
Espérons que ce ne soit pas le rapport rédigé par un extraterrestre dans quelques années !
Pourquoi ce petit billet ? Parce que dans les débats liés à l’écologie, nous constatons des tensions très marquées, très violentes. Même les forums du site du magazine en témoignent. Il y règne habituellement une bonne ambiance, mais lorsque le débat s’engage sur le chemin de l’écologie, des valeurs très fortes de « bien » et de « mal » s’érigent et clivent. La discussion s’envenime alors, très vite. Comme dans des débats d’ordre religieux. Et pourtant, participent à ces forums des personnes globalement assez « semblables », assez proches dans leurs valeurs…
Il y a parfois de quoi trouver cela effrayant, vraiment. Et ce n’est pas parce que nous vivons en 2010 que nous sommes à l’abri de dérapages violents ! Pourquoi le serions-nous ? Dans le passé de tels dérapages se sont produits à de nombreuses reprises, et au moment des faits, c’était le présent. Et notre présent à nous, si moderne, sera le passé, demain.
Devant les enjeux écologiques… Essayer de montrer sans juger, sans dénoncer, sans condamner, sans éprouver de ressentiment. Tenter de faire face de manière pragmatique et dépassionnée. Et lorsque cela passe par des choix personnels et volontaires de réduction de son impact écologique, il faut savoir les faire – décider d’agir pour être en accord avec sa conscience et ses convictions en quelque sorte – sans changer notre rapport à l’autre. Si l’action personnelle doit induire frustration, aigreur et agressivité vis-à-vis de ceux qui en font « moins » (ou qui font différemment !), alors de solution elle devient problème, potentiellement dangereux, et mieux vaut alors peut-être ne rien changer… ? La solution, dans ce type de problématique, ne peut être que « mécanique » ; elle doit s’appliquer à l’ensemble humain de la même façon, de manière égalitaire (une taxe, des lois, des incitations, une hausse naturelle des coûts d’approvisionnement en ressources naturelles, un retour économique du coût de la pollution, etc.). S’ensuit une réponse adaptative globale qui ne génère pas les tensions potentiellement énormes qui se créent lorsqu’on demande à une population de faire le « bien » spontanément…

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