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par Anthony 27 déc. Soyez le premier à commenter share(partager) Soyez le premier à aimer ! :

Résumé :

Le gilet de sauvetage, c’est un peu comme la trousse à outils de vélo : tu le prends, mais t’aimerais qu’il ne serve pas ! En packraft, embarcation par définition légère et compacte, ça fait mal au cœur d’emporter un gros gilet de sauvetage, lourd et encombrant. Dans quelle mesure cet Anfibio Buoy Boy peut-il le remplacer ? C’est ce que nous allons voir ensemble.

En bref

Poids total (constaté) : 395 g

Prix approximatif : 99 €

Toutes les caractéristiques

On aime

  • Bon système de flottaison léger et compact, idéal pour du packraft 
  • Conception robuste et durable
  • Bonne ergonomie, gilet bien dessiné et bien pensé.

Améliorable ?

  • Pas d'homologation possible
  • Légère gêne possible avec l'attache arrière de la sangle sous-cutale

Avertissements préliminaires

Je prends les pincettes nécessaires : ce test, volontairement condensé, n’a pas pour objectif de se substituer à tout apprentissage de la sécurité en navigation. Celle-ci comporte des risques, et des règles. Il convient de se renseigner avant d’envisager toute navigation bien entendu.

Le port du gilet
Commençons par une précision : j’emploie le terme de gilet de sauvetage (voire gilet), couramment utilisé, alors que le terme exact est gilet d’aide à la flottabilité. Ensuite, selon la navigation envisagée, le port d’un gilet de sauvetage homologué peut être obligatoire ou facultatif. Par exemple, pour tout engin de plage (canoë-kayak gonflable ou rigide de taille inférieure à 3,50 mètres, packraft…), le port d’un gilet est facultatif, et l’on doit rester à moins de 300 mètres d’un abri (endroit où l’on peut accoster sans assistance).
Par conséquent, en eau vive en France, sans encadrement, on peut naviguer sans gilet de sauvetage. Toutefois, ce n’est pas ce que je recommande bien entendu ! On peut mourir noyé dans une rivière de classe 1 (sur une échelle de 1 à 6) à l’allure anodine. Et comme le dit si bien l’ours des bois : tâchez de mourir moins souvent, c’est mieux. Et pour continuer les citations, Laurent Nicolet, dans son topo Rivières nature en France (que je recommande absolument !) dit : la classe 1, c’est de l’eau vive aussi. Donc ça comporte des risques.

Un gilet gonflable ?
Et cet Anfibio Buoy Boy, il est homologué ? Préambule pour éviter toute confusion : ce n’est pas un système qui répond à la norme imposée (ISO 12402). Et le fabricant ne s’en cache pas. Au contraire, il l’affiche partout, y compris sur le gilet lui-même. Ceux qui ne le voient pas peuvent sérieusement penser à consulter un ophtalmo. Voilà, c’est dit.
Un gilet gonflable pour des bateaux gonflables : logique non ? (photo : Sebastien Langlais)
Un gilet gonflable pour des bateaux gonflables : logique non ? (photo : Sebastien Langlais)
Le gilet se porte de manière agréable par dessus des vêtements.
Le gilet se porte de manière agréable par dessus des vêtements.

Une solution hybride, idéale pour voyager ?

On parle ici d’une solution hybride, qui répondrait à un besoin spécifique : apporter davantage de sécurité pour certaines navigations, via une solution ultra-compacte et ultra-légère. Notez l’emploi volontairement flou du mot “certaines”. Quand il s’agit de tester du matériel de sécurité, on marche sur des œufs ! Tâchons donc de ne pas se brouiller.
Pour moi, il faut le voir un peu comme un sac airbag pour le ski de randonnée : même si on l’a sur le dos, on fait tout pour ne jamais s’en servir ! Par conséquent ce gilet est prévu pour des navigations faciles (par rapport à son niveau !), en prenant le temps de repérer les rapides (voire en les évitant). Après tout, en voyage, ça a du bon de ralentir la cadence non ?

Dans mon cas, ce gilet permet d’envisager des navigations à faibles dangers objectifs (comme des rapides délicats et branches en eau vive, vent, courants et marées en lac et mer, pour ne citer que ces dangers). Et surtout, en bikerafting, cela me permet d'accrocher tout mon matériel de navigation – gilet inclus – à mon guidon.
L'Anfibio Buoy Boy (entouré d'une sangle orange), posé sur un gilet de sauvetage classique : c'est pas le même gabarit !
L'Anfibio Buoy Boy (entouré d'une sangle orange), posé sur un gilet de sauvetage classique : c'est pas le même gabarit !

Ergonomie et prise en main

La première chose marquante en prenant le Buoy Boy en main, c’est sa légèreté et sa compacité : moins de 400 grammes, et aussi petit qu’une bouteille d’1 litre ! Ensuite, la mise en œuvre est très simple : deux valves anti-retour permettent de gonfler très rapidement (en quelques secondes) les deux chambres. On enfile le gilet comme une veste, que l’on ferme grâce à un zip costaud et facile d’utilisation. Enfin, la sangle ventrale permet d’ajuster le gilet à sa morphologie, tandis que la sangle sous-cutale assure le maintien en place du gilet en cas de dessalage. Simple et efficace : après mise en place et ajustement, on fait corps avec le gilet.
Le gilet vient bien protéger le cou.
Le gilet vient bien protéger le cou.
Bien que le look soit discutable, la sangle sous-cutale est capitale pour un bon maintien du gilet une fois immergé ! (pardonnez la moue, on commençait à fatiguer :-D) (photo : Sebastien Langlais)
Bien que le look soit discutable, la sangle sous-cutale est capitale pour un bon maintien du gilet une fois immergé ! (pardonnez la moue, on commençait à fatiguer :D) (photo : Sebastien Langlais)
Les poches filet sont grandes, idéal pour loger un appareil GPS par exemple. Et le zip pour fermer le gilet est bien costaud.
Les poches filet sont grandes, idéal pour loger un appareil GPS par exemple. Et le zip pour fermer le gilet est bien costaud.
Par précaution, le fabricant précise qu’il faut gonfler le gilet avant la navigation… Évidemment, même si le gonflage est très rapide, ce n’est pas au moment de boire la tasse qu’il faut espérer s’en occuper :)

Les deux chambres indépendantes sont judicieusement placées :
  • principalement devant, pour se mettre en position tortue retournée dans les rapides (et ainsi éviter les coincements). Par ailleurs, cela permet d’éviter au maximum que les chambres heurtent d’autres objets, en les protégeant naturellement avec nos bras.
  • Autour du cou, ce qui permet une bonne protection de cette zone sensible.
Le reste du gilet est constitué d’une maille respirante très agréable.

Quant aux finitions, elles sont bonnes. Des poches filets de belle taille sont présentes de part et d'autre, et sont très pratiques (j’y glisse par exemple une pochette étanche contenant mon téléphone). Les valves, le zip, les tissus dégagent un sentiment de solidité. 
Une fois le gilet gonflé, chaque valve peut être "plaquée" contre le gilet grâce à un petit bout de sangle prévu à cet effet, ce qui les protège un peu mieux. Un petit bémol : les boucles en plastique placées au bas du dos, qui servent à maintenir la sangle sous-cutale. Selon l’embarcation utilisée, elles arrivent au niveau du dossier du siège, et le contact peut s’avérer inconfortable à la longue.
Les valves : il suffit de glisser son doigt dedans pour vider l'air. Même les gros doigts y arrivent sans difficulté.
Les valves : il suffit de glisser son doigt dedans pour vider l'air. Même les gros doigts y arrivent sans difficulté.
Pour éviter que les valves "dépassent" comme ici, elles peuvent être glissée sous la mini-sangle que l'on aperçoit (sous le logo blanc).
Pour éviter que les valves "dépassent" comme ici, elles peuvent être glissée sous la mini-sangle que l'on aperçoit (sous le logo blanc).
Le dos et les côtés du gilet sont conçus avec un tissu aéré confortable.
Le dos et les côtés du gilet sont conçus avec un tissu aéré confortable.
La sangle sous-cutale vient se fixer de part et d'autre (devant et derrière) du gilet, via deux boucles en forme de 'D'. C'est le 'crochet' dans le dos qui peut être douloureux contre un dossier.
On voit aussi la sangle de serrage ventral.
La sangle sous-cutale vient se fixer de part et d'autre (devant et derrière) du gilet, via deux boucles en forme de 'D'. C'est le 'crochet' dans le dos qui peut être douloureux contre un dossier.
On voit aussi la sangle de serrage ventral.
Comment choisir la bonne taille de gilet gonflable ? Je mesure 1m76 pour 70kg, j’ai donc opté pour la taille M. Mais cet été, j’ai pu voir qu’il convenait aussi à ma nièce de 11 ans. Et il va aussi à ma compagne qui fait 50kg et 1m60. De fait, comme il est très réglable, il peut convenir à différentes morphologies plus petites, mais pas plus grandes. On pourra donc volontiers viser la taille au-dessus pour plusieurs raisons :
  • On a un gilet plus polyvalent.
  • On peut avoir une meilleure flottaison (cf. paragraphe suivant)
  • Et donc on peut le dégonfler un peu pour plus de confort, quitte à perdre un peu de flottabilité.

Enfin, après la navigation, le dégonflage du Buoy Boy est relativement aisé : il s’agit de le rouler méthodiquement tout en appuyant à l’intérieur de la valve avec un doigt. Avec cette manipulation, seuls les derniers centimètres cubes d’air sont un peu plus délicat à extraire, pour grappiller encore un peu de volume de rangement !
Ma nièce de 10 ans pouvait porter le gilet en taille M aussi.
Ma nièce de 10 ans pouvait porter le gilet en taille M aussi.
Dégonflé et rangé : plus petit qu'une bouteille d'1L !
Dégonflé et rangé : plus petit qu'une bouteille d'1L !

Efficacité et durabilité

Bien que le Buoy Boy ne soit pas homologué par la norme ISO 12402, la flottabilité a, quant à elle, bien été testée par le fabricant par le même test que la norme impose (ISO 12402-9 5.5.9). Et les valves sont aussi certifiées ISO 12402-7. On n’est donc pas sur une conception au doigt mouillé, mais plutôt avec une véritable volonté d’apporter le maximum de sécurité possible, malgré l’impossibilité de répondre à tout le cahier des charges que la norme impose.

Plus on prend une grande taille, plus il y a d’air, et donc plus la flottabilité est élevée. Disponible en 4 tailles (S, M, L et XL), la flottabilité est annoncée de 56N à 78N, (toujours en le gonflant au maximum) : ce sont des valeurs très pertinentes, bien corrélées avec la taille de l’utilisateur. J’ai pu tester la taille M sur un bassin d’eau vive : même ressenti qu’avec mon gilet habituel d’eau vive (un Hiko Salty Dog), je bois autant la tasse, c’est donc validé !

Bien sûr, la crevaison est la principale crainte ; toutefois, je n’ai encore jamais rencontré ce souci en voyage. Ce qui peut compromettre la sécurité serait une crevaison sur un choc dans l’eau, après avoir dessalé. Dans ce cas, la conception du Buoy Boy propose une demi-parade : en divisant le volume d’air en 2 chambres (à l’instar de certains sacs airbag pour le ski), il faudrait un sacré concours de circonstances pour que les 2 crèvent en même temps. Avec une seule chambre gonflée, on se retrouve avec une flottabilité minimale, toutefois en deçà de celle des gilets de sauvetage les plus sommaires.
Plouf ! Opération de test de gilet au bassin de Saint Clément (05).
Plouf ! Opération de test de gilet au bassin de Saint Clément (05).
Je pourrais aussi avancer que le tissu me semble déjà assez résistant, mais jusqu’où ? Eh bien, j’ai eu la confirmation par Mathieu, l’un des packrafteurs en Suède (à voir aussi dans CA#66) : il utilise un Anfibio Buoy Boy depuis 7 ans, sans avoir jamais eu de crevaison. Et pourtant, il s’en sert même comme siège ! Plutôt rassurant quant à la durabilité du gilet gonflable, et quant à sa résistance en cas de choc. Son bilan est identique : c’est un gilet parfait pour envisager des navigations de voyage : modérer les difficultés, repérer les rapides, et savoir renoncer sont aussi importants.

Pour prolonger sa durée de vie, je ne saurais que conseiller d’en prendre soin au maximum, et de prendre le temps de l’inspecter avant chaque navigation. Vérifier son ajustement, son gonflage. Quand on ne l’utilise pas, veiller à ne pas le laisser en plein soleil. Enfin, ne pas hésiter à le prendre dans un coloris plus visible aussi (pas disponible au moment de mon test) : c’est encore mieux pour la sécurité, et le soleil risque moins de faire varier sa pression.
(par exemple je le roule dans mon packraft pour qu’il soit toujours à l’abri)

ATTENTION : il existe de nombreuses contrefaçons sur un site de vente en ligne dont les premières lettres sont le début et la fin de l’alphabet latin. Si l’aspect semble identique, la finition et la durabilité n’ont – d’après plusieurs retours – rien de comparable. Malheureusement, et c’est mon point de vue : ces contrefaçons nuisent aux efforts de marques comme Anfibio qui peuvent essayer de trouver des solutions intermédiaires viables.

Conclusion

Avec ce gilet gonflable Buoy Boy, Anfibio propose une solution hybride qui convient aux voyageurs légers (packrafts et autres embarcations gonflables), à condition qu’ils soient bien conscients des compromis en matière de sécurité. Dommage que la concurrence soit absente : c’est le seul gilet gonflable fiable, léger, et efficace du marché. De surcroît, tout laisse croire qu’il est durable. Pour moi, c’est le compagnon idéal de voyage en packraft sur des navigations faciles !

Un grand merci à Packrafting-store.de d'avoir rendu ce test possible.
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Le gilet est ici roulé dans le packraft, lui-même accroché au guidon. Hyper compact ! (photo : Sebastien Langlais)
Le gilet est ici roulé dans le packraft, lui-même accroché au guidon. Hyper compact ! (photo : Sebastien Langlais)
(photo : Sebastien Langlais)
(photo : Sebastien Langlais)
(photo : Sebastien Langlais)
(photo : Sebastien Langlais)
(photo : Sebastien Langlais)
(photo : Sebastien Langlais)
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Caractéristiques générales

Poids total (constaté) : 395 g
365g de gilet + 30g de sangle sous-cutale
Poids annoncé par le constructeur : 390 g
marque : Anfibio

Prix approximatif : 99 €

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