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Svalbard : du ski, des pulkas, pas d'avion

par Antoine Bouvier
13 mars
37 lecteurs

Est-il possible de faire du ski de pente raide en itinérance et en autonomie de plusieurs jours dans le Grand Nord ? De continuer à rêver d'exploration arctique et lointaine tout en ayant un impact carbone viable ? Antoine et ses cinq amis skieurs répondent à ces questions en réalisant ce rêve polaire. Ils nous emmènent dans cette aventure, au cœur de l’archipel du Svalbard.

Photos et participants : Julien Colonge, Sébastien Overney, Claude Vallier, Anthony Calvet, William Mermoud, Antoine Bouvier

Camp 3 sur fond de Storlottet. L’euphorie est de mise, chacun a pu exprimer son ski et se faire plaisir.
Camp 3 sur fond de Storlottet. L’euphorie est de mise, chacun a pu exprimer son ski et se faire plaisir.

Après deux ans de préparatifs, nous y sommes ! Nous nous retrouvons tous à bord du train pour un long périple sur les rails vers le nord de la Norvège, avant d’embarquer à bord de LifeSong, un magnifique voilier conçu pour naviguer dans les mers froides, qui nous transporte jusqu’à l’archipel du Svalbard, 620 milles nautiques (environ 1000 km) au nord de Tromsø. Déjà une sacrée aventure : pannes, retards et changements d’itinéraire dans les trains, navigation sportive en mer de Barents (surnommée la salle de danse du diable) par gros temps, quarts de nuit et mal de mer. Bref, bien plus qu’un très bon entraînement pour développer notre capacité d’adaptation avant de chausser les skis. Et quelle expérience de pouvoir longer les Alpes de Lyngen à la voile et observer les paysages se révéler lentement à nous, avec en bonus la présence de dauphins à nez blanc – d’une taille proche de celle d’une orque – dont nous distinguons les nageoires à intervalles réguliers, jusqu’à atteindre les côtes de la terre Oscar Land II sur l'île principale de l’archipel du Svalbard, le Spitzberg ! Ce territoire tout blanc dont nous avons tant rêvé, recouvert de glaciers et de montagnes, est enfin là, devant nous ! La vigilance est de mise, car il faut se frayer un chemin dans l’Isfjorden au milieu des nombreux growlers, ces petits icebergs issus de la banquise. Même si LifeSong a une coque renforcée, mieux vaut éviter d’impacter l’un de ces morceaux de glace ! Le drone se révèle une aide précieuse pour trouver la meilleure ligne jusqu’au port de Longyearbyen, capitale du Svalbard avec ses 2400 habitants. Nous profitons de cette escale technique pour récupérer du matériel (pulkas, réchauds, essence, duvet, matelas… prêtés par notre partenaire 66° Nord) et compléter nos réserves de nourriture (près de 200 repas lyophilisés !). Puis nous repartons pour une dizaine d’heures de navigation jusqu’à notre destination finale dans la baie d’Eidembukta. Dix jours après avoir quitté la maison, nous chaussons enfin les skis.

... et la suite ?