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Canoë en Finlande, aventure père/fils

Canoë en Finlande, aventure père/fils

(réalisé)
5 jours de canoë en Carélie du nord dans les immensités sauvages de l'est finlandais, à la frontière Russe. 50km parcourus entre rivières et lac progression ralentie par les barrages de castors, au pays des ours et des élans. Une aventure Père/fils sur 3 générations avec Robin, 10 ans en chef d'expédition.
canoë / randonnée/trek
Quand : 02/06/22
Durée : 5 jours
Distance globale : 57.9km
Dénivelées : +29m / -54m
Alti min/max : 143m/168m
Carnet publié par Gweg2459 le 17 juin
modifié le 17 juin
S'y rendre de manière douce : C'est possible en train
Précisions : 4h45 de train entre Helsinki et Joensuu
310 lecteur(s) -

Le topo (mise à jour : 17 juin)


Milieu traversé :

Biotope : [forêt]

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Le compte-rendu (mise à jour : 17 juin)

Après plusieurs expériences de treks en autonomie en Laponie, j'ai décidé de faire découvrir l'immensité de la nature scandinave à mon fils de 10 ans. Mon père et mon frère ayant entendu parler du projet se sont tout de suite montrés très intéressés, et c'est comme cela que nous nous sommes retrouvés père, fils et petit fils, sur des canoës à naviguer sur l'une des très nombreuses rivières sauvages de Finlande.

Le choix du canoë s'est rapidement imposé pour que Robin n'ait pas à porter de sac à dos sur de trop longues distances. Comme nous sommes en autonomie complète, cela implique de devoir transporter notre couchage, nos outils et notre nourriture pour les 5 jours qu'a duré cette aventure.

En ce qui concerne le lieu, j'ai procédé comme je l'ai toujours fait, en commençant par chercher sur google maps une zone sauvage, la plus éloignée possible des villes et des routes. De préférence en Scandinavie, région que j'affectionnes particulièrement, et cette région doit être traversée par une voie navigable pour cette fois ci... ensuite j'affine ma recherche en navigant sur le site finlandais de cartographie en ligne: https://www.excursionmap.fi/

Le plus compliqué a été de trouver les canoës. Je ne voulais pas suivre d'itinéraire tracé à l'avance, ni engager de guide. Je tiens toujours à être 100% maître de mon parcours, et me retrouver confronté aux réelles difficultés, sans bénéficier des commodités offertes par un guide ou un tour opérator. Il m'a donc fallu contacter plusieurs loueurs, guides de pèche et propriétaires de canoës pour les convaincre de me faire confiance en me larguant avec leur matériel pour 5 jours sans garanties de réussite ou de retour.

C'est Matti Pasanen qui m'a proposé la meilleure option: non seulement il me louait ses embarcations, mais en plus, il nous conduisait de la gare de Joensuu à notre point de départ, et venait nous reconduire à la gare depuis notre point d'extraction.

Matti est le propriétaire de l'entreprise Kalastusretket que vous pouvez retrouver via les réseaux sociaux. Il possède un lac et une cabane qu'il loue avec ses services au choix de guide de pêche et de cuisinier, avec prêt de canoës pour aller pécher sur son splendide Lac perdu dans la taïga. Pour nous, il acceptait de les sortir du lac et de les charger sur sa remorque afin que l'on ait toute la liberté d'en disposer pour notre projet. 

Les canoés étaient trouvés, la rivière aussi, nous voilà partis!



Robin pose devant le premier barrage de castors
Robin pose devant le premier barrage de castors
Jour 1:

Après une nuit interminable dans la gare d'Helsinki parmi les junkies (on a même assisté à l'arrestation d'un homme qui dormait près de nous et sur qui la police a trouvé un flingue...  Je ne vous recommande vraiment pas l'adresse), notre train de 6h55 pour Joensuu nous a permis de nous reposer en dormant par intermittence durant les 4h45 de trajet à travers la campagne finlandaise.

Matti et sa femme Miia nous attendent sur le quai de la gare à 11h40, et nous proposent dans un premier temps d'aller manger dans un snack en ville. Il nous emmène faire quelques courses afin d'acheter des recharges de gaz pour notre réchaud et une bouteille de vodka pour se tenir chaud durant les veillées au coin du feu, puis nous partons vers son lac afin d'aller chercher les embarcations.

Son lac se trouve à une petite heure de la ville, sur le trajet pour notre point de départ qui lui se trouve à 1h30 de là. Il y possède une cabane au milieu de laquelle un brazeiro permet de cuisiner le poisson fraîchement pêché ainsi qu'un campfire site pour y passer de belles soirées en extérieur. Nous, on se contente d'y charger les 2 kayaks individuels et le canoë biplace sur la remorque, puis nous reprenons la route en direction de la frontière russe. 

Cela doit déjà faire plus d'une heure que nous n'avons croisé personne sur cette route de plus en plus cahoteuse lorsque nous arrivons à l'endroit que j'avais précisé à Matti. Une petite rivière d'à peine 10m de large  passe sous la route. C'est ici que Matti nous abandonne avec tout notre matériel. Il nous offre 2 sprays anti moustiques en constatant à quel point ils sont nombreux.
les premiers coups de pagaie
les premiers coups de pagaie
porter le canoë par la rive, par dessus les barrages de castor, par dessous les arbres tombés
porter le canoë par la rive, par dessus les barrages de castor, par dessous les arbres tombés
les premiers coups de pagaie sont donnés vers 16h00, pour cette première soirée de navigation nous n'avons à parcourir que 5 km pour atteindre le Laavu de Ahokoski. 

La rivière étant très étroite sur cette portion, de nombreux arbres tombés et des barrages de castors nous ralentissent fortement, mais on est en forme, et ces défis nous amusent. On forme une super équipe! On tente plusieurs solutions pour franchir les obstacles en portant les canoës sur la berge, par dessus les barrages de castor, ou par dessous les arbres couchés.

La météo est superbe, mais cela contredit toutes les prévisions qui annoncent des orages pour aujourd'hui et de grosses pluies pour les jours à venir. Le ciel est bleu lorsqu'un premier coup de tonnerre éclate vraiment pas loin de nous, ce qui nous fait sursauter, puis le ciel se charge et passe au noir, la pluie tombe 5 minutes, un  second coup de tonnerre un peu plus loin et le ciel bleu revient. L'orage est passé.

Nous arrivons au Laavu à 18h, nous y dressons le camp. On tend un tarp au dessus du foyer et des bancs en rondins pour s'abriter autour du feu si la pluie revient. Les moustiques nous harcèlent et nous obligent à allumer un feu rapidement. La fumée les éloigne, mais dès que l'on recule de quelques mêtres, ils nous attendent en armée!



Les Laavu, on en trouve partout en Finlande, libres d'accès et indiqués sur la carte
Les Laavu, on en trouve partout en Finlande, libres d'accès et indiqués sur la carte
Johann (mon père) et Flo (mon frère) emmènent Robin pêcher. Ils sortent une jolie perche de 25cm que nous remettons à l'eau sans l'avoir blessée, et un brochet énorme de 75cm que je cuisine en papillote sur le feu. On avait amené du papier aluminium pour cette occasion... C'est un régal! 

Notre ration comporte surtout des graines et fruits secs pour la journée, de la semoule ou des nouilles chinoises pour le soir, avec une soupe déshydratée en sachet. Du coup, améliorer l'ordinaire avec un poisson fraichement pêché est un vrai bonus...
Flo, notre pêcheur et son brochet de 75cm
Flo, notre pêcheur et son brochet de 75cm
Cuisson idéale, du sel, du poivre, un régal!
Cuisson idéale, du sel, du poivre, un régal!
une veillée au coin du feu après un bon repas, quelques gorgées de vodka finlandaise, et un gros dodo malgré l'absence de nuit. Si le soleil se couche de 23h à 3h à cette période de l'année, il ne fait que disparaître sous la ligne d'horizon durant ces 4 petites heures, mais le ciel reste illuminé et  il fait jour tout le temps.

couchés à minuit et demi ce premier soir.
dormir dans un Laavu au bord de la rivière
dormir dans un Laavu au bord de la rivière
Jour 2: 

Réveil à 9h00, on a le temps, on en profite pour prendre un bon petit déjeuner (lait en poudre + chocolat en poudre + muesli au chocolat) le tout dilué dans l'eau saumâtre de la rivière préalablement bouillie. L'eau est très foncée, limite rouge à cause des nombreuses tourbières qui entourent la rivière, mais une fois portée à ebullition, elle est parfaitement potable et n'a pas de goût désagréable. Elle sera notre seule et unique source pour les repas, les cafés et les gourdes.

Nous ne sommes pas encore très organisés pour le paquetage,  on hésite encore sur le rangement, les sacs étanches ou non, du coup on ne reprend la route qu'à 11h.

on échange les embarcations, me voilà dans le kayak de Johann
on échange les embarcations, me voilà dans le kayak de Johann
toujours ce ciel bleu, contre toute attente
toujours ce ciel bleu, contre toute attente
un barrage de castor
un barrage de castor
Grosse journée aujourd'hui, avec 20km au programme si on veut atteindre le prochain Laavu.

Bien que nous ayons des tentes, la végétation au sol dans la forêt et les tourbières aux endroits dégagés ne nous offrent pas beaucoup de lieux de bivouac. autant viser les Laavu pour bénéficier des commodités d'un site aménagé. Surtout que ces spots sont si éloignés de la moindre route que cela n'enlève rien au sentiment d'isolement que l'on recherche dans de si grandes étendues sauvages.

Les 12 premiers kilomètres de cette journée nous font lentement descendre les méandres et épingles de la rivière Ukonjoki qui ici est toujours étroite et sinueuse. sur cette première partie, il y a encore de nombreux barrages qu'il nous faut franchir en portant.
des petits rapides qui me laissent utiliser l'appareil photo. pour les plus gros il me faut tenir les pagayes
des petits rapides qui me laissent utiliser l'appareil photo. pour les plus gros il me faut tenir les pagayes
Chaque épingle que forme la rivière laisse apparaitre une petite plage de sable, c'est idéal pour la pause café de mi journée, mais aussi pour voir les empreintes d'animaux.

Des zones de rapides sans trop de danger nous font accélérer sur 2 ou 300m, d'autres nous ralentissent car les canoës frottent le fond, mais tout cela casse la monotonie de la navigation et ne nous laisse pas le temps de nous ennuyer.
Robin navigue avec son papi
Robin navigue avec son papi
Robin avec son parrain
Robin avec son parrain
la pause café sur une plage
la pause café sur une plage
et on repart pour de nouveaux obstacles juste devant
et on repart pour de nouveaux obstacles juste devant
on passe par dessous cette fois
on passe par dessous cette fois
des empreintes d'élan
des empreintes d'élan
La rivière s'élargit et change de nom après avoir traversé le lac de Tohlinlampi, elle s'appelle maintenant Tohlinjoki, puis très vite elle se jette dans le lac de Haaralampi puis s'élargit à nouveau à sa sortie sous le nom de Ala-Tohli. 

Elle mesure maintenant entre 50 et 100m d'une berge à l'autre, les rapides deviennent plus rares, les barrages deviennent inexistants, les arbres tombés ou abattus par les castors ne gênent plus du tout la navigation qui devient beaucoup plus monotone, voire lassante, nous avons hâte d'arriver.
arrivés au lac de Tohlinlampi
arrivés au lac de Tohlinlampi
la rivière devient très large devant le capitaine de frégate Robin
la rivière devient très large devant le capitaine de frégate Robin
un arbre entamé par les castors
un arbre entamé par les castors
heureusement une série de rapides importants (bien que toujours très faciles) nous sort de notre zone de confort sur les deux derniers kilomètres. Il nous faut ouvrir l’œil car le Laavu se trouve juste avant un long rapide. Si on le dépasse, on ne saura pas atteindre la berge avant d'en être sortis.

Sans le voir depuis l'eau, on estime bien l'endroit où il est censé se trouver, on attrape un petit contre-courant  pour pouvoir accoster, et Bingo! on a visé juste, nous voilà arrivés pour dresser notre second campement. Il est 18h.
le trou de souris du Laavu de Saarikoski
le trou de souris du Laavu de Saarikoski
On dresse le camp, on tend le tarp, on étale nos affaires partout car on a beaucoup de choses à faire sécher. L'un des plus grands bonheurs du soir est d'enlever les chaussures mouillées pour sauter dans nos crocs.

On se motive par binômes pour aller à  l'eau, c'est l'heure de la toilette! On se savonne sur la berge puis on se jette à l'eau pour se rincer. En voulant mouiller mon savon, je me fais surprendre par la profondeur soudaine et je tombe à l'eau. j'y constate un fond sableux et profond de plus d'un mètre dès le rivage. je ressors très vite, surpris par la température très froide de l'eau. du coup j'explique à mon père: "on peut sauter à pieds joints, comme dans son bain, c'est profond et c'est juste du sable!" "allez on y va ensemble un... deux... et trois!"  

On saute en caleçon comme deux enfants à pieds joints dans l'eau, mais cette fois on est allés un peu plus loin que ma première chute, et le fond de l'eau cache un gros tronc immergé sur lequel on vient s'éclater les tibias. à cela s'ajoute la claque du froid, et cette couleur rougeâtre de l'eau, vue d'en dessous on croirait nager dans du sang. le tout filmé par Flo qui pleure de rire! On s'est refaits le film toute la soirée, fous rires à chaque fois!

Robin et Flo sont plus prudents et vont nager un peu plus haut dans la rivière, là où l'on voit le fond. Robin me surprend par sa résistance au froid du haut de ses 10 ans! d'ailleurs, en canoë non plus il n'a pas démérité, il a pagayé tout le long du voyage sans jamais se plaindre!

Nous sommes maintenant tous propres. Flo et Robin essaieront de pêcher pendant plus d'une heure, mais ici les poissons ne mordent pas, et ce soir on va devoir se contenter de nos rations avec un morceau de saucisson sec.

Veillée autour du feu jusque 1h du mat'. La luminosité constante nous a complètement décalés, on perd la notion du temps!
vue de l'intérieur
vue de l'intérieur
photo prise à 1h00 du matin
photo prise à 1h00 du matin
Jour 3:

réveil à 10h00, les moustiques nous ont dévorés cette nuit! c'est l'inconvénient du Laavu comparé à la tente... Le temps de prendre le petit déjeuner de refaire les sacs et de les porter plus bas sur la rive, on démarre à 12h20 aujourd'hui! 

Ce matin on attaque directement les rapides avant lesquels on s'est arrêtés hier. Ils ont l'air costauds vus du rivage, alors on assure le coup en portant les sacs en aval, on s’arrêtera pour les récupérer quand les rapides seront franchis. Si on doit chavirer ou avaler des paquets d'eau, nos affaires, elles, resteront sèches...

Les rapides franchis et les sacs récupérés, on repart sur la large Lutinjoki. Elle gardera ce nom jusqu'à la fin, là où elle se jette dans l'immense lac Koitere.

Il pleut toute la matinée,  ainsi que durant la première heure de notre progression, puis le ciel se dégage et le soleil revient.

La rivière est un mirroire
La rivière est un mirroire
Il manque un peu d'action pour ce matin
Il manque un peu d'action pour ce matin
Environ 6 km après notre bivouac, on accoste au ponton d'un superbe chalet sorti de nulle part. Une piste cabossée y mène, et d'après les indices qu'on y trouve, il s'agit d'une résidence pour accueillir des voyages de chasse et de pêche. Nous sommes ici dans une zone de chasse à l'élan et à l'ours, en bordure de parc national, là où la protection totale ne s'applique pas encore. 

Ponton,  salon de jardin, sauna, Laavu, campfire site, et chalet tout équipé, panneaux solaires sur le toit, tout y est, mais bien-sur, tout est fermé à clés.
Un chalet perdu à 100km du premier village
Un chalet perdu à 100km du premier village
un superbe ponton de pêche
un superbe ponton de pêche
salon de jardin sur la terrasse d'un sauna
salon de jardin sur la terrasse d'un sauna
On profite des infrastructures pour y faire la pause de mi journée, Robin attrape une petite perche qu'on relâche. Je sors le drone pour quelques plans aériens, c'est ici qu'un défaut logiciel apparaît, m'interdisant de décoller, je suis dégoutté!

une vielle lampe à huile
une vielle lampe à huile
On reprend notre progression vers le lac, ce soir c'en est fini des rivières, on change de décor! 

Le vent de face se fait sentir à mesure que l'on approche, la navigation devient de plus en plus difficile, puis la rivière s'élargit lorsque l'on contourne l'île de Larinsaari par le nord. 

Nous sommes désormais dans le Lac Koitere, d'une superficie de 167 km², il comporte tellement d'iles (on en compte 427) que l'on ne peut pas en voir la rive opposée tant elles se confondent vues de la surface. La vue porte loin, cela nous change radicalement de la rivière sinueuse qui s'écoule dans la forêt.

On fait une petite pause là où une route rejoint le lac. un camping car y est stationné, un chalet semble habité, et des bateaux à moteur sont au ponton, cela nous sort un peu du sentiment d'isolement qui nous était si cher, mais je relativise en me rappelant qu'il n'y a pas le moindre village à moins d'une heure de route en voiture, et que cette route ne dessert rien d'autre que le lac pour les quelques pêcheurs qui y laissent leur bateau. Nous sommes toujours en pleine nature sauvage, les ours, lynx, loups, gloutons, élans et castors sont bien plus nombreux que les humains par ici!

Après la pause nous attaquons la traversée d'une Anse, 2km en ligne droite pour ne pas faire le détour en longeant la côte, mais un vent de travers nous fait dériver et on passe notre temps à compenser, c'est très fatiguant, les zig zag nous coûtent  au moins 1km, surtout avec le canoë qui prend plus le vent que les kayaks équipés de dérives.

Il est 18h00 quand nous atteignons la côte au niveau du campfire site de Majaniemi dans le parc national de Patvinsuo.

Une superbe plage de sable, des emplacements de tente, un mur coupe vent a été construit par les randonneurs en coinçant des petits troncs morts entre des sapins vivants. Nous le doublerons en hauteur pour nous abriter du vent qui souffle fort sur cette côte à notre arrivée. deux tentes sont déjà installées à une centaine de mètres du campfire site, mais ce dernier est libre et personne ne compte l'utiliser. On y installe donc notre tarp après s'en être assurés en allant saluer les randonneurs.

La rive nord du lac correspond à la frontière sud du parc de Patvinsuo, et le site de Majaniemi en est l'un des bivouacs les plus emblématiques. Pas étonnant d'y trouver des randonneurs même si ils sont au minimum à une journée de marche de leur point de départ.

La plage de majaniemi au bord du lac Koitere
La plage de majaniemi au bord du lac Koitere
Le camp de majaniemi
Le camp de majaniemi
Robin joue dans le sable
Robin joue dans le sable
Les racines découvertes sur les plages
Les racines découvertes sur les plages
après avoir monté les tentes et pris notre repas, Flo et moi repartons sur le lac avec les deux kayaks pour tenter d'y attraper un poisson. Sans succès pour ce soir. nous rentrons bredouille et allons nous coucher après la traditionnelle vodka avec papa autour du feu. Il est 1h00 et encore une fois la luminosité nous a trompés! demain promis, on se couche tôt!!

13km parcourus aujourd'hui.
A la pêche à 23h30
A la pêche à 23h30
Jour 4:

La nuit en tente offre l'avantage de nous protéger contre les moustiques, on a bien dormi, et au réveil on constate l'efficacité: entre la toile extérieure et la moustiquaire intérieure, il y a des centaines de moustiques qui attendent qu'on leur ouvre pour nous dévorer. Tellement que je demande à Johann et Flo de nous ouvrir la tente de l'extérieur avant de pouvoir ouvrir la moustiquaire.

Aujourd'hui, on laisse tout ici, les tentes, les sacs, les canoës... on emporte seulement l'essentiel et on part randonner léger. Direction Teretti, une tour d'observation située à 5km d'ici, au milieu du parc constitué principalement de marécages. 
Notre bivouac à Majaniemi
Notre bivouac à Majaniemi
les moustiques nous attendent à la sortie de la tente
les moustiques nous attendent à la sortie de la tente
Départ à 11h45, la randonnée est facile, il n'y a pas de dénivelé, un chemin de planches est installé là où la piste traverse les tourbières et marécages. 

Les chaussures de Flo décident de terminer leur carrière ici. L'alternance de l'eau et du séchage au feu de bois a eu raison de la colle de ses semelles (il a retrouvé ses vielles chaussures quechua qui ont plus de dix ans dans le grenier de mon père à l'occasion de ce voyage, rien d'étonnant). Je lui répare au duct tape pour la journée, il finira le séjour en chaussons, les semelles dans le sac à dos... 

Réparation de fortune au scotch
Réparation de fortune au scotch
Beaucoup d'amadouviers sur les arbres
Beaucoup d'amadouviers sur les arbres
Les planches pour traverser les tourbières
Les planches pour traverser les tourbières
Les marécages
Les marécages
Robin observe les oiseaux
Robin observe les oiseaux
on arrive vers 13h à la tour. On sort les Jumelles et on observe les oiseaux du parc. On essaie d'y voir des ours où des élans, mais sans succès. Les grands mammifères restent discrets et se cachent dans les zones boisées durant la journée... On observe quand même deux grandes grues cendrées et beaucoup d'oiseaux des marais. 

Après avoir laissé un mot dans le livre d'or rangé dans une boîte étanche là haut, on redescend au Laavu à quelques mètres de là pour y faire chauffer un café et prendre notre collation, puis on repart en direction du lac où nous attend notre campement et  nos canoës.
En haut de la tour d'observation
En haut de la tour d'observation
Teretti
Teretti
De retour à Majaniemi, on a tout notre temps, il n'est même pas 16h et le bivouac est déjà installé depuis la veille vu qu'on dort une seconde nuit ici. 

Quartier libre pour tout le monde:

Flo saute sur un kayak pour aller pêcher dans le lac. On a faim malgré nos rations, il se donne pour mission de nous ramener un brochet. 

Robin joue sur la plage sous la surveillance de papi qui en profite pour laver des vêtements dans le lac, les faire sécher au soleil, réaménager le camp et aller se baigner pour faire sa toilette. 

De mon côté, je pars seul en randonnée discrète hors chemins pour essayer de voir des animaux sauvages. En chemin je tombe sur un chalet qui semble habité, vu les outils présents autour, un tapis devant la porte, les volets ouverts, etc... C'est très étonnant vu qu'aucune route n'y mène, et à en faire le tour, aucun chemin non plus. On est à quelques centaines de mètres d'un chemin de randonnée, mais pas une trace de chemin ne guide vers ce chalet. 

À côté du chalet se trouve un Laavu dans lequel trône un crâne d'élan ainsi qu'un petit tas d'excrements d'animal. Je pense un grand tétras que nous avons aperçu plusieurs fois durant le séjour. 

Je continue ma marche et me trouve un spot pour m'allonger sous les arbres en lisière de tourbière pour y faire une sieste et laisser les animaux m'oublier en espérant pouvoir les surprendre à mon réveil. C'était sans compter sur les moustiques qui débarquent par centaines à la seconde où je m'immobilise. Je ne suis pas assez couvert, je me fais transpercer, du coup j'abandonne et rentre au camp en faisant une boucle pour rejoindre le lac et longer la côte. 
crâne d'élan et crottes de grand tétras
crâne d'élan et crottes de grand tétras
Robin joue sur la plage
Robin joue sur la plage
Flo est toujours sur l'eau à mon retour. Il s'acharne depuis une heure et demi en vain, mais lorsque je rejoins mon père et Robin on l'entend hurler de joie! 

Il nous a attrapé un brochet de 65 cm. On va pouvoir cuisiner et se régaler à nouveau ce soir! 

Il nous rejoint lorsque Robin et moi sommes entrain de nous laver. Un sceau d'eau métallique chauffé au feu nous permet de nous savonner à l'eau chaude, on va ensuite nager dans le lac tous les 3 pour nous rincer. Devant Majaniemi, le lac est très peu profond, donc nager est un grand mot. à 50m du bord, on a à peine 50cm de profondeur, alors on s'arrose avec le seau et l'eau du lac toujours bien fraiche.
un brochet de 65cm
un brochet de 65cm
on écrit le journal au coin du feu
on écrit le journal au coin du feu
Après la toilette, on profite de la couverture réseau pour appeler nos femmes en visio. On est le dimanche 5 juin, demain c'est férié, du coup elles sont toutes les 3 invitées chez des amis respectifs, à la fête, verre à la main. On voit les copains, on leur montre le paysage, le poisson qui cuit au feu, et des envies de partager la fête nous prennent. 

Après avoir raccroché on finit la vodka! Tant pis si demain on doit s'en passer.

Une petite pluie de 5min laisse apparaître  un arc en ciel complet au dessus du lac. La lumière rasante éclaire les îles d'une lueur magnifique. Le chaudron d'or se trouve là où on était hier dans l'après midi en chemin vers ici... 

Prêts plus tôt, on se couche aussi plus tôt, il est 23h et il fait toujours très clair. Finalement on n'aura passé qu'une journée en Finlande vu que le soleil ne s'est jamais couché. 
Un arc en ciel sur la forêt enflammée
Un arc en ciel sur la forêt enflammée
Voilà a quoi ressemble la nuit. Il est 23h
Voilà a quoi ressemble la nuit. Il est 23h
Jour 5:

Réveil à 9h pour la dernière étape, 8km sur le lac en longeant la côte nord cap à l'ouest. 

Au petit déjeuner je tente d'allumer le drone pour voir si il est toujours HS, et miracle, le défaut a disparu, décollage autorisé! c'est dommage, j'ai loupé deux jours de belles images, mais je compte essayer de me rattraper aujourd'hui, alors j'attaque de suite avec un survol de la zone et des plans sur le parc de Patvinsuo.

 
On met les bateaux à l'eau vers midi. Pour le moment nous sommes abrités du fort vent de nord-ouest par les arbres, mais on voit déjà que ca moutonne fort sur le lac, on va avoir du fil à retordre par la suite.

photo aérienne au dessus de Majaniemi
photo aérienne au dessus de Majaniemi
Flo et Johann prets à affronter le lac
Flo et Johann prets à affronter le lac
on navigue vers l'ouest entre îles et rivage
on navigue vers l'ouest entre îles et rivage
Au bout d'un kilomètre, on voit un cap après lequel le rivage s'oriente nord-ouest: vent de bout! toujours à l'abri, on voit la surface de l'eau changer d'aspect à l'endroit précis où le rivage tourne. Des vagues, du courant et des moutons, mais on n'a pas le choix, il faut s'y engager...

Les deux kayaks s'en sortent bien, ils ont mois de prise au vent et sont équipés d'une gouverne commandable par les pieds, il suffit de ramer tout droit comme un mulet et de pousser sur les pédales pour s'orienter. Moi je suis sur le canoë avec Robin, et c'est une autre histoire...

Robin à l'avant rame de tout son cœur, et moi je pousse comme une brute à l'arrière en tentant de diriger le canoë nez au vent. Si par malheur je dévie d'un petit degrés de l'axe du vent, le canoé par en vrille, fait un 180 degrès sur lui même, on se retrouve vent de côté et on recule de 100m en essayant de retrouver le cap. Le paysage ne défile pas, on fait du statique, c'est infernal, je décide d'accoster.

On change de stratégie. Johann qui s'en sort bien reste sur son kayak. Flo et moi montons à deux sur le canoé et on tracte Robin qui fera ce qu'il peut pour nous soulager en pagayant depuis le deuxième kayak. La stratégie est payante, on avance mieux.


une petite pause
une petite pause
Notre progression n'est pas folle, mais ça avance, et la découpe du rivage nous offre quelques petits répits lorsque nous longeons la côte à l'abri des arbres.

vers 14h00 le plus dur est derrière nous, nous ne sommes qu'à mi chemin mais la côte s'incline sud-ouest et le vent tourne au nord, ce qui nous l'amène 3/4 arrière et plutôt bien abrités par les arbres. On décide donc de faire la pause café maintenant.

On trouve une petite plage de roche au top, assez plate pour y poser le réchaud et se poser au soleil pour manger nos graines. J'en profite pour faire voler le drone et découvrir le paysage qui nous entoure. Encore une fois, il n'y a pas la moindre trace d'activité humaine. Aussi loin que porte le regard, on ne voit que le lac, des forets et des tourbières. Flo en profite pour pêcher comme il fait à chaque fois qu'on s'arrête 5 minutes.
vue aérienne de notre pause café
vue aérienne de notre pause café
encore un super beau spot
encore un super beau spot
La navigation reprend pour la dernière fois. nous ne nous arrêterons plus avant la mise à l'eau de Hiienlahti, là où Matti viendra nous chercher demain matin.

Les conditions nous sont beaucoup plus favorables et nous terminons en profitant du paysage, ne s'éloignant jamais à plus de 30 mètres du rivage. Un véritable plaisir!
Je suis le maître du mooooonde!
Je suis le maître du mooooonde!
des empreintes d'élans dans le sable
des empreintes d'élans dans le sable
Nous atteignons notre objectif vers 16h00 satisfaits de n'avoir fait aucun compromis sur le programme. Nous avons atteints tous les objectifs mis à part celui de voir des grands animaux. Ils ne nous ont laissés que les preuves de leur présence, mais on y croit encore, cette nuit on bivouaque ici et je compte bien continuer à explorer les environs.

Ici une route qui dessert le lac finit en cul de sac. C'est elle que nous emprunterons demain dans le van de Matti pour retourner à Joensuu à 80km d'ici. trois caravanes de pécheurs sont là, une seule semble occupée par un homme qui s'en va en voiture peu de temps après notre arrivée. Il ne reviendra pas, nous sommes toujours seuls pour la nuit.
arrivés au bout de notre périple
arrivés au bout de notre périple
Nous remontons à pieds la rivière Hiienlahti pour trouver un site de bivouac et trouvons les restes d'un ancien feu de camp à 200m en amont. On décide donc d'installer les tentes là bas et de monter le camp autour du foyer pour en profiter nous aussi. On remonte donc les canoës à contre courant pour les garder près de nous.

Le camp installé, le bois mort pour le feu ramassé, le tarp tendu, nous pouvons vaquer à nos occupations. Robin me demande s'il peut partir seul sur un kayak sur la rivière pour explorer, je l'y autorise à condition qu'il reste en vue du campement. Flo part pêcher (comme toujours:D) , et moi je décide de remonter seul la rivière pour essayer de débusquer des animaux (comme toujours:D).
l'eau qu'on a bu toute la semaine
l'eau qu'on a bu toute la semaine
notre dernier bivouac
notre dernier bivouac
notre dernier camp vu du ciel
notre dernier camp vu du ciel
Il n'y a aucun courant dans cette rivière, c'est à se demander si elle se jette dans le lac ou si c'est l'inverse. Je remonte donc très facilement son cours, totalement abrité du vent qui semble avoir baissé.

Les rives sont jonchées d'arbres abattus par les castors, je crois même deviner une jolie hutte sur le rivage que j'irais inspecter sur mon trajet retour. Après plusieurs épingles et un bon kilomètre de remontée, j'aperçois des bandes rouges qui encerclent les arbres sans y prêter particulièrement attention et je continue ma progression silencieuse sur l'eau.

ces bandes rouges finissent par m'intriguer, alors je m'approche pour lire ce qu'elles signifient. Elles indiquent "Ampuma-Alue" ce qui signifie "zone de tir". Je me trouve en fait sur un terrain de manœuvre de l'armée finlandaise, alors je décide de rebrousser chemin et de retourner observer mes castors.

Autour de la hutte, tous les arbres sont coupés, de toutes les tailles, et la plupart on été déplacés ou ont carrément disparus. La hutte possède 3 entrées, une dans la berge qui donne directement sous l'eau de la rivière, et deux coté terre qui elles aussi partent sous le niveau de l'eau pour créer un syphon à l'entrée. Le prédateur ne peut pas y entrer si il ne sais pas faire d'apnée. Ingénieux le castor!
petite promenade en solo à la recherche des castors
petite promenade en solo à la recherche des castors
la rivière Hiienjoki
la rivière Hiienjoki
un travail de castor
un travail de castor
une hutte de castors
une hutte de castors
Sur mon retour vers le camp, je croise Robin seul sur son kayak venu à ma rencontre, je l'emmène donc voir ma découverte, puis nous rejoignons Flo et Johann au bivouac.

Le drone miraculé fonctionne toujours et j'ai des batteries à vider, du coup Robin et Flo s'amusent avec moi et on fait quelques photos et vidéos aériennes du site. Les lumières sont superbes avec ce soleil rasant de fin de journée.
Le delta de Hiienjoki
Le delta de Hiienjoki
Hiienjoki, notre arrivée
Hiienjoki, notre arrivée
vue aérienne depuis notre camp
vue aérienne depuis notre camp
on termine nos rations et on s'appercoit qu'on en a un peu trop, du coup ce soir, même si flo n'a rien pêché, on se fait un petit festin, et double ration de café avant d'aller nous coucher. Il est un peu plus de 23h, réveil demain matin à 7h. Matti vient nous récupérer, nous et nos montures, à 9h00.
brume nocturne près du campement
brume nocturne près du campement
tout le monde est à l'heure au rendez-vous. On charge les embarcations sur la remorque, et Matti nous ouvre une glacière de bières et de sodas. Il n'est que 10h, mais on l'attendait depuis une semaine cette bière bien fraîche, alors on n'hésite pas trop... On est des Nordistes!
Matti nous récupère et nous offre une boisson fraîche
Matti nous récupère et nous offre une boisson fraîche
c'est fini, on rentre en ville
c'est fini, on rentre en ville
les canoës sont chargés
les canoës sont chargés
À peine repartis, matti me montre un arbuste cassé à 2 mètres du sol et me dit que c'est sûrement un ours qui a fait ça récemment. 

Il m'explique que si nous n'avons pas vus d'ours sur notre parcours, il est certain que des ours nous ont vus. Il me montre les photos d'une mère et ses deux oursons qu'il a prises avec un piège photographique qu'il aime installer à 30 mètres de ses bivouacs lorsqu'il dort en forêt. Je trouve que c'est une super idée. 

Il me montre également les photos d'ours qu'il a prises en cache dans la forêt non loin d'ici une semaine avant notre arrivée. C'est magnifique! Dommage que l'on n'en ait pas vus. 
la signalisation routière scandinave
la signalisation routière scandinave
Arrivés à Joensuu, on décroche la remorque de matti dans son entrepôt, il nous emmène faire quelques courses, puis nous dépose sur une petite île juste en face de la gare sur laquelle il sera plus agréable d'attendre plus de 4h notre train retour pour helsinki. 

Sur l'île se trouve un plan d'eau avec plage et lignes de natation, des gradins et une grande scène sur laquelle des soldats font des essais son. 

Robin réussit à me motiver pour un plouf avec lui. L'eau est glaciale, mais ça passe le temps. Et on sentira meilleur dans le train... Il n'a jamais froid et n'est jamais fatigué ce petit bonhomme! 

Ensuite il passera le reste du temps à essayer d'apprivoiser une mouette pendant que nous on dort sur les gradins en écoutant les classiques pop rock que les militaires sont entrain de massacrer. 
5h de patience ici
5h de patience ici
Robin apprivoise une mouette mélanocéphale
Robin apprivoise une mouette mélanocéphale
la gare de Joensuu
la gare de Joensuu
Retour à helsinki, puis demain à la maison.
Les Korvapuusti ou "roulés à la cannelle"
Les Korvapuusti ou "roulés à la cannelle"
La vidéo de ce voyage est en cours de montage, cela risque de me prendre un peu de temps avant de terminer. Je la posterai ici quand ce sera fait
 
Photo prise par matti une semaine avant notre arrivée
Photo prise par matti une semaine avant notre arrivée
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