Chargement d'un kayak : affaires, eau, nourriture

par Johanna dans Voyager sur l'eau 02 juin 171 lecteurs Soyez le premier à commenter (partager)

Chargement en kayak de mer

Les kayaks de randonnée ont de grosses capacités de chargement ce qui leur confère une bonne autonomie. Contrairement à la plupart des autres moyens de transport non motorisés, ils sont naturellement pourvus de volume de chargement : les caissons. En effet, sur un vélo il faut ajouter des sacoches ; sur un bonhomme à pied, un sac à dos ; dans le kayak, les volumes de chargement sont déjà là et contribuent à son profil hydrodynamique. Il est donc tout naturellement adapté à la randonnée sans modification structurelle.

Le ressenti de la charge

On ne porte pas le matériel, il n’y a pas de dénivelé. Le kayak chargé est juste un peu plus dur à lancer en charge, mais ensuite il est très inertiel et peu stoppé par le clapot. Son déplacement d’eau est un peu supérieur mais on subit nettement moins la charge que dans les autres activités non motorisées et ça, c’est un gros avantage.

Le volume

C’est plutôt à ce niveau-là qu’il faudra faire des efforts afin de ne pas se retrouver avec des sacs sur le pont. Mais il y a quand même de la marge et lorsqu’on est un peu habitué, on arrive à rentrer beaucoup de choses dans un kayak de mer. Optimiser le volume permet d’emmener du matériel pour les activités annexes (pêche, lecture, escalade, randonnée, etc. Voir le chapitre sur les activités annexes).

Répartition de la charge

Il faut, dans la mesure du possible, mettre les éléments les plus lourds au plus près du centre de gravité du kayak (vers le pagayeur) et le plus bas possible. Veiller également à équilibrer grosso modo la charge latéralement (il y a tout de même une certaine marge). Ensuite, l'organisation des caissons se fera avec bon sens et en fonction de divers paramètres (charger plus lourdement un équipier plus performant, mettre des éléments étanches dans un caisson pas parfaitement étanche…).

Fardage

Le fardage est la prise au vent d’une embarcation ; cela peut être très gênant voire dangereux quand le vent entre vraiment dans la partie. Mettre le moins possible de choses sur le pont est donc fortement conseillé.

Autonomie

On a facilement un mois d’autonomie alimentaire avec un kayak (en optimisant un peu sa nourriture quand même…).
L’enjeu de l’autonomie peut se situer surtout au niveau de l’eau douce (voir ci-dessous) : dans les zones où l’on en trouve aisément tous les jours, on peut remplacer les réserves d’eau par de la nourriture et augmenter d’autant son autonomie.
Dans les zones arides, la limite d’autonomie sera fixée par la consommation d’eau douce.

Début d'itinérance kayak : comme à chaque fois, on se demande comment on va parvenir à tout faire rentrer dans nos caissons... Et à chaque fois, ça marche ! :-)
(Sardaigne, côte ouest)
Début d'itinérance kayak : comme à chaque fois, on se demande comment on va parvenir à tout faire rentrer dans nos caissons... Et à chaque fois, ça marche ! :)
(Sardaigne, côte ouest)
Chargement de sacs dans les caissons étanches du kayak
Chargement de sacs dans les caissons étanches du kayak

L’eau

Lors de nos voyages en kayak en milieu aride et en été nous avons constaté une consommation de 2,2l d’eau douce par personne et par jour tout compris (c’est-à-dire boisson et cuisson ; tout le reste étant fait à l’eau salée, cf ci-dessous). Nous transportons pour environ 10 jours d’autonomie (eautonomie) soit 20 à 25l par personne. Pour cela, nous plaçons un bidon de 10l et/ou une vache souple (de 10 et/ou 5l) bien renforcées devant les pieds à l’intérieur du cockpit. L’intérêt des vaches souples est de rentrer plus facilement qu’un bidon dans certains cockpits étroits ; il faut cependant qu’elles soient suffisamment résistantes car les frottements répétés dans le cockpit et à l’insertion/extraction les usent (voir l’article Vaches à eau sur www.expemag.com). Il faut bien vérifier qu’en cas de dessalage ces contenants ne vont pas gêner la sortie du cockpit. Avoir l’eau dans le cockpit permet de très vite alléger le kayak lors de l’accostage et de le manipuler plus facilement. Lorsque le cockpit ne peut contenir qu’un élément de 10l, le complément est constitué de bouteilles d’eau placées dans les caissons étanches (au plus bas et au plus près du pagayeur, plutôt dans le caisson arrière).

Économies d’eau douce

Pour économiser l’eau douce, on se lavera à l’eau salée ; ça ne pose aucun problème moyennant de bien se sécher bien afin de ne pas avoir de sel résiduel sur la peau. S’il fait chaud (en navigation mais aussi pendant les haltes), on aspergera d’eau (celle sur laquelle on navigue évidemment !) son t-shirt, ses cheveux, chapeau... : l’évaporation de l’eau imprégnant le t-shirt vous refroidira et ce sera ça de moins à transpirer, donc à boire. Il faut aussi se baigner régulièrement pour faire baisser la température corporelle. Pour la cuisine, on peut utiliser en partie de l’eau de mer. Du coup pas besoin les pâtes ou le riz. La part d’eau salée dépend de la salinité de la mer, en Méditerranée (mer à salinité élevée), on met 1/5e d’eau de mer.

Bidons d'eau entre les jambes du pagayeur (bidon 10L au fond, 5L au milieu des jambes)
Bidons d'eau entre les jambes du pagayeur (bidon 10L au fond, 5L au milieu des jambes)
En conditions chaudes, se mouiller régulièrement afin de mieux gérer sa température corporelle, et économiser ainsi l'eau douce
En conditions chaudes, se mouiller régulièrement afin de mieux gérer sa température corporelle, et économiser ainsi l'eau douce

La nourriture

Pour limiter le volume et les déchets, vous pouvez reconditionner votre nourriture. Nous avons pris l’habitude de placer pas mal de denrées (pâtes, riz, purée en flocons, soupes déshydratées, céréales, etc.) dans des bouteilles d’eau minérale en plastique. Si le caisson du kayak prend l’eau, la nourriture restera intacte (il nous est arrivé d’avoir tout un lot de nourriture abîmé avant de prendre cette précaution). Cette solution ne génère pas de déchets, on re-remplit les bouteilles tout au long du voyage. Elle est également très légère, très robuste et modulaire.
En ce qui concerne le type de nourriture, les apports énergétiques, les quantités, la variété, etc., nous vous recommandons la lecture de notre dossier Nourriture de bivouac, porter moins, manger mieux publié dans CA n°10 et entièrement accessible en ligne, de même que Nourriture de bivouac : fiches pratiques (initialement publié dans CA22).

Nourriture déshydratée stockée dans des bouteilles plastiques, contenant étanches par nature et bien pratiques à glisser dans les caissons des kayaks.
Nourriture déshydratée stockée dans des bouteilles plastiques, contenant étanches par nature et bien pratiques à glisser dans les caissons des kayaks.

L’organisation

Lorsqu’on est plusieurs kayakistes, on peut « affecter » des caissons : par exemple un caisson petit déjeuner, un caisson repas du midi, un autre repas du soir… C’est nettement plus pratique pour retrouver les éléments le moment venu. Il est conseillé de faire un plan de rangement des kayaks sur un petit carnet pour vite retrouver un élément.
Par exemple : Kayak 1 - caisson arrière : popote, gaz, nourriture du midi - caisson avant : pharmacie, vêtements Bob, …
Cela sert surtout les premiers jours ; ensuite, chacun maîtrise bien le chargement de son kayak. Mais je me souviens d’une fois (avant…) où l’un de nous s’est ouvert le genou sur le tranchant d’une pièce du gouvernail en sortant le kayak de l’eau ; nous avons mis longtemps… longtemps… à retrouver la pharmacie ?. Depuis ce jour-là, on fait un plan de rangement !

Les sacs étanches

Les bidons étanches (rigides) ne sont pas vraiment adaptés au kayak ponté car, une fois dans le caisson, ils n’occupent pas l’espace de manière optimale. Des sacs étanches (par roulage) souples sont bien mieux pour cela. Ils permettent de bien modulariser les affaires selon leur usage. Les sacs en toile cirée sont assez économiques et résistants, les sacs en toile plus fine se manipulent plus facilement et sont plus compacts et légers. Une fois vides, ils ne prennent quasiment pas de place et certains ont des valves qui permettent de chasser l’air résiduel afin de les rendre encore plus compacts. Le problème, c’est qu’à force de les rentrer et de les sortir des caissons (abrasion) on finit par les percer.
Le bout des caissons est un endroit difficile d’accès, donc autant y placer des éléments dont on n’a pas besoin souvent. Il faut également que ce qu’on met en bout de caisson ne soit pas lourd pour ne pas dégrader la maniabilité du kayak. Un petit sac étanche avec une ficelle qui traîne jusqu’à l’ouverture du caisson et qui servira à récupérer le sac va bien pour ce type de stockage.

Sur le pont

Un petit bidon étanche ou une pochette étanche pour mettre appareil photo, téléphone portable, GPS, etc. est bien pratique. Un porte-cartes étanche est bien utile aussi.

Dans certaines conditions, lorsque tout ne rentre pas dans les caissons du kayak, on devra fixer des sacs étanches sur le pont, mais, comme expliqué plus haut, il est bon de limiter le fardage.

Sacs étanches remplis d'affaires
Sacs étanches remplis d'affaires
Chargement des sacs étanches dans les caissons
Chargement des sacs étanches dans les caissons
Petits éléments fixés sur le pont (filets élastiques) : petit bidon étanche contenant appareil photo, téléphone mobile, balise de détresse... Pagaie démontable de secours, gilet de sauvetage (à l'arrière), crème solaire...
Petits éléments fixés sur le pont (filets élastiques) : petit bidon étanche contenant appareil photo, téléphone mobile, balise de détresse... Pagaie démontable de secours, gilet de sauvetage (à l'arrière), crème solaire...
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