Poncho amélioré

par erwan dans Voyager léger 14 janv. 2014 mis à jour 28 janv. 2014 2379 lecteurs Soyez le premier à commenter (partager)

Voyager contre la pluie : poncho et bricolages utiles

Texte et photos, Kai Taimsalu
www.randonner-leger.org
Article publié dans Carnets d'Aventures n°8

Suite au succès de notre dossier « Voyager léger » paru dans Carnets d’Aventures n°4, nous avions ouvert une chronique sur le sujet dans le n°5. C’est à nouveau Kai Taimsalu, pratiquant régulier de la MUL (Marche Ultra Légère) et membre actif des forums du site www.randonner-leger.org, qui reprend la plume pour nous parler cette fois de la protection contre la pluie : poncho et bricolages utiles.

Randonner avec un poncho

Le poncho est la pièce d’équipement MUL par excellence car, comme vous le savez depuis le précédent numéro, il peut être aisément converti en abri et on peut randonner et bivouaquer pratiquement dans toutes les conditions pour autant qu’on le complète avec un sursac de couchage. Ceci étant dit, son utilisation en mode cape de pluie pose un certain nombre de défis.

La question de la respirabilité est régulièrement soulevée. Le poncho n’a pas besoin d’être fabriqué avec des matériaux respirants, surtout pas. Après plusieurs heures de pluie, une membrane respirante finit par être saturée sur sa face interne, et à l’extérieur, le traitement déperlant, qui empêche le tissu d’être mouillé et garantit la sacro-sainte respirabilité, finit par s’atténuer et devenir inefficace. Au bout d’un certain temps, la membrane, qui s’use elle aussi, peut donc prendre l’eau, d’abord au niveau des bretelles du sac à dos, ensuite dans le dos et finalement vers la sangle ventrale du sac. Avez-vous déjà passé 2-3 jours sous la pluie en Bretagne?

Le poncho jouit d’une très bonne aération car il est très ouvert. De plus, pendant la marche, les mouvements des bras créent un effet soufflet qui maximise l’évacuation de l’humidité. En revanche, par fort vent, il aura tendance à battre. On passera une cordelette autour de la taille pour le maintenir en place, l’aération est diminuée mais le vent soufflant fort va compenser ce facteur.

Un autre problème avec le poncho est la pluie qui dégouline et tombe sur les tibias, l’avant des pieds ainsi que l’arrière des mollets et les chaussettes. Cette eau finit par mouiller l’intérieur des chaussures. Afin de pallier ce problème, certains prennent des chaussures très aérées qui évacuent l’eau et sèchent très rapidement ; c’est une solution qui peut-être acceptable en été lorsqu’il fait chaud et que les pluies sont peu nombreuses. D’autres mettent des guêtres, mais la jonction avec le mollet n’assure pas l’étanchéité pendant longtemps ; un pantalon long va se mouiller et, par capillarité, mouiller les chaussettes puis les chaussures. Si vous randonnez pendant une journée et plus avec les pieds mouillés, la peau va se friper et les cloques vont rapidement faire leur apparition ; sans compter la bouillie organique à l’intérieur de vos chaussures, beurk… Une solution serait de prendre un pantalon de pluie mais c’est lourd et moite car la chaleur des jambes ne peut s’évacuer vers le haut à cause de l’élastique de la ceinture autour de la taille !

Dernière observation : un poncho ne recouvre pas bien les bras, surtout lors de l’utilisation de bâtons ou lorsque, par fort vent, on est obligé de nouer une cordelette autour de la taille. Encore une fois, en été c’est moins problématique mais pour les autres saisons, vos manches vont rapidement se mouiller et par capillarité gagner l’ensemble de vos vêtements. Le vent va également compliquer passablement ce problème. Certains prennent, en plus du poncho, une veste de pluie style k-way mais je trouve dommage de ne pas profiter de la respirabilité du poncho et puis cela rajoute du poids. Pour minimiser ce poids, ils découpent le superflu comme la capuche et la doublure ; je propose quelque chose de beaucoup plus radical ;-).

La solution

La solution existe, elle peut paraître un peu « hardcore » mais elle a le mérite d’être extrêmement efficace ; elle procure des niveaux optimaux de respirabilité, de protection et de légèreté. C’est totalement MUL et pour couronner le tout, c’est facile à faire et pas cher.

Pour les jambes, la solution consiste en des jambières qui pourront même être converties en guêtres en attachant un passant sous la chaussure. On peut en acheter des toutes faites sur les sites anglo-saxons, recherchez « chaps » et vous aurez l’embarras du choix. Pour les bras ? Ben des brassières pardi ! Là par contre, pas de chance, je n’en ai pas trouvé dans le commerce, mais ce n’est pas grave, dans les deux cas, c’est facile à faire et sans obligation de coutures ;-).

À vos ciseaux !

Allez acheter une veste et un pantalon bien ample (idéalement sans poches) bon marché et non respirant. Les matériaux respirant ne sont pas obligatoires car les jambières sont amples et aérées, la chaleur et l’humidité sont évacuées par effet de cheminée ainsi que par le soufflet généré par le mouvement des jambes. Idem pour les bras qui ont l’avantage en plus de générer très peu de chaleur et de transpiration.

On ne fait pas dans la dentelle !
On ne fait pas dans la dentelle !

Coupez d’abord grossièrement les pantalons et les bras comme sur les photos. Attachez de la cordelette élastique aux pointes situées à l’extérieur, elles serviront à accrocher la jambière à la ceinture de votre pantalon. Faites un essayage et ajustez les longueurs en fonction de votre poncho. Faites de même pour les bras ; l’élastique enserrant le biceps, garder suffisamment de longueur pour pouvoir les descendre sur les mains ; cela évitera d’emporter des gants étanches. N’étant pas très bricoleur, je laisse mes jambières à l’état brut ; pour les autres, cousez les bordures et mettez des passants en nylon ou des œillets pour accrocher l’élastique.

On ne fait pas dans la dentelle !

Pour ceux qui randonnent en chaussures basses, il est facile de transformer le bas des jambières en guêtre en posant des œillets sur les côtés pour le passant sous la chaussure, puis un autre œillet sur l’avant pour passer un élastique qui s’accrochera sur les lacets à l’avant de la chaussure. Les moins bricoleurs utiliseront des attaches de sécurité ou des épingles à nourrice pour fixer les passants. Et hop, le tour est joué, c’était facile non ?

Conclusions

Cette solution est très efficace et très économique. Faites le calcul, un pantalon ainsi qu’une veste imper-respirante plus la housse de protection pluie pour le sac à dos vont coûter quelques centaines d’euros si vous prenez une membrane commerciale réputée. À cela vous rajouterez le prix d’une tente si vous n’utilisez pas le poncho en mode abri. Pour ceux qui randonnent en conditions exposées et qui prennent un sursac de couchage, il n’est pas nécessaire d’avoir un poncho aussi long, en mode abri, il suffit qu’il couvre le buste, vous pouvez donc le raccourcir au maximum.

Essayage avant les finitions
Essayage avant les finitions

Les MULs aiment bien bricoler leur matériel ; je vous conseille vivement de faire un tour sur le forum de www.randonner-leger.org, vous y trouverez une mine d’or de bricolage et de systèmes « D ». Le bricolage n’est pas toujours facile, je prendrai comme exemple un tarp ou un poncho, mais il y a une excellente nouvelle : la naissance d’Arklight, la première marque MUL française fondée par deux membres, dont Peyo, le « gourou » et vétéran du forum. Sachez qu’il n’y a aucun lien commercial entre Arklight et le forum, nous souhaitons juste donner un petit coup de pousse à une jeune entreprise talentueuse.

Fidèle à mon habitude, je mettrai des informations complémentaires, des liens utiles, la technique pour poser l’abri poncho sous la pluie en réduisant les risques de se faire mouiller, dans le forum du mag (www.expemag.com). Profitez bien du printemps même sous la pluie, armé de votre poncho vous serez parfaitement abrités !

Et voilà le résultat !

Et voilà le résultat !

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Cham3S