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Bivouaquer entre 4 murs

par David Manise
18 déc. 2023
71 lecteurs

Que ça soit en France, dans un refuge non gardé ou une cabane perdue en Laponie, chez l’habitant dans une région reculée du Népal ou dans une grotte, bivouaquer à l’abri, dans du « dur », est un champ de compétence en soi.
Amis squatteurs, voici donc quelques petites perles d’astuce et d’espièglerie qui vous permettront de profiter pleinement de votre abri (ou de celui d’un autre).

Dessin : Philippe Gady
Dessin : Philippe Gady

Je vais commencer – fidèlement à mon habitude – par une anecdote. J’étais au Québec, en vacances de Noël, et avec mon pote Éric nous avions décidé d’aller faire un tour en forêt. Prenant son petit 4x4, nous avons commencé à monter – pneus neige plus inconscience égal liberté absolue – dans les « rangs » (en Gaspésie les parcelles sont organisées en rangs qui commencent au bord de la mer et qui s’empilent en rangs vers l’intérieur des terres). Évidemment, plus on monte et plus on se retrouve loin de la partie défrichée du bord de mer, et plus on est dans la forêt. Notre plan était de retrouver des amis près d’un chalet pour boire des bières et perdre notre temps comme ça, faute de réseaux sociaux pour glander, à l’époque. Bref, une activité banale pour des gens de 20 ans dans une région rurale du Québec. Seul petit détail, pendant la nuit il avait fait dans les -30°C, il y avait peu de neige, et en fin de matinée le ciel un peu brumeux ne laissait pas vraiment le soleil réchauffer l’ambiance. Je me souviens que juste avant midi, sur le thermomètre du 4x4, on lisait encore -19°C. C’était donc une journée plutôt froide. Et humide.
En arrivant au chalet – qui n’était en fait pas bien loin de la civilisation, environ 10 km à vol d’oiseau, peut-être même moins – nous nous attendions à trouver un poêle, du bois sec, de quoi faire du feu ou, a minima, une hache ou une scie pour en récolter autour. Sauf que non. Il y avait un poêle à bois, oui, mais rien d’autre. Étant parti en mode « voiture, chalet », j’avais mon petit couteau suisse avec moi mais pas de quoi faire du bûcheronnage. Et dans le chalet – plutôt super propre, avec de vraies fenêtres et un vrai poêle à bois et tout – rien. Pas de bois. Rien pour allumer un feu. Pas d’outils. Rien de rien. De fait, on a commencé à casser à la main des petites branchettes sèches de résineux et à chercher du bois mort dans la neige mais sans prendre la chose trop au sérieux. Et après une heure, nous n’avions pas vraiment de bois, et pas vraiment de feu. Et un truc était frappant : dans le chalet, qui pourtant était relativement bien isolé et en superbe état, il faisait sensiblement plus froid que dehors. D’une part parce que son inertie thermique nous faisait encore profiter des -30 °C de la nuit. D’autre part parce que le taux d’humidité, avec 7 ou 8 jeunes dedans, est très vite monté en flèche. Et nous avions beau produire de la chaleur et essayer d’allumer un feu correct, rien n’y faisait. Dans ce chalet, nous avions ultra-froid. Et dehors juste super-froid.

... et la suite ?