Voilà maintenant trois ans que Meryem est partie à vélo de chez elle au Maroc pour parcourir le continent africain. Un grand départ précédé d'ailleurs de multiples micro-aventures. À ce stade, ce n'est plus un voyage mais un mode de vie. Plongeons avec elle dans l'ambiance d'une Afrique plurielle.
Tout a commencé comme un murmure, pendant la pandémie de COVID-19, à une époque où le monde semblait figé. Au Maroc comme ailleurs, beaucoup attendaient que les frontières s’ouvrent, que la vie reprenne son rythme. Moi, j’ai décidé de bouger. Non pas pour fuir quelque chose, mais parce que j’étais prête à vivre pleinement, à ma manière, selon mes propres règles. J’ai donc commencé à explorer mon pays à vélo, du nord au sud et d’est en ouest. Puis, poussée par mon amour de la montagne (j’avais déjà gravi à pied les plus hauts sommets de l’Atlas), j’ai eu envie d’aller découvrir le Kilimandjaro, point culminant de l’Afrique, à l’autre bout du continent. Alors, plutôt qu’un aller-retour en avion, j’ai décidé de le rejoindre à vélo, seule, pour un grand voyage à la découverte des pays et des cultures africaines.
Partir
Si le Kilimandjaro était un objectif, il n’a jamais été une fin en soi. D’ailleurs, il est derrière moi, et je suis toujours sur les routes, sans but défini. L’idée était avant tout de mêler voyage à vélo, montagne et culture, pour une durée indéterminée. Voilà donc près de trois ans que je pédale à travers l’Afrique. Travaillant auparavant dans une grande entreprise d’informatique, j’ai pu économiser un peu d’argent et pour compléter, j’ai lancé une petite collection de merchandising sur mon site, avec des t-shirts et des sacs en tissu personnalisés, certains avec mes propres créations. Avant mon départ, j’ai également eu la chance de trouver un sponsor : l’opérateur Orange Maroc. Un partenariat symbolique et porteur de sens où chaque kilomètre pédalé est transformé en mégaoctets de données offerts à des associations locales. Une belle manière de lier le voyage, le partage et la solidarité numérique.
Partie de Casablanca en janvier 2023, j’ai d’abord longé la côte atlantique jusqu’au bout de l’Afrique australe avant de remonter vers l’Afrique de l’Est. Pas de contrainte de saison pour créer mon itinéraire, l’Afrique ne connaît pas ce rythme annuel bien réglé comme en Europe. Les différences sont uniquement géographiques. Le climat peut varier énormément selon la région. Il n’est pas rare de passer sans transition de fortes pluies régulières plusieurs jours durant à une lourde chaleur humide sous un soleil écrasant. Pour me repérer, j’utilise principalement mon téléphone avec des applications comme Maps.me, OsmAnd, Komoot et GoogleMaps hors ligne. Ces outils me permettent de vérifier les dénivelés, les distances, les villages où je peux trouver de l’eau ou un endroit pour dormir. Parfois, je complète avec des cartes papier locales, surtout dans les zones isolées où le réseau est faible, comme en Namibie, en Afrique du Sud ou en Angola.