Sibérie, la Léna en canoë

par erwan dans Récit 07 mars 2014 4671 lecteurs Soyez le premier à commenter (partager)

Descente de la Léna

Texte : Philippe Sauve / Johanna Nobili
Photos : Philippe Sauve
Article publié dans Carnets d'Aventures n°6

En canoëAttiré par l’immensité sauvage des terres de Sibérie, Philippe Sauve a décidé d’aller arpenter ces grands espaces seul à bord d’un canoë en toile. Pendant cinq mois (de mai à septembre 2005) et 3800 kilomètres, il navigue ainsi sur la Lena, depuis le premier village en aval de sa source jusqu’à son embouchure, dans l’océan Arctique. Une longue immersion dans la beauté et la rudesse de la nature sibérienne, dans la solitude également, de laquelle Philippe sortira, souvent avec difficulté, pour rencontrer les peuples vivant sur les rives du grand fleuve.

C’est après un périple au Canada en canoë, en juin 1994, que je passai, à bord du Transsibérien, devant l’immensité du lac Baïkal. Au-dessus du brouillard enveloppant les étendues liquides, je devinai vers le Grand Nord les forêts sibériennes et les fleuves voyageant vers l’océan Arctique… Je me promis ce jour, à la vue des paysages somptueux, poussé par mes désirs intenses de vivre en communion avec la Nature, que je reviendrai arpenter ces étendues sauvages.
Les navires de la marine russe effectuent en 40 jours les milliers de kilomètres de fleuve, qui séparent la ville Ust’kut de l’océan ArctiqueCe jour attendu vient le 23 avril 2005. Après une année de préparation en France, je rejoins la Finlande, en traversant la mer Baltique sur un navire marchand, et atteins la ville d’Helsinki. Le Transsibérien me conduit ensuite en Sibérie, sur plus de 8000 kilomètres à travers la Nouvelle Fédération de Russie. En arrivant à Irkoutsk, je m’approche des espaces hostiles du Far East Russia dont je rêve depuis longtemps. Traverser la Sibérie avec un équipement de survie rudimentaire, à bord d’un canoë en toile, sur un fleuve aux méandres gigantesques, dont la largeur va jusqu’à approcher les 14 kilomètres, est assurément une entreprise périlleuse. J’affronte mes doutes et m’engage dans l’aventure le 24 mai, en partant de Kacug, premier village en aval de la source du fleuve Lena. Je progresse vers l’Arctique qui me paraît encore si lointain. Avec mon fragile canoë en toile, acheté sur place, j’effectue une moyenne journalière de 30 à 40 kilomètres (en faisant de grosses journées). Chaque jour, l'environnement change. Tantôt des falaises hautes de plus de 100 mètres me font de l’ombre, tantôt les berges sont saturées de fourrés. Même en été, la température est très variable ; chaleur étouffante alterne avec froid engourdissant. Le vent, la pluie, la brume, le soleil produisent des décors en perpétuelle mutation. J’ai parfois l’impression de pagayer dans des tableaux de grands peintres. J’arpente des espaces composés d’îles de sables, de canaux sans fond et d’une impressionnante forêt.

L’homme russe, quant à lui, se démène dans une ambiance d’ivresse. Je vois la folie humaine, liée à la surconsommation de vodka, mais aussi la finesse d’artistes conscients de la valeur de leur pays. Je rencontre la grandeur et l’hospitalité des peuples russes, evenks et iakoutes. Nikolaï, Boris, Pete, Anatoly, « Mum Babushka », Tatiana et tant d’autres m’ouvrent les portes de leur maison et m'offrent leur amitié, m’accueillent et m’aident lorsque j’en ai besoin. Plusieurs fois, ému par cette aide providentielle, j’ai envie de dire à pleine voix que j’aime la Russie, que j’aime le voyage et ses imprévus !
Cette gentillesse reçue au fil des rencontres tout au long du voyage m’aide progressivement à m’ouvrir aux autres, à sortir de la peur des hommes avec laquelle je suis parti. Ainsi, au début du voyage, je m’enferme dans ma solitude, me rapproche de la nature pour m’éloigner de l’homme, en redoute la rencontre, la craignant mauvaise. Combien de fois me suis-je caché, camouflé même, pour ne pas attirer l’attention d’embarcations passant près de mon bivouac. Combien de nuits perturbées ai-je passées l’esprit en alerte à guetter le moindre bruit suspect. Combien de bruits de la nature ai-je pris pour des dangers potentiels : attaque d’hommes ivres cherchant à me détrousser, approche d’ours affamé.

Concrètement, à part quelques rencontres déplaisantes, un événement qui aurait pu mal finir, survenu au milieu de mon voyage, me fait perdre toute la confiance en l’Autre, si difficilement acquise. À mon arrivée à la ville de Peledoui où je souhaite me ravitailler, trois Russes dans un canot à moteur, visiblement ivres et accompagnés d’un pitbull agité, agrippent mon canoë en tirant sur la toile – dont ils déchirent des morceaux – et me malmènent de longues minutes en me traînant derrière eux. À terre à nouveau, je ne peux toujours pas m’échapper ; le chef, au regard d’une méchanceté redoutable et exprimant une folie presque meurtrière, me réclame de l’argent et de l’alcool. Aucun des badauds autour ne semble vouloir m’aider. Au bout d’un moment, je lâche 500 roubles et profite d’une dispute entre les malfaiteurs pour m’enfuir en pagayant comme un forcené.

Ville de Sangar
Ville de Sangar

Cet incident m’ébranle fortement et il me faut beaucoup de temps et la gentillesse de plusieurs personnes sincères pour atténuer le traumatisme. Un jour, deux jeunes Russes, Nikita et Alexeï me montrent dans mon dictionnaire la traduction de l’expression russe « avoir peur de… ». Je leur réponds – pensant immédiatement à mes appréhensions vis-à-vis de la population russe – que pour ne pas avoir peur, je me cache. Mais j’omets de leur demander l’essentiel : « avoir peur de quoi ? ». Cette question me taraude les jours suivants. Parlaient-ils de la peur des bois ou de la peur des hommes ?

Irkoutsk
Irkoutsk

Je m’aperçois que la Lena porte un trafic fluvial important. Je croise tous les jours au moins un bateau. Certains, je les nomme « les monstres bleus » tant leur passage près de ma frêle embarcation me met parfois en péril. Ces passages réguliers, qui ne m’empêchent pas d’éprouver la solitude, sont à la fois rassurants et déconcertants.

Les navires de la marine russe effectuent en 40 jours les milliers de kilomètres de fleuve, qui séparent la ville Ust’kut de l’océan ArctiqueLes navires de la marine russe effectuent en 40 jours les milliers de kilomètres de fleuve, qui séparent la ville Ust’kut de l’océan Arctique

RéflexionAu matin de la 65ème journée passée sur le fleuve, pour contrer le poids de ma solitude et, quelque part, pour me rassurer, je me « fabrique » un ami conseiller, voix de ma conscience, en un petit ourson en peluche offert par une amie de Toulon, que je nomme Slava. Je lui confectionne un harnais et l’installe à l’avant de mon canoë. Il sera ma vigie. Mes conversations solitaires sont maintenant dirigées vers ce nouvel ami silencieux. Nos entretiens sont rares mais intenses, et parfois hautement philosophiques !
Vers la toute fin de mon séjour, un autre ami inattendu vient briser ma solitude pendant quelques jours : un grand chien blanc qui, après m’avoir réveillé un matin en sursaut, vient me lécher abondamment le visage par l’ouverture de ma tente. Sa présence est énigmatique mais j’accepte volontiers son amitié ! Bien que je ne puisse malheureusement pas le mettre dans mon canoë, les griffes de ses pattes en déchireraient la toile, il me suit 3 jours en courant sur la berge pendant que je navigue sur la Lena. Au moment de quitter la ville de Sangar où j’ai fait une pause, je ne parviens pas à retrouver ce nouvel ami et je repars le cœur lourd.

Mon embarcation résiste aux intempéries ; néanmoins, je dois souvent réparer la toile en y collant des rustines. En plus de la fatigue physique liée à l’effort et à un sommeil souvent perturbé, et des rudesses du climat, une épreuve de taille m’épuise quotidiennement : le combat contre les insectes. Je suis plus éreinté par la lutte contre ses êtres volants, que par les 8 à 10 heures de coups de pagaie. Une sorte de mouche équipée d’une lance aiguisée, au corps deux fois plus gros qu’un bourdon, que j’appelle la terrifiante « mouche jaune », me harcèle. Elle m’oblige, malgré la chaleur caniculaire du mois d’août, à garder les bottes hermétiquement fermées, le pull épais rentré dans le pantalon, les manches redescendues jusqu’aux mains et le chapeau rabaissé sur les oreilles.

Protections contre la faune parasite
Protections contre la faune parasite

Il y a aussi les « mouches noires » qui ressemblent par leur taille aux abeilles. Je ne compte plus le nombre de leurs cadavres qui gisent à mes pieds ou qui s’aplatissent sous les tiges de l’armature métallique de mon « navire ». Quant aux moustiques traditionnels, ou plutôt les moustiques mutants de Sibérie qui mesurent le double de leurs cousins français, ils voyagent rarement jusqu’à l’embarcation, au milieu du fleuve. Ils m’attendent à la tombée du jour sur les berges et me contraignent à me badigeonner le corps de répulsif, ainsi qu’à porter la veste polaire, complètement fermée pour me protéger le cou. C’est à peine si je peux subvenir à mes besoins intimes.
Si ce combat est physique, il en est un autre, cérébral et nerveux, qui m’épuise tout autant. Les tiques et la crainte de leur dangereuse encéphalite. Malgré mon extrême vigilance l’angoisse de la maladie ne me lâche pas. Ce n’est que tard dans le voyage, plus au nord, que je me rassure en entendant des habitants me dire qu’il n’y a plus de tiques dans la région.
J’entretiens par ailleurs en permanence une phobie des ours. Celle-ci me contraint à de multiples attentions : dans le choix des zones de bivouac ou de pause ; la fuite, quitte à replier un campement déjà partiellement monté, lorsque je déniche des traces d’ours ; parfois à naviguer loin des berges peu profondes où un ours pourrait aisément me rattraper en courant pour m’attaquer ; l’élaboration chaque soir, autant que possible, d’un grand feu que je ravive pendant la nuit en vue d’éloigner d’éventuels plantigrades. Je ne rencontrerai finalement aucun ours pendant toute la durée de mon périple, mais la peur, elle, restera quotidiennement présente.

Mon carré de vie confortable, près du feu de bois qui me protège des prédateurs velus de la nuit
Mon carré de vie confortable, près du feu de bois qui me protège des prédateurs velus de la nuit

« Il m’a demandé si j’avais envie de continuer à vivre. Je lui ai répondu que c’était ainsi que je me sentais vivre le plus intensément... »


Parfois, la Lena donne l’impression d’être le passage vers un monde surnaturel Souvent je me demande, et l’on me demande, quel intérêt trouve mon esprit à savourer la rigueur ? J’ai répondu à Anatoly, inquiet de me savoir sous les orages sibériens, que j’aimais le tonnerre. Il m’a demandé si j’avais envie de continuer à vivre. Je lui ai répondu que c’était ainsi que je me sentais vivre le plus intensément.
La Lena exerce sur moi un véritable envoûtement. Je redoute les jours qui m’éloigneront d’elle. Dans cette nature hostile mais si belle, je m’immerge profondément. Les immensités ne me lassent pas. Elles m’éprouvent seulement. Mais dès le lever du jour, je repars avec enthousiasme. La musique joue un rôle important dans l’oubli du labeur quotidien. J’écoute avec mon baladeur des musiques de différents styles, selon que j’ai besoin d’entrain ou au contraire de douceur propre à la contemplation. Dans le franchissement des immensités, des émotions extrêmes se succèdent. Ces moments intenses, accompagnés par la musique, sont un enrichissement pour l’âme. C’est pour cette raison, aussi, que je redemande chaque matin des immensités à parcourir.

Pêcheur Iakoute Paysage

Après 2500 kilomètres d’efforts, la Lena atteint la largeur incroyable de 14 kilomètres. Ce n’est plus un fleuve, mais une mer ! Je pagaie parfois sur des vagues dépassant les 2 mètres. La difficulté n’est pas le froid de l’hiver naissant, ni les vagues, mais le vent de face qui souffle en continu. Un vent qui vient de l’océan Arctique, vers lequel j’avance. Plus loin, j’entre sur le territoire du peuple iakoute.

Cavalier Iakoute Maison traditionnelle
Cavalier Iakoute


La Lena se rétrécit à la fin de mon parcours. Elle forme un véritable canyon glacé, où les températures automnales flirtent avec les -10°. Je redoute à chaque instant l’apparition d’une tempête qui me plongerait dans une atmosphère insoutenable. Je ne résisterai pas à la folie des cieux de cet hiver naissant. Une accalmie providentielle me permet d’atteindre enfin le delta, après Tit-Ary, le dernier village du fleuve. J’ai parcouru 3800 kilomètres ; il me reste une journée de canoë pour rallier l’océan. En ce 21 septembre 2005, un ciel radieux m’offre l’espérance, je touche au but. C’est alors qu’un événement inattendu se produit. Un hélicoptère passe plusieurs fois tout près de moi ; en descendent des militaires qui m’apprennent que le delta de la Lena est une zone militaire, hautement surveillée, sur laquelle il est totalement exclu que je navigue. Aucune négociation n’est possible, rien n’y fait. C’est dans l’hélicoptère de l’armée que je parcours les 80 km qui me séparent de l’océan Arctique. En vol, je médite sur cette fin de voyage si soudaine et imprévue, quand un officier me lance ; « c’est pour votre bien ; vous n’auriez pas survécu sur l’Océan avec votre canoë. ». Au moins l’armée russe exauce-t-elle mon vœu cher de contempler depuis les nuages les 200 km du delta de la Lena…

De multiples paysages bordent la Lena, tantôt des falaises hautes de plus de 100 mètres me font de l’ombre, tantôt les berges sont saturées de fourrés
De multiples paysages bordent la Lena, tantôt des falaises hautes de plus de 100 mètres me font de l’ombre, tantôt les berges sont saturées de fourrés

Mon retour en France se fait dans la difficulté, n’ayant quasiment plus d’argent liquide et n’étant plus en possession de ma carte bleue. Après 5 mois de voyage, je rentre chez moi chargé d’émotions nouvelles. J’écris dans mon journal : « J’ai rencontré une jolie fille russe. Elle avait un tempérament de feu, elle s’agitait lorsque je voulais la prendre dans mes bras. Elle avait des courbes parfaites que j’épousais chaque soir. J’ai navigué sur son dos durant 4 mois. Elle s’appelait Lena. De retour en France, dans le brouhaha citadin, je la cherche. Je cherche un coin où me poser, m’agenouiller comme j’en ai pris l’habitude, pour la contempler. Mon voyage en canoë sur le fleuve Lena fut une véritable histoire d’amour naturelle. La Sibérie m’a réappris à pleurer d’émotions pures, comme les enfants. »

Carte Sibérie

Carte Sibérie

Philippe Sauve en bref


PortraitEn 1991, Philippe quitte son travail d’électricien à Toulon pour s’engager, en 1992, à 18 ans, dans un périple en solitaire de 2 ans autour du monde : marche de 6.000 km aux Etats-Unis, canoë sur les rivières et lacs du Canada, etc. À son retour, il relate son voyage dans « La Marche de Vie ». Aujourd’hui, à 32 ans, Philippe continue de partager sa vie entre l’écriture (récits et fictions), les voyages, la réalisation de documentaires vidéo et des petits boulots d’appoint. L’ouvrage « Sibéria, 3800 km en canoë du lac Baïkal à l’océan Arctique » (paru en avril 2006 aux Presses de la Renaissance, et que nous vous présentions dans Carnets d’Aventures n°5) retrace son voyage au fil de la Lena (ce livre est en compétition pour la Toison d’Or du festival de Dijon 2006).

Pour contacter Philippe Sauve : sauve.phil mettre-arobase wanadoo point fr ou 06 28 84 86 03

Pause

Sibérie, Lena : quelques infos pratiques

- Météo et climat : le climat sibérien est très instable, on passe de la canicule à des froids sibériens (c’est le cas de le dire !) ; plus de 100° peuvent séparer les températures d’hiver et d’été. En moyenne, on peut avoir du –50° en hiver et +35° en été. Lorsque j’ai commencé à naviguer sur la Lena en mai, c’était juste après la débâcle et des blocs de glace flottaient encore, il pouvait faire entre –5 et –10°. Dès la fin août, on frôle le zéro, et début septembre, on peut déjà avoir du –5 –10°. Sur la période entre mai et fin septembre, j’ai connu le printemps, l’été et l’automne. Le printemps et l’automne durent 3 semaines ou 1 mois ; l’hiver commence fin septembre et il peut survenir très vite : en une nuit, le fleuve peut se couvrir d’une couche de glace qui empêche la navigation (surtout dans la partie nord où je me trouvais à la fin de mon voyage).
Des vents violents balayent les régions nordiques ; on a souvent des vents de toutes les directions. Sur toute période où j’ai navigué sur la Lena (entre mai et septembre donc), j’ai eu du vent quasiment tous les jours, souvent assez fort et changeant : des alternances incompréhensibles et imprévisibles de vent de toutes les directions.

- Navigation : sur les 50 premiers km de la Lena, après sa source dans les montagnes, la navigation est difficile. Il y a des rapides. Ensuite, l’ensemble du fleuve est dépourvu de rapides, la difficulté principale réside dans l’immensité : lorsque le fleuve atteint une largeur d’environ 1 km (à plus de 1000 km environ après la source), traverser devient problématique, voire très dangereux. En effet, des orages d’une extrême violence (trombes d’eau, grêle, rafales à plus de 130 km/h) peuvent survenir sans prévenir en quelques minutes. Si l’on se retrouve au beau milieu du fleuve, loin de toute berge ou île pour accoster en urgence, cela peut-être très dangereux. Par ailleurs, dans l’immensité, les méandres, les îlots, les langues de terre, peuvent rendre l’orientation délicate. Vers la fin, le fleuve fait environ 14 km de large ! Au niveau avancement kilométrique, je pense que tenir une moyenne régulière de 30 km/jour est déjà un objectif conséquent.

- Ravitaillement : sur les 2500 km de navigation jusqu’à Iakutsk, il y a de nombreux villages espacés d’environ 7 jours de canoë. On y trouve tous les produits alimentaires de base. En aval de Iakutsk, prendre des provisions pour une autonomie de plus d’un mois. En effet, lorsque le fleuve devient vraiment très large, même quand des villages sont indiqués sur la carte, on peut facilement ne pas les voir, soit parce qu’ils sont un peu dans les terres, soit en raison des nombreux méandres labyrinthiques… Eau : la Lena n’est polluée nulle part (seulement quelques industries autour de Iakutsk) ; durant tout mon voyage, j’ai bu son eau directement (sans traitement ni filtrage).

- Divers : On trouve sur place des produits répulsifs à insectes et à tiques. En ce qui concerne les tiques : au nord de la ville de Lensk, il n’y en a plus ; au sud, finalement et malgré mes craintes, je n’en ai pas vu ; cependant on trouve des affiches d’information et des produits dans les magasins de matériel « outdoor » à Irkoutsk et les gens sont vigilants. Les ours sont présents et dangereux surtout à leur sortie d’hibernation (vers mars) et à leur retour en hibernation (vers octobre). Emporter au moins des fusées de détresse pour les effrayer au cas où (on en trouve facilement en France ; cela peut aussi bien sûr servir en cas de problème pour essayer de se faire repérer). Se munir d’une arme peut être une bonne option ; je n’en avais pas et ne sais donc pas si cela est possible ni quelles sont les démarches à effectuer. « Avez-vous une arme ? » est en tout cas une des premières questions que l’on me posait lors des contrôles. On peut trouver un canoë dans la ville d’Irkoutsk, mais pas dans les villes du nord.

- Communication, langue : un petit dictionnaire peu suffire pour tracer sa route, mais il est sans doute mieux d’apprendre un peu la langue pour mieux comprendre les mœurs. Les Russes ne supportent pas que l’on ne comprenne pas… Les peuples du nord sont très hospitaliers, mais il faut se protéger de leur ivresse et éviter de les rencontrer en groupe.

Couverture Livre "Sibéria" de Philippe Sauve, éditions Presses de la Renaissance, 2006, 338 pages.

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