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L'équipe se met à nu : Johanna

publié le
21 mars
89 lecteurs
Lecture 7 min.

Et si on profitait de l'anniversaire des 20 ans du mag pour vous en dire un peu plus : qui se cache vraiment derrière les habituels portraits en fin de magazine ? À quoi ressemblions-nous il y a 20 ans ? Qui sommes-nous, aussi, en dehors de Carnets d'Aventures ? L’équipe se dévoile ici, en toute transparence. Vous ne verrez plus de la même façon ces visages souriants...


Rencontre avec Johanna

Rédaction, communication, tests matériel ; cofondatrice de Carnets d'Aventures en 2004

 

À quelle occasion t’es-tu essayée au bivouac ?

Mes premiers souvenirs en la matière datent de mes 10 ans environ. Je pratique assidûment l’équitation et, à de rares occasions, nous partons en randonnée de deux jours, dormant à la belle étoile. J’évoque mes débuts dans le dossier Mille et une nuits en bivouac de CA62 alors je vous épargne une redite ! Mais je garde de ces nuits d’été en Provence un souvenir intense. La présence rassurante des chevaux et l’immensité du ciel étoilé m’enveloppaient tout entière.

Raconte ta meilleure nuit en bivouac.

J’ai souvent du mal avec ces histoires de meilleur / pire. Et puis je suis partagée… D’un côté je pourrais répondre « les nuits d’été indien dans mon hamac en bord de plage », parce que je dors bien mieux dans un hamac qu’au sol, que j’affectionne vraiment le voyage en kayak de mer, et que la douceur est bien agréable. D’un autre, je pourrais dire que rien ne vaut un bivouac en montagne, près d’un lac qui reflète la grandeur de la nature et du ciel…
Potiron te dirait qu’il préfère le canapé à l’herbe du grand dehors, mais chacun son truc !

Est-ce que tu aurais aimé découvrir le bivouac plus tôt ?

Le découvrir plus tôt, je ne sais pas, me l’approprier plus tôt, ça oui. Mais ce qui est fait est fait et je suis déjà bien contente comme ça !

Quel est ton petit plaisir coupable en bivouac ?

Un bon petit repas – c’est coupable ça ? D’autant que je peux également jeûner ; c’est alors la tisane fumante qui fait le job, et c’est bien aussi comme ça !

Que t’apporte le bivouac dans la vie de tous les jours ? Qu’y trouves-tu de manière générale ?

Un truc que l’on ne trouve pas autrement, un truc qui te transcende. Dormir dans la nature, c’est quand même quelque chose ! (Je parle aussi de tout ça dans CA62).

Sans limite de poids ni d’encombrement, qu’emporterais-tu ?

Un (vrai) matelas à mémoire de forme ! Et pourquoi pas d’abord.  À défaut, l'arrivée des matelas gonflables il y a une quinzaine d'années a révolutionné mes nuits dehors. Et un accessoire pour faire des bulles de savon ; ça je l’emporte déjà, c’est tellement poétique !

À force de bivouaquer, quelles sont les choses que tu apprécies le moins ?

Quand je ne peux pas me laver, mais je me débrouille pour que cela n’arrive quasi jamais. Quand tu as transpiré (forcément un peu, même en hiver), que tu es salé et pégueux, c’est un tel bonheur de se rincer ! Même avec très peu d’eau, même si elle est glaciale et qu’il fait froid dehors, le bien-être que cela procure en vaut la chandelle.

D’ailleurs, raconte ta pire nuit en bivouac ! Voire tes pires nuits !

Allez, je peux évoquer cette nuit dans nos hamacs au Monténégro où, pendant plusieurs heures, nous avons entendu des coups de kalachnikovs non loin de nous ! En itinérance kayak de mer depuis des semaines, nous avions vu les stigmates des récentes guerres de Yougoslavie : des installations militaires côtières et des immeubles civils criblés de balles ; bref, ambiance... Rien d’autre ne se passa et nous n’en sûmes pas davantage, mais autant dire que nous n’étions pas trop dans notre assiette !

Il n’y a pas de bonne ni de mauvaise situation, certes. Mais si tu devais confesser un mauvais choix en voyage un jour, ce serait quoi ?

Avoir pensé que l’on pouvait gérer et bâter des chevaux mongols de la même manière que ceux élevés en Europe, et appréhender le voyage à cheval comme des bleus. Un peu présomptueux – et idiot ! – de notre part… Cela m’a coûté une commotion cérébrale au fin fond de l’Altaï mongol et à mes compagnons quelques cheveux blancs, mais le voyage ne faisait que commencer et il s’est magnifiquement poursuivi ! (lire le récit de ce voyage réalisé en 2005)

Été 2003 : en plein milieu de la Méditerranée.
Traversée hauturière entre sud Sardaigne et Tunisie, 42 heures d’affilée à pagayer, ça use, ça use…
Été 2003 : en plein milieu de la Méditerranée.
Traversée hauturière entre sud Sardaigne et Tunisie, 42 heures d’affilée à pagayer, ça use, ça use…
Au coeur de l’aventure en Corse.
Au coeur de l’aventure en Corse.
Vers l'infini et au-delà en Mongolie (pas trop loin non plus car en convalescence de commotion cérébrale...)
Vers l'infini et au-delà en Mongolie (pas trop loin non plus car en convalescence de commotion cérébrale...)
Mongolie.
Un vélo est moins récalcitrant qu’un cheval !
Mongolie.
Un vélo est moins récalcitrant qu’un cheval !

Avant de passer le bac, tu étais quel genre d'élève ?

J’étais en général première de la classe, bonne élève mais pas docile pour autant ; je pouvais défendre mes idées lorsqu’elles me semblaient en valoir la peine. Mais rien de bien exceptionnel non plus, ce n’est pas avec cette question que tu vas faire un best-seller de ma biographie !

Tu aurais un message à faire passer à un ancien camarade ou professeur perdu de vue ?

C’est drôle mais je repense de temps en temps à certains des professeurs qui m’ont marquée par leur enthousiasme ou leur passion. Comme mon super instit’ de CE2 qui avait remué ciel et terre dans notre école tropézienne (où on n'apprend ni à faire les tartes, ni à être gendarme) pour relancer les classes de neige ; ma première ! Nous étions venus dans les Hautes-Alpes et le bruit courait qu’un loup-garou mangeait les fillettes une nuit sur deux, les garçonnets la suivante. Alors chaque soir, dans le dortoir des filles où j’occupais le lit le plus près de la fenêtre, j’espérais fortement que ce fût au tour des garçons. Si à ce moment-là on m’avait parlé de bivouac, j’aurais blêmi !

Dévoile un plaisir coupable inavouable, passé ou actuel.

Faire de la moto tout-terrain dans ma jeunesse, est-ce inavouable ? Blague à part, c’est cette activité qui nous a amenés, Olivier et moi, à acquérir nos premiers VTT (enfin, autant dire que dans les années 90, ils n’avaient de tout-terrain que le nom). Au début, les pistes du massif des Maures (Var) que nous arpentions plein gaz étaient désertes ; c’est peu à peu en y rencontrant quelques randonneurs que nous nous sommes dit qu’une activité plus silencieuse et douce serait plus respectueuse.

Dévoile un plaisir coupable avouable dans la vie de tous les jours.

Un kif prononcé pour le bon chocolat et les produits cacaotés ! D’ailleurs, chaque bouclage du magazine est l’occasion au sein de la rédac’ de séances de dégustation de pâtes à tartiner ! Bonnes et bio bien sûr, même si ça n’en fait pas remonter leur indice Nutriscore. En tout cas, rassurez-vous, ces comparatifs sont menés avec le sérieux et la rigueur scientifique des tests de matériel de Carnets d’Aventures !

La poule ou l'œuf : est-ce que le voyage en bivouac t’as inspiré un mode de voyage plus écologique, ou plutôt l’inverse ?

Je crois que les deux sont intervenus de manière presque décorrélée dans ma vie ; enfin pas tout à fait puisque plus tu vas dans la nature, plus tu l’aimes et as envie de la respecter. Mais le plaisir du bivouac et la satisfaction de se déplacer by fair means m’ont conquise avant que je ne me sente véritablement concernée par l’écologie. C’est une question d’époque aussi ; de nos jours, le respect de l’environnement est au centre de tout !

Dans un monde parallèle où Carnets d'Av n'existe pas, quel métier aimerais-tu exercer ?

Ostéopathe. Quand je vois combien certains ont à la fois un ressenti fin et juste, et un toucher léger et efficace qui apportent des soins si bienfaisants, je me dis qu’il s’agit là de compétences précieuses.

Quand tu n’es pas dehors ni en train de travailler, comment occupes-tu ton temps libre ?

Je fais de l’éthologie féline ! Dit autrement je prends plaisir à observer les pignouferies – nombreuses – de la mascotte rousse et blanche que l’on ne présente plus, à lui apprendre des tours savants (ouaip !), et à recevoir ses câlins aussi ; eh oui je suis ailurophile, on ne se refait pas.
Et accessoirement, il m’arrive de faire d’autres choses, si, si ! J’aime passer du temps avec des amis à parler des choses qui nous animent et de la vie, et à préparer nos prochaines sorties. J’apprécie aussi beaucoup lire. Des livres, principalement des essai, réflexion / analyse / enquête étayée et des récits d’aventures vécues, quelques magazines papier (scientifiques et d’activités de pleine nature), et du contenu en ligne sélectionné : nombreuses pages wikipédia sur tout un tas de sujets, et articles de fond (abonnements payants pour avoir du contenu de qualité) sur des thèmes comme les sciences (fondamentales, numériques, qui concernent l’humain, le corps, l’esprit), la société, la nature et l’environnement, et bien sûr les activités de pleine nature, le bivouac et les enjeux reliés. J’aime apprendre, connaître et mieux comprendre le fonctionnement des choses, du monde, de l’humain. La lecture, complétée et appuyée par des échanges avec des personnes d’horizons divers, m’y aide et me semble favoriser la réflexion, la créativité, l’empathie, l’ouverture d’esprit et la remise en question, ainsi qu’une certaine démarche de progression perpétuelle que je trouve saine et motivante. J’écoute aussi quelques podcasts. Je ne suis pas une grande fan de vidéo ; pourtant je reconnais que l’on peut trouver en ligne du contenu très pédagogique. De temps en temps, je prends plaisir à regarder un film ou, très rarement, une série ; toujours en version originale.

Si tu devais citer quelques ouvrages qui t’ont vraiment marquée…

Sapiens : Une brève histoire de l’humanité de Yuval Noah Harari, à lire absolument et par tous.
Encordé mais libre : la traversée des Alpes de Patrick Berhault a révélé pour moi la valeur de l’itinérance sans moteur.
Mal de Terre de Hubert Reeves m’a éveillée à la nécessité de protéger l’environnement.
Des aventures vécues complètement dingues : L’Expédition du Kon-Tiki de Thor Heyerdahl (une traversée audacieuse du Pacifique en radeau de balsa en 1947), et L’Odyssée de l’« Endurance » d’Ernest Shackleton (400 jours de dérive au milieu des glaces antarctiques, une épopée d’autant plus incroyable que les 28 naufragés sont récupérés vivants).

Dans un monde parallèle où le voyage/bivouac/sport n'existe pas, quels seraient tes hobbies ?

Les mêmes choses que la question précédente en plus extensivement. Je me donnerais davantage de temps pour apprendre des langues et pour écrire. Par ailleurs, je tenterais de décoller du niveau zéro en matière d’arts plastiques et musicaux !

Quel serait ton voyage fantasmé ?

En vrac, je dirais : un long voyage en voilier avec dans les soutes plusieurs jouets volants, marins et terrestres pour profiter des escales. Des vols bivouacs d’envergure (en parapente) sans les dangers ni les contingences inhérentes à l’activité. Des combos ! Comme traverser des contrées à pied avec sur le dos un parapente et un packraft ultralégers, ou comment marier terre, air et eau. Ce qui est bien, c’est qu’il s’agit là de choses réalisables !

Mes potes riders des années 90.
Olivier est tout à gauche !
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Premier confinement 2020 : un chat, des montagnes, des livres, un café, what else ?
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