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Gravel aux quatre coins de l'Hexagone

par Rémi Lequint
18 juin
111 lecteurs

Rémi est tombé dans le voyage à vélo grâce aux épreuves d’ultra longue distance qu’il a assidûment fréquentées avant de raccrocher les dossards. Aujourd’hui, il part à la découverte de la France le nez au vent (et la fleur au guidon ?) et aime créer et partager de nouveaux itinéraires ou faire découvrir les charmes de sa région, le Nord. Rencontre.

Photo : Louis Lambin
Photo : Louis Lambin

Curieux de connaitre un peu mieux le monde des « ultras » (ultra longue distance, ultraléger, ultrarapide), ces amateurs de vélo gravel avalant les kilomètres en bikepacking et bivouac minimaliste, nous avons découvert les tribulations cyclopédiques de Rémi à travers son blog ainsi que dans un article de nos confrères du sympathique magazine 200 au sujet de la création de son itinéraire maison, le North Trail (Le bel envers du Nord, à lire dans le #33). Rencontre avec un explorateur (défricheur ?) des temps modernes.

Carnets d'Av : Dis-moi comment tu roules, je te dirai qui tu es. Le vélo et toi, c’est une longue histoire, non ?

Rémi : Une très longue histoire oui. J’ai commencé le BMX à l’adolescence, puis le VTT au lycée en raid multisport et en course d’orientation et enfin le gravel. En arrivant à Lille il y a dix ans, le VTT ne me servait pas à grand-chose (le plat pays…), j’ai donc monté des pneus de cyclocross (assez crantés mais plus fins qu’un pneu VTT) sur une randonneuse (Vélo Tout Chemin avec cintre route) pour avoir un vélo polyvalent qui passait bien partout toute l’année. Le gravel est arrivé peu après, le marketing en plus. Ensuite, je suis tombé dans les courses d’ultra longue distance en bikepacking après avoir vu les vidéos du documentaire Melons, trucks and angry dogs sur la première grande classique Transcontinentale Race (à travers l’Europe). Comme je n’aime pas trop la route – pour être honnête, je n’ai même jamais roulé sur un vélo de route –, tout ce qui se passe sur les chemins m’attire. Ma grande première, c’était sur la French Divide en 2017, et j’y ai vécu les deux semaines les plus émotionnellement intenses de ma vie. Ces épreuves sur plusieurs jours en autonomie ont l’avantage de rassembler des personnes aux profils très différents ; on y fait des rencontres, et rouler en groupe permet de tisser des liens et de partager des moments forts. La bonne ambiance et la bienveillance sont agréables et rassurantes. Bref, j’ai attrapé le virus, jusqu’en 2022 où j’ai fini par saturer. En 2019, j’en avais cumulé neuf avec pas mal d’abandons par manque de repos. Aussi, la qualité des épreuves, de plus en plus populaires, devenait inversement proportionnelle à leur prix, et je n’y retrouvais plus l’esprit que j’avais connu au début. La compétition, en faire toujours plus en dormant toujours moins, ce n’est pas pour moi ; j’aime lever le nez du guidon, prendre du temps, manger local, boire un coup et flâner au gré des envies. J’avais déjà le goût du paysage, les épreuves m’ont donné celui du voyage à vélo, dans un format un peu plus rapide et léger que le cyclotourisme traditionnel. Depuis, je retrouve les joies de la liberté et me tourne plutôt vers des itinérances dont je trace moi-même le parcours ou bien vers des challenges libres (trace en libre accès à parcourir quand on veut et avec qui on veut). Je consacre une dizaine de semaines par an aux voyages à vélo sur les chemins de France et d’Europe, en bivouac, sans chrono, en privilégiant la qualité à la quantité, et en écoutant mes envies et mes besoins ; en gravel souvent, à VTT de plus en plus, à vélo pliant parfois.

... et la suite ?