À cheval sur les flancs des Pyrénées
Voyage pyrénéen, par monts et par chevaux
Monter à cheval est une chose, voyager avec son cheval en est une autre. Partager avec lui chaque moment du jour et de la nuit, s’entraider, entrer dans son univers. Frédérique et Séverine savent bien le travail qu’il y a derrière l’harmonie trouvée entre le cavalier et sa monture en itinérance, et partagent avec nous ces sensations qu’elles vont chercher aussi souvent que possible.
Partir en itinérance avec son cheval, en montagne de surcroît, est un rêve pour tout cavalier avide d’aventures et de grands espaces. Bien au-delà d’un simple voyage aux paysages grandioses et aux rencontres inattendues, c’est une véritable immersion dans une autre dimension temporelle et sensorielle : celle du cheval, nomade par nature et ancré dans l’instant et son environnement, qui nous entraîne dans un univers bien à part, en connexion avec la nature, le moment présent et notre être profond. À cheval pour l’une ou en montagne pour l’autre depuis l’enfance, nous partageons depuis toujours ce rêve d’aventure, mais avec des expériences et des histoires équestres et montagnardes bien différentes. Depuis notre rencontre il y a cinq ans, nous sommes de bonnes partenaires d’itinérance et n’hésitons pas à planifier quelques jours d’aventures autour de chez nous avec nos fidèles compagnons Fantasio et Sybelle.
Let’s go cowgirls !
C’est le petit matin dans le Luchonnais, la montée en altitude nous plonge progressivement dans notre nouvel univers : nous quittons peu à peu la civilisation et ses derniers villages, et laissons derrière nous les routes sinueuses pour des sentiers muletiers aux lacets délicats bordés de sapins. Les premières pentes nous permettent de vérifier la stabilité du paquetage, essentielle pour éviter blessures et gonflements. À chaque pause, nous vérifions les pieds et le dos de nos compagnons. La chaleur s’installe peu à peu et les premières cascades sont les bienvenues ! Un cheval peut boire jusqu’à 40 litres par jour et il est important de lui proposer à boire à chaque fois que nous croisons de l’eau : sa présence n’est jamais garantie, notamment sur le versant sud des Pyrénées ou dans les Pyrénées-Orientales. Les sources ou ruisseaux encaissés ne sont pas toujours accessibles aux chevaux, notre petit seau pliable nous rend bien des services. Nous passons un premier col à 1500 m d’altitude et la fin d’après-midi est déjà là, nous bivouaquerons dans une estive à l’allure féerique. Mais nous ne sommes pas les seules à avoir choisi ce petit coin de paradis, un troupeau d’une centaine de vaches nous entoure avec une curiosité prononcée ! Sybelle hésite entre fuir et profiter du doux tintement des cloches, tandis que Fantasio se laisse courtiser par une jolie cornue avec un plaisir non dissimulé. Nous camperons un peu plus loin. Installer notre bivouac commence toujours par le montage du parc : piquets et rubans de clôture nous permettent de libérer les chevaux et de les séparer de leurs copines entreprenantes. Encolure haute, oreilles pointées, Sybelle surveille ces drôles de bêtes à cornes, pendant que Fantasio s’ébroue et profite de l’herbe d’estive ! Nous électrifions le parc avant la tombée de la nuit. Bivouaquer avec son cheval est l’un des moments les plus forts de l’aventure ; la lumière du soir, la douceur du silence, la respiration des chevaux qui broutent à deux pas des tentes… Mémoires enfouies de nos ancêtres nomades ?
Du plat, de l’herbe et de l’eau, si possible abrité du vent.
La clôture, bien plus sûre et adaptée aux chevaux (peuvent s’allonger, fuir, etc.) que la ligne d’attache ou les entraves.
Emporter ses déchets, ne laisser aucune trace de son passage hormis quelques crottins.