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Aux abords du Fitz Roy

par Alexandre Rezé
19 déc. 2023
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Fin 2017, Alexandre prépare une expé en solitaire sur le Campo de Hielo Sur, troisième calotte glaciaire mondiale en superficie, réputée pour ses coups de vent imprévisibles. Il y réalise un premier périple en été 2018, et y retourne en juillet 2019 pour tenter l’ascension du volcan Lautaro, renonçant à 800 m du sommet suite au déclenchement de deux plaques d’avalanches. Au travers notamment d’extraits de son journal de bord de 2018, il nous fait ressentir un peu de l’incroyable ambiance hivernale des montagnes patagonnes.

Heureux.
À 800 m du sommet du Lautaro, je viens de déclencher deux plaques d’avalanches après plusieurs heures d’ascension dans la neige et le brouillard. Je suis heureux d’être là malgré le renoncement.
Heureux.
À 800 m du sommet du Lautaro, je viens de déclencher deux plaques d’avalanches après plusieurs heures d’ascension dans la neige et le brouillard. Je suis heureux d’être là malgré le renoncement.

Extraits du journal de bord

Se mettre en route et se chauffer

Lundi 6 août, 18h32, Jorge vient de me déposer au puente eléctrico : j’allume mon GPS-téléphone satellite, et j’active le mode tracking. J’ai hâte de démarrer !
J’ai eu toutes les peines du monde à me procurer du carburant pour le réchaud à essence. Je me suis fait refourguer du white-spirit, trop volatile : le réchaud démarre et s’éteint. J'ai un réchaud gaz et une grosse cartouche, en secours, le gaz restant liquide par froid prolongé : utiliser cette cartouche c’est le signal du demi-tour. Il me faudra pas moins de trois modifications pour arriver à un fonctionnement correct. Outre la recherche de carburant, j’ai passé une partie de la journée à déclarer mon expédition à la gendarmerie puis à la maison du parc d’El Chalten. J’y ai rencontré Jorge Lenz, le chef des gardes du parc. Lorsque ses collaborateurs lui ont expliqué mon projet, il m’a regardé droit dans les yeux et m’a dit : « Es un poco loco ir solo por aca » (« c’est un peu fou d’aller là-haut tout seul »). Mais après discussion sur ma préparation il me propose finalement de m’amener au départ de mon périple. Ses collègues me disent que je suis « un hombre de suerte ». Que j’ai la baraka en somme. C’est probablement vrai.

... et la suite ?