Extraterrestre CA 11 : Première chronique de l'extraterrestre. Les fondements.

par olivier dans Extraterrestre 05 oct. 2009 mis à jour 14 mars 4649 lecteurs Soyez le premier à commenter (partager)

Le point de vue de l’extraterrestre

Première de cette nouvelle chronique, publiée dans Carnets d'Aventures n°11.

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Qu’est-ce que c’est ?


Voici donc la première mouture de notre nouvelle chronique. Mais qu’est-ce que cet article au nom bizarre vient donc faire dans Carnets d’Aventures ? Et qui est cet extraterrestre ?

Eh bien oui, on a trouvé des extraterrestres ! au moins une forme approximative... Lorsque l’on part pour un voyage dans la nature, d’une certaine façon, on s’extrait du monde. Quand on part seul, en dehors des structures organisées, on (ré)apprend à se débrouiller et à se concentrer sur l’essentiel ; on se retrouve en prise directe avec la nature, on dépend d’elle, on la subit aussi. Ce « retour aux sources » ainsi que le rythme lent d’une progression dans un cadre naturel et le temps passé chaque jour à marcher, pédaler ou pagayer, sont propices à de longs moments de réflexion. Des moments que la société contemporaine ne nous ménage plus guère. Les sollicitations multiples et incessantes de la vie moderne nous incitent de moins en moins à penser réellement par nous-mêmes (les Français passent en moyenne plus de 3 heures par jour devant la télévision – et ce chiffre est en constante augmentation – ; en plus du travail, des tâches domestiques, des responsabilités de famille et obligations diverses, quels sont les moments libres à consacrer à la réflexion ?). Nous sommes le « réceptacle » d’un nombre incroyable d’idées reçues, d'avis ; combien sont réellement les nôtres ? il y a fort à parier qu’elles sont somme toute assez peu nombreuses.

Lors de voyages qui nous coupent de ce train-train parfois lobotomisant, on prend du recul par rapport à la société. On a également l’opportunité de mettre en perspectives nos façons de voir les choses avec celles, souvent complètement différentes, des habitants des pays visités. Ainsi, la plupart de ceux qui partent pour de longs voyages nature, sans moyens motorisés, reviennent avec une vision neuve et souvent critique de notre monde. C’est donc pour cela que nous voulons faire vivre cette chronique. Pour que cette vision un peu décalée puisse avoir sa tribune.

Nous allons essayer de soulever des questions, d’appréhender des problèmes de société sous des angles moins habituels. Loin de nous l'idée de prétendre que les voyageurs détiennent la vérité, mais ils apportent en tout cas une vision différente et cette différence peut susciter la réflexion. On est toujours gagnant à réfléchir et à exercer son esprit critique… S’efforcer de prendre du recul, de revenir aux fondements des choses, est capital pour y voir plus clair. Les Lettres Persanes de Montesquieu utilisaient la vision extérieure, celle d’un étranger, pour faire une critique plus efficace de la société de l’époque. Car en se positionnant à l’extérieur, sans implication dans des mouvements, revendications ou querelles intestines, on appréhende mieux les fondements, on perçoit davantage l’essentiel.

Dans cette chronique, nous allons aborder divers enjeux de société, voire des questions d’ordre politique. De l'influence des médias à l’écologie en passant par la prospérité, l’énergie, le travail, l’argent, l’éducation, le rôle de la politique, la citoyenneté… bref, un florilège de sujets qui nous semblent passionnants car fondateurs dans l'organisation de notre société.

Ces chroniques seront rédigées par nous ou par d’autres voyageurs. Si vous vous sentez une âme d’extraterrestre, n’hésitez pas à nous envoyer vos textes (par email uniquement merci : redaction@expemag.com) ou à venir réagir et partager vos idées dans le forum approprié sur www.expemag.com. Nous pourrons publier dans le prochain numéro certaines de vos réactions.

 

Les fondements


En prélude et en accompagnement de ces réflexions, il nous paraît capital d’essayer de revenir aux fondements, aux définitions des choses, même celles qui paraissent déjà établies ou acquises, celles que l’on ne remet pas en question, ou, pire, celles que l’on n’a même pas l’idée de reconsidérer.

Les hommes politiques « honnêtes » déploient leur énergie à maximiser les paramètres qui sont le « bien » et minimiser ceux qui vont dans le sens du « mal ». Mais ces valeurs, définies à un moment donné, dans un contexte donné, par des gens donnés, représentent-elles toujours, réellement et pour le plus grand nombre, le « bien » ou le « mal » ? Si l’on considère par exemple la croissance économique ou le PIB, on commence enfin à remettre en question la légitimité de la course effrénée à leur augmentation. Parce qu’une minorité s’est battue pour que petit à petit nous revenions aux définitions, aux tenants et aux aboutissants réels des choses. Pour que nous nous remettions en question. Pour que nous abandonnions ces « acquis » confortables qui évitent de trop réfléchir…

Ainsi, il ne faut pas hésiter à redevenir un petit enfant qui demande pourquoi, une cascade de pourquoi. Celle-là même qui pousse le parent – qui répondait patiemment et croyait bien avoir traité toutes les questions imaginables et être parvenu à un point irréductible, basique, fondamental – à aller encore plus loin, à repenser les bases… tâche souvent malaisée. On constate aujourd’hui que ceux (journalistes, politiques, mais aussi la majorité des citoyens !) qui devraient « demander pourquoi » ne le font pas. Tout le monde s’arrête à un niveau des valeurs considérées comme définies et acquises (le chômage c’est mal, la croissance c’est bien…) qui sentent parfois le dogme à plein nez.

Au-delà de ces valeurs fondamentales, il faudrait toujours se poser la question de la légitimité des valeurs plus « élaborées ». Pas forcément pour les réfuter intégralement, mais au moins pour ne pas en devenir les esclaves, surtout si cela ne se justifie pas. Pour leur enlever leur statut d’absolu, pour que la société reste sur des positions équilibrées. Pour éviter de tomber dans les extrémismes et l’obscurantisme qui ne sont pas l’apanage des sociétés religieuses…

Il est clair, incontournable et nécessaire que des valeurs orientent, voire régissent, nos choix (les nôtres personnellement et ceux de nos gouvernements). Ces valeurs devraient être autant que possible fondamentales et universelles (ne pas tuer, ne pas faire à autrui ce que l’on n’aimerait pas qu’on nous fasse, etc.), mais, si cela paraît simple, cette détermination est en fait un exercice extrêmement difficile, délicat et lui-même non universel.

Dans tous les cas, essayer de prendre du recul et se faire un peu « extraterrestre » ne peut pas nous faire de mal…

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