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Panneaux solaires portables

par olivier dans Energie nomade 01 déc. mis à jour 07 août 2013 13011 lecteurs Soyez le premier à commenter
Lecture 16 min.

L'énergie du voyageur nature : Panneaux solaires et batteries tampon nomades

Dossier et photos : Olivier et Johanna Nobili

Panneaux solaires

Version allégée de l’article publié dans Carnets d’Aventures n°32.
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C’est la troisième fois que nous publions un dossier « énergie solaire », la première c’était en 2004 et il y a eu beaucoup de changements depuis. Les panneaux se sont amincis, allégés et ont visiblement gagné en fiabilité. D’autre part, la connectique USB pour le rechargement, qui tend à se généraliser, simplifie beaucoup l’usage des panneaux. L’offre s’est aussi bien étoffée et toute une gamme de produits adaptés à un large spectre d’utilisation est maintenant disponible.
Le panneau solaire renforce le sentiment d’autonomie, cette impression de pouvoir rester dans son voyage très longtemps… Le voyageur itinérant dans la nature n’a pas besoin d’aller chercher une prise de courant (quand il y en a) pour recharger tout son matériel : téléphone, GPS, appareil photo, frontales, liseuses… et pour les plus technophiles, tablettes, ordinateurs. Cela a quelque chose de magique !
Certains diront cependant « Bon, et si on arrivait à se passer de tous ces éléments électroniques, on se simplifierait bien la vie non ? » ;-). Oui, peut-être…

Ce dossier commence par une base de connaissances. Elle sera utile pour savoir choisir les éléments qui correspondent à ses vrais besoins. D’autre part, elle donne les informations nécessaires pour manipuler ces solutions d’énergie nomade à bon escient.
La seconde partie est un test qui présente des produits actuels et les résultats de nos mesures (magazine papier) et tableau comparatif des panneaux solaires.

Voir aussi la discussion associée

La base de connaissances utiles

Les formules simples de l’électricité 

Vous devez vous souvenir des quelques lois simples (apprises au collège !) qui lient l’intensité (I), la tension (U), la puissance (P) et les résistances (R). Pour rappel, car elles sont bien utiles pour comprendre ce qui se passe, les voici :
P=U.I (la puissance P en watts), est le produit entre la tension (U, en volts), et l’intensité du courant (I, en ampères).
U=R.I (la tension (U en volts) aux bornes d’une résistance, est le résultat du produit entre la résistance (R en Ohms) et l’intensité de courant (I en ampères) qui traverse cette résistance.

Comment modéliser un panneau solaire ?

Un panneau solaire fournit un courant continu, il a une tension entre ses bornes et donc délivre une puissance. Ces paramètres ne sont pas constants, ils dépendent du niveau d’ensoleillement. Ce qui varie surtout en fonction de l’ensoleillement, c’est l’intensité de courant et donc la puissance de sortie. Si on court-circuite1 un panneau solaire, on constate que l’intensité de courant varie peu, alors que si on court-circuite une source de tension (théorique) on obtient une intensité qui tend vers l’infini. Bien sûr pour une batterie réelle ce n’est pas le cas car elle a une résistance interne qui limite ce courant, cependant il sera tout de même très élevé et elle chauffera au point de potentiellement prendre feu ou exploser (dissipation en chaleur de l’énergie à travers sa résistance interne).
Donc un panneau solaire, qui continue de faire circuler une intensité proche de son intensité nominale, ne peut être vu comme une source de tension. Un panneau se rapproche davantage, sans en être vraiment une, d’une source de courant. En effet si on fait varier la résistance d’un circuit connecté à un panneau, le courant qui circule varie assez peu (c’est la tension aux bornes de la résistance qui va changer – cela est vrai dans une certaine plage de résistance bien entendu ; en effet, si le panneau était une vraie source de courant avec une résistance allant vers l’infini, la puissance du panneau tendrait également vers l’infini : P=UI et U=RI, donc P=RI2, mais le panneau ne peut dépasser sa puissance maximale et l’intensité se met alors à tomber au-delà d’une certaine résistance. Nous le verrons sur les courbes), alors que le courant varie énormément si le générateur du circuit est une batterie. Dans les deux cas U=RI est vérifié, mais dans le cas d’une source de tension c’est I qui varie alors que dans le cas d’une source de courant c’est U qui varie.
Modélisation panneau solaire
Modélisation panneau solaire

La puissance du rayonnement solaire

Le spectre solaire s’étend sur une large plage de longueurs d’ondes. Ce sont des photons qui « vibrent » à diverses fréquences. Ceux qui vibrent le plus rapidement (les petites longueurs d’ondes) sont porteurs de plus d’énergie. Concrètement, dans la lumière visible, les photons sur la longueur d’onde du bleu sont plus énergétiques que ceux sur la longueur d’onde du rouge. Un panneau solaire va « exploiter » une partie seulement des longueurs d’ondes du spectre lumineux. Le reste est soit réfléchi, soit converti en chaleur. En pratique, une cellule convertit en énergie électrique de 4 à 20 % de l’énergie solaire reçue selon sa technologie.
Quelle est la puissance du rayonnement solaire ? On admet que la puissance brute solaire reçue au niveau du sol (lumière directe + diffuse) est, dans un cas favorable (soleil assez haut sur l’horizon, ciel clair), de 1000 W/m2 (attention, il ne s’agit pas d’une borne supérieure ; sans atmosphère, la puissance reçue au niveau de la terre serait en moyenne de 1367 W/m2). Avec des nuages fins (on discerne encore les ombres), cette puissance oscille de 800 W/m2 à 300 W/m2, et tombe encore avec des nuages plus épais (on ne voit plus les ombres). La position angulaire du soleil sur l'horizon (sa hauteur) a aussi son importance. En effet, l'atmosphère dissipe une grosse partie de l'énergie solaire : plus la distance d'atmosphère à traverser est grande, moins l'énergie disponible au sol sera importante. Si le soleil est bas sur l'horizon, ses rayons traversent l'atmosphère de manière oblique, le chemin que doit parcourir la lumière en milieu atmosphérique est plus long, l'énergie récupérable est donc plus faible. La puissance récupérable varie bien entendu en fonction de l'heure, de la saison, de la latitude, et même de la température du panneau (en effet, le rendement se dégrade sensiblement quand le panneau chauffe, le rendement est nominal quand la température de la cellule est de 25°C, ensuite le rendement baisse de 0,1 % à 0,5 % par °C au-dessus de 25°C, or, le panneau grimpe très vite en température lorsqu’il est exposé au soleil, localement les 50°C sont vite atteints. Il est judicieux de le placer sur le lieu le plus venté pour limiter le problème)... Dans les faits cette puissance varie donc beaucoup.
 

Une cellule photovoltaïque

Un panneau solaire est constitué d’un ensemble de cellules photovoltaïques. Ces cellules sont elles-mêmes constituées d’un substrat semi-conducteur. Le substrat est composé de deux couches aux propriétés différentes. Une des couches est dite dopée N et l’autre dopée P. Ça veut dire quoi ? Simplement qu’elles ont été transformées, l’une contient plus d’électrons libres que le substrat original (c’est la couche dopée N, N comme négatif) et l’autre contient moins d’électrons libres (plus de « trous ») que le matériau original (c’est la couche dopée P, P comme positif). Quand les deux couches sont reliées entre elles, à la fabrication de la cellule, il se forme une zone entre les deux appelée jonction PN, les électrons libres au niveau de la jonction transitent vers les « trous » de la zone P et les « trous » migrent vers la zone N. Il se crée alors une différence de charge entre les 2 zones et donc un champ électrique apparaît dans la jonction PN. La jonction devient une zone en manque de porteurs libres (trous et électrons) et de ce fait n’est plus conductrice. Le photon, chargé d’énergie, vient percuter le substrat, et arrache un électron. Sous l’effet du champ électrique, l’électron va migrer vers la zone N et le trou vers la zone P. Et comme il s’agit d’un semi-conducteur, l’électron ne peut rejoindre la zone en manque d’électron qu’en empruntant le circuit connecté au panneau (pas de passage possible de la zone N à la zone P pour un électron, il doit « faire le tour »). Il se crée donc un courant continu que l’on peut utiliser. Bingo !
Note : chaque substrat fonctionne avec des longueurs d’ondes différentes, les matériaux multicouches utilisent plusieurs substrats semi-conducteurs différents pour absorber l’énergie sur un spectre plus large.
 

Les différentes technologies de cellules

En voyage, les cellules souples sont bien pratiques. Cela permet d’emporter des panneaux de grande dimension. Et quel que soit le format, le gain de poids est important par rapport aux solutions rigides. De plus, le risque de casse est moindre. Pour les petits chargeurs, les solutions à base de cellules rigides fonctionnent pas mal aussi.
Les cellules rigides : ce sont les premières générations, issues du silicium comme substrat semi-conducteur. Le silicium est soit monocristallin, soit polycristallin, soit amorphe.
Le silicium monocristallin offre un bon rendement2 (12 à 16 %) et fonctionne en basse luminosité. La technologie est chère.
Le polycristallin est moins cher, on le reconnaît à la présence de figures géométriques caractéristiques. Il est moins efficace en lumière faible. Rendement 11 à 14 %.
Le silicium amorphe, moins cher, moins bon rendement (5 à 7 %), mais fonctionne en basse luminosité.
Les cellules souples : le silicium amorphe peut être mis sur ces supports souples.
Les cellules multi-jonctions : ce sont des cellules utilisant plusieurs matériaux pour exploiter une plus grande gamme de longueurs d’ondes. Dans ce test nous avons par exemple des panneaux a-Si Triple Jonction. Qui utilise une jonction triple à base de silicium amorphe. Rendement 9 % environ pour la techno a-Si.
Les cellules CIGS. Le substrat est un alliage à base de cuivre, indium, gallium et sélénium. Rendement de l’ordre de 13 % ce qui est très bon pour des cellules souples.
D’autres technologies existent.
Vu la problématique énergétique, la recherche dans le domaine du photovoltaïque est très active et il devrait y avoir de beaux progrès pour les prochaines années. De nouvelles technologies prometteuses émergent dans les labos.
 

Caractéristiques d’un panneau solaire

- On donne une tension et une puissance pour un panneau. Un panneau donné pour 12 V a en général une tension à ses bornes à vide (circuit ouvert) qui est largement supérieure (de l’ordre de 14 V à 20 V). Parfois, les constructeurs donnent la tension maximale, parfois la tension nominale. De même pour la puissance (on peut la calculer de différentes façons). Il y a une certaine inconsistance dans les informations techniques fournies par les différents fabricants car on peut donner diverses valeurs (courant de court-circuit, courant à puissance max, voltage circuit ouvert, voltage à puissance max…).
- 2 panneaux de même taille (surface de cellules) et même technologie peuvent avoir des tensions de sortie différentes. Par exemple un 12 V et un USB (5 V ; voir plus bas « Caractéristiques d’une sortie USB »). Ils vont tous les deux avoir la même puissance. En effet le panneau 12 V aura une intensité nominale inférieure à celle de l’USB selon un rapport 5/12èmes (théorique). Si le panneau 5 V a une intensité nominale de 500 mA, le 12 V aura une intensité de 210 mA. Ça c’est quand tout est optimal et que tout est égal par ailleurs. Ainsi si vous souhaitez recharger des batteries inférieures ou égales à 5 V, et que vous n’avez pas de batterie tampon 12 V, il est bien plus avantageux de prendre un panneau USB.
- Les panneaux solaires font circuler le courant dans un sens seulement (un panneau est un semi-conducteur, c’est en fait une grosse diode3). Donc quand le soleil se cache, pendant la charge, les batteries ne se vident pas à travers le panneau.
 

Batteries

Elles sont définies par leur voltage, leur contenance4 et leur technologie.
La contenance est exprimée en ampères-heure (Ah) ou en watts-heure (Wh). Le watt-heure est une donnée physique plus pertinente car elle s’abstrait du voltage de l’accu, c’est vraiment une quantité d’énergie. En effet un accu de 5 V et 500 mAh et un accu de 10 V et 500 mAh ne contiennent pas du tout la même quantité d’énergie. Le second accu en contient 2 fois plus. En watt-heure on a cette info en un chiffre : la première batterie fait 2,5 Wh et la seconde 5 Wh.
En gros une batterie de 10 Ah en 5 V peut (enfin si sa construction le permet) sortir du 10 A pendant 1 heure à 5 V, ou du 5 A pendant 2 h, ou du 1 A pendant 10 h, enfin vous avez compris. L’intensité multipliée par la durée est égale à la contenance. C’est le même principe avec les Wh, une batterie de 10 Ah de 5 V contient 50 Wh (10 A x 5 V pendant 1 h). Elle pourra donner 5 W pendant 10 h ou 10 W pendant 5 h, etc.
Leur technologie donne des informations sur la manière de les charger et leurs caractéristiques de décharge.
 

Courant régulé

Les chargeurs des appareils, qui se branchent sur une prise allume-cigare, régulent la charge. En effet une sortie 12 V de batterie de voiture non régulée pour charger un petit accu de moins de 5 V, ça peut faire du dégât… Sur un panneau on a moins ce problème car le courant est « régulé » naturellement (en fait on devrait dire d’intensité limitée) vu qu’on peut voir le panneau comme une source de courant (voir « Comment modéliser un panneau »). Cependant un panneau peut tout de même « sortir » un courant trop élevé pour une batterie donnée et l’endommager. Quand c’est possible, utiliser un chargeur plutôt que de brancher directement la batterie au panneau permet d’éviter cet écueil. Pour charger des accus lithium-ion (li-ion) ou lithium-polymère (li-po), il faut impérativement utiliser les dispositifs adaptés. En effet ces accus ne supportent pas la surcharge et peuvent exploser si c’est le cas.
 

Caractéristiques d’une sortie USB

Un port USB sert à la communication entre l’ordinateur et les divers périphériques. Mais en plus de l’échange d’information, ce port alimente en énergie ces périphériques. Les caractéristiques « énergétiques » d’un port USB sont 5 V et 500 mA maximum, soit 2,5 W (selon la norme). Nous l’avons par exemple mesuré à 5,13 V sur un de nos ordinateurs. Vu que l’on peut recharger de plus en plus d’appareils via USB, c’est tout naturellement que l’on voit apparaître cette connectique sur les panneaux et batteries tampon. Attention cependant, ces éléments peuvent sortir un courant supérieur à 500 mA (voir les caractéristiques du produit en question) et si l’appareil à recharger ne régule pas car il se base sur les 500 mA de la norme, vous pouvez l’endommager. Pour vérifier que ça ne pose pas de problème, regardez les chargeurs de vos appareils, il est mentionné dessus les courants/voltage de sortie. Sinon vous trouverez peut-être l’info des courants maxi sur la documentation technique de votre appareil. Par exemple les chargeurs à connectique USB (à brancher sur le secteur) de smartphone Galaxy SII et SIII ont un courant de sortie continu à 5 V compris entre 700 mA et 1000 mA ; ce qui veut dire que ces smartphones sont capables de se charger avec un courant d’entrée jusqu’à au moins 1000 mA ce qui est bien supérieur aux 500 mA de la norme USB.
 

Branchements

Pour charger une batterie, il faut que le panneau soit capable d’opposer une tension au moins égale à la tension de la batterie. Cependant ça ne pose pas de problème de charger un accu ayant une tension bien plus faible que celle du panneau. Encore une fois, il faut voir le panneau comme une source de courant (bémol cependant, les panneaux équipés d’un condensateur (certains panneaux USB) se comportent plus comme une alimentation classique et peuvent servir un courant assez fort dans une toute petite batterie). La tension de sortie « s’adapte » à l’élément à recharger. C’est l’intensité qu’il faudra en revanche regarder de près.
Soit vous utilisez la connectique fournie et vous ne devriez pas avoir de problème, soit vous essayez d’optimiser vos chargements (pas forcément une bonne idée car on a vite fait de faire des bêtises) ou vous ne disposez pas des chargeurs adaptés et vous êtes forcés de bricoler. Dans ce cas, il vous faudra relier directement la sortie du panneau à votre batterie. Attention car il ne faut pas faire de fausses manips. On peut griller les batteries ou le panneau. Ces manipulations sont à réserver à ceux qui ont un minimum de notions en électricité.
La base : + au + et - au -. Pour recharger une batterie il faut connecter la sortie + du panneau avec la borne + de la batterie, et il faut connecter la sortie - du panneau à la borne - de la batterie. Si vous branchez à l’envers, ce n’est pas bien du tout !
Le court-circuit : en faisant ce type de manip avec des pinces crocodile par exemple, on a vite fait de court-circuiter la batterie par mégarde. Pas bon du tout du tout !!
 

Les temps de chargement

- Si on passe par l’intermédiaire d’un chargeur (conseillé), pas besoin de se préoccuper tout cela, le chargeur est censé gérer. En USB, les appareils gèrent généralement également leur charge eux-mêmes.
Pour les autres :
- Une batterie ayant une contenance4 de n ampères-heures se rechargera avec un courant de charge i en n/i heures. C’est pour avoir un ordre d’idée, et c’est plutôt la borne inférieure, car il y a bien entendu de la perte énergétique durant la charge (chaleur…). On peut compter 20 à 40 % de temps de charge en plus pour compenser ces pertes. Donc pour une batterie vide de 1600 mAh (milliampères-heures), soit 1,6 Ah, il faudra, avec un courant de charge de 500 mA (milliampères), 3,2 h de charge minimum pour la recharger complètement. 1,6 Ah divisé par 0,5 A. On donne ces valeurs car elles sont de l’ordre de ce qu’on rencontre couramment.
- Courants de charge conseillés selon la contenance d’une batterie : l’intensité de charge conseillée et sans risque pour l’accu est de 10 % de la valeur de sa contenance (ce sont deux entités qui n’ont pas les mêmes dimensions au sens physique, donc cette comparaison n’a pas beaucoup de sens en tant que telle mais elle est tout de même bien pratique). On devrait donc charger une batterie de contenance 1200 mAh avec un courant de 120 mA. En fait c’est un peu plus compliqué que ça : on peut charger assez fort (de 50 % à 100 % soit 600 mA à 1200 mA) en début de charge, mais lorsque la batterie est quasi pleine il faut arrêter la charge, ou charger avec les fameux 10 %, soit 120 mA mentionnés plus haut pour notre accu de 1200 mAh. Dès que les accus chauffent significativement (+ de 50°C) il faut arrêter la charge. Évitez de charger en direct un accu li-ion ou li-po (c'est-à-dire en dehors de tout chargeur, en reliant la batterie à la sortie du panneau), il peut exploser si on le charge trop longtemps.
 

Conditions d’utilisation

Le panneau placé perpendiculairement aux rayons donnera son maximum de puissance. Un angle de 45° fait baisser le rendement de 10 % à 30 % selon les panneaux d’après nos mesures. Un angle de 70° le fait baisser de 30 % à 60 %. Un ciel nuageux diminue l’énergie reçue, mais ça vaut le coup de mettre le panneau car il produira tout de même de l’électricité. Par exemple un ciel bien bouché, au moment où les ombres disparaissent la puissance solaire reçue est autour de 200 W/m2. La puissance produite par le panneau baisse alors de 80 % environ. La variation angulaire par rapport au soleil a nettement moins d’influence par temps nuageux (parce que le rayonnement est diffus).
Intensité produite en fonction de l'insolation
Intensité produite en fonction de l'insolation

 

Petites notions utiles pour qui veut charger une batterie en bricolant

- Mise en série de batterie. Pour optimiser la charge il faut que les batteries à charger aient une tension (chargée) un peu inférieure à celle du panneau (sinon le panneau n’a pas la « force » de faire passer les électrons dans la batterie à charger). Pour schématiser, imaginons que vous ayez une batterie de 6 V et 5 accus AA de 1,2 V. Avec un panneau de 12 V (tension nominale), vous pouvez mettre l’ensemble de ces batteries en série, la tension de l’ensemble à recharger sera de 12 V. Le panneau sera utilisé de manière optimale. Si on avait mis d’abord la batterie de 6 V, puis les 5 accus, cela nous aurait pris 2 fois le temps de charge car le panneau aurait été utilisé à 50 % de sa puissance.
Montage en série
- Montage en parallèle : encore dans un souci d’optimisation, on peut charger en parallèle des batteries de même type. Par exemple 2 accus de 9 V branchés en parallèle seront chargés par un panneau de 12 V, l’intensité se repartira entre les deux accus, s’ils ont une résistance interne similaire, le courant se divisera en 2. Ex. : un panneau de 12 V produisant un courant de 800 mA alimentera chaque accu (de 1200 mAh par ex.) de 400 mA. L’intérêt d’un tel montage est de mettre une fois pour toutes plusieurs accus en charge et de les préserver en leur délivrant un courant de charge inférieur.
Montage en série

Utilisation de plusieurs panneaux (usage avancé)

Pour des besoins importants, on pourra mettre les panneaux soit en série, soit en parallèle. Dans les deux cas, on augmente la puissance du système.

a) montage en parallèle
En parallèle, les puissances des panneaux se somment (quelles que soient leurs puissances) : le montage en parallèle de 2 panneaux de 10 W aura une puissance de 20 W ; le montage en parallèle d'un panneau de 10 W et un panneau de 5 W aura une puissance de 15 W.
La mise en parallèle de panneaux permet d'augmenter le courant fourni sans changer la tension. Recharger un accu de 12 V mettra deux fois moins de temps si on utilise deux panneaux de 12 V (de même puissance) en parallèle au lieu d’un seul panneau (en veillant à éviter un courant de charge inadapté car trop fort). Certains panneaux intègrent dans leur connectique cette possibilité de mise en parallèle.

b) montage en série
En série, les puissances ne se somment que si les panneaux ont les mêmes caractéristiques (puissance et tension) : le montage en série de 2 panneaux identiques de 10 W aura une puissance de 20 W.
La mise en série permet d'augmenter la tension d'un système en gardant la même intensité de courant. La mise en série est nécessaire quand la tension du panneau est inférieure à la tension de l’élément à charger : 2 panneaux de 12 V en série fournissent une tension de 24 V. Ainsi, pour alimenter un accu de 24 V avec des panneaux de 12 V, il faut en mettre 2 en série. Il est recommandé d’utiliser des panneaux de même type (même puissance) pour ce montage.
Accu tampon
Un accu tampon de grande « contenance », c’est-à-dire d'au moins 3 ou 4 Ah, adapté au voltage du panneau (pour que la charge soit optimale), peut être chargé durant la journée, en progression, puis on peut s'en servir pour recharger ou alimenter très simplement, le soir venu, les divers appareils électriques. Le montage « journée » est plus simple, on laisse le panneau connecté à la batterie tampon, c’est plus pratique que de connecter les divers périphériques pendant la progression en journée. L'intérêt d'un tel système est aussi de stocker une grande quantité d'énergie qui pourra être mobilisée rapidement, donc alimenter des appareils nécessitant une forte puissance. Par exemple un dessalinisateur, ou recharger un ordinateur portable. Avec un accu tampon, on dispose toujours d'une réserve d'électricité qui peut servir à recharger ou utiliser un appareil n’importe quand, la nuit par exemple. Il est cependant à noter que le rendement d'un tel système est moins bon du fait qu'on a un cycle de charge intermédiaire où forcément de l'énergie sera perdue. Si le voltage des appareils à recharger est très inférieur au voltage du panneau, il est nettement plus rentable d’utiliser une batterie tampon qui a le voltage du panneau et ensuite faire les recharges des appareils depuis la batterie tampon (moyennant que la batterie tampon ait bien des sorties de voltage adapté aux appareils à recharger). En effet charger un appareil qui a la moitié du voltage du panneau fait qu’on utilise le panneau à la moitié de son rendement. On parle de quelques accus tampon dans le test.


Notes :
1) court-circuiter un générateur (pile, batterie, panneau…) consiste à relier sa borne + à sa borne -.
2) rendement : c’est le rendement des cellules de production industrielle que nous mentionnons ici (celles qui nous concerne) ; celles développées en labo ont des rendements bien supérieurs mais les contraintes des coûts de production conduisent à des compromis.
3) diode : élément électronique semi-conducteur d’un circuit électrique, elle ne laisse passer le courant que dans un sens.
4) contenance : on utilise volontairement contenance plutôt que capacité, car en électricité la capacité désigne une autre grandeur.

 

Quelques exemples de batteries

- GPS
Sportiva Twonav : 3,7 V et 1050 mAh
Nombre de GPS fonctionnent avec des piles rechargeables :
Exemple : 2 piles AA = de 2,4 à 3 V et 2100 mAh
- Frontales
Fonctionne souvent avec des piles
Exemple de frontaes compactes : 3 piles AAA = de 3,6 à 4,5 V et 900 mAh
La Petzl Nao : 3,7 V et 2300 mAh
- Appareil photo numérique
Compact Sony HX-10V : 3,6 V et 960 mAh
Reflex Canon EOS 650D : 7,2 V et 1120 mAh
- Caméras légères
Gopro HD2 : 3,7 V et 1100 mAh
Sony HDR-GW55 : 3,6 V et 960 mAh
- Caméra semi-pro
Canon Legria HF G25 : 7,4 V et 960 mAh
Sony NEX-VG30 : 7,4 V et 2060 mAh
- Téléphone mobile
Samsung B2710 : 3,7 V et 1300 mAh
- Smartphone
Samsung Galaxy SII : 3,7 V et 1700 mAh
Iphone 4 : 3,7 V et 1400 mAh
- Tablettes
Ipad2 : 3,7 V et 7200 mAh
Galaxy Tab 10.1 : 3,7 V et 7000 mAh
- Mini-ordinateur
Type eee pc, HP Mini, etc. : 10,8 V et 5000 mAh environ
- Téléphone satellite
Iridium 9555 : 3,7 V et 2200 mAh
- VHF
President PM-2010WP : 7,4 V et 85 mAh

Globalement, à part les minis PC, les caméscopes semi-pro, les appareils reflex et les VHF, tout se charge très bien avec un panneau de faible voltage (type USB 5V) et on aura intérêt à prendre ce type de panneau pour une meilleure efficacité si on n’utilise pas de batterie tampon.

Les divers profils et leurs besoins

Note : si le matériel est utilisé dans les hautes latitudes (Grand Nord / Grand Sud), là (ou quand) où le soleil ne monte pas très haut sur l’horizon, il faudra sans doute un peu surdimensionner les panneaux.

 

Profils/durée

1 weekend

1 semaine

Quinze jours

1 mois et plus

frontale

rien

rien

Piles de rechange

Éventuellement un petit chargeur solaire de piles (qu’il faudra prendre dans les configurations ci-dessous également)

+ téléphone/appareil photo numérique

Rien ou une toute petite batterie tampon pour recharger le portable

Panneau USB ou une batterie tampon préchargée

Panneau USB + éventuellement une batterie tampon

Panneau USB + batterie tampon pour le confort d’utilisation

+

GPS/caméra embarquée

Rien ou une batterie tampon moyenne

Un petit panneau USB pour charger les éléments qui montrent des signes de faiblesse + éventuellement une batterie tampon de moyenne contenance et/ou chargeur de piles

Panneau USB + batterie tampon pour le confort d’utilisation

1 ou 2 panneaux USB + batterie(s) tampon(s) pour le confort d’utilisation, ou un panneau 12 V 10 W minimum et une batterie tampon 12 V

Avec des éléments à plus de 5 V :

 

 

 

 

+

APN reflex, VHF et/ou caméscope

Batterie(s) tampon(s) 12 V contenance moyenne

Panneau 12 V de 10 W minimum avec batterie(s) tampon(s) 12 V moyenne contenance

Panneau 12 V de 10 W minimum avec batterie(s) tampon(s) 12 V moyenne contenance

Panneau 12 V de 10 W minimum avec batterie(s) tampon(s) 12 V moyenne contenance ou grande contenance pour plus de confort

+ Utilisation intensive matériel pro (caméra / reflex / ordinateur…)

Batterie(s) tampon(s) 12 V préchargée(s) à la maison, type Sustain (73 Wh)

Panneau 12 V de 20 W minimum avec batterie(s) tampon(s) grande contenance (Sustain minimum)

Panneau 12 V de 20 W minimum avec batterie(s) tampon(s) grande contenance (Sustain minimum)

Panneau 12 V de 20 W minimum avec batterie(s) tampon(s) grande contenance (Sustain minimum)


Voir aussi le comparatif de panneaux solaires portables et batteries tampon :

Comparatif panneaux solaires

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