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Cévennes : guide pratique

par La Rédac
14 mars 2023
mis à jour 11 avr. 2023
783 lecteurs
Lecture 5 min.

Malgré leur identité forte, il est difficile de cerner les contours des Cévennes. Entre Gard, Hérault, Lozère et Ardèche, elles font partie intégrante du Massif central, encadrées par la vallée du Rhône à l'est, la plaine du Gard au sud, les Grands Causses à l'ouest et le Velay-Vivarais au nord. Elles forment une chaîne de basse et moyenne montagne, escarpée, constituée de nombreuses vallées encaissées et profondes séparées par des crêtes abruptes saillantes.

Le paysage reste marqué par son exploitation passée en terrasses, ses drailles (chemins de transhumance des moutons), et ses murs en pierres sèches pour la culture des vignes, des oliviers, de la châtaigne, de l’oignon doux et du mûrier. Les Cévennes furent en effet un haut lieu de la production de la soie (et des bas). De nombreuses magnaneries et filatures subsistent dans le paysage. Maquis, toits en lauze, habitat dispersé et grands mas, jasses (bergeries) d’altitude, vastes plateaux en pelouses et vallées forestières, mouflons et vautours fauve, brumes et brouillards d’altitude complètent le décor cévenol.

Les itinéraires correspondent aux récits du dossier publié dans CA71
Carte : Thibault Pluvinage
Les itinéraires correspondent aux récits du dossier publié dans CA71
Carte : Thibault Pluvinage

Le parc

Elles abritent depuis 1970 le parc national des Cévennes, l'un des deux seuls de métropole dont le cœur est habité et exploité par des résidents permanents (agriculture et chasse). Sa particularité est donc de concilier développement des activités humaines et protection du monde sauvage. Il s’étend sur quatre entités géographiques distinctes : à l'ouest les fameux plateaux calcaires des Grands Causses (causse Méjean et gorges du Tarn et de la Jonte), à l'est les vallées cévenoles schisteuses (vallées des gardons), au nord le mont Lozère (culminant au sommet de Finiels à 1699 m) et au sud le massif de l’Aigoual, tous deux granitiques.
Au sein de la zone cœur du parc, marquée par une signalétique spécifique, une réglementation particulière s’applique. Rappelons simplement ici que le bivouac est autorisé à proximité des sentiers balisés de 19h à 9h (certains tronçons de GR et GRP particulièrement sensibles l’interdisent complètement, bien consulter les cartes disponibles sur cevennes-parcnational.fr), et que le survol y est interdit sous 1000 m.
Le parc est également labellisé Réserve Internationale de Ciel Étoilé depuis 2018. Cela signifie que son territoire jouit d’un ciel d’une « qualité » exceptionnelle et qu’il fait l’objet d’une mise en valeur à des fins scientifiques, éducatives, culturelles, touristiques ou dans un but de préservation de la nature. La noirceur naturelle y est, de fait, préservée au maximum.

Climat

Région rude aux contrastes très forts, les Cévennes jouissent d’un climat méditerranéen qui devient progressivement montagnard avec l'altitude. Il se caractérise par de fortes précipitations aux équinoxes (surtout en automne) et une sécheresse estivale parfois importante. L’on connaît les fameux « épisodes cévenols », ces pluies diluviennes accompagnées d'orages très localisés, qui durent de quelques heures à quelques jours. Ils sont principalement dus à la rencontre entre l'air froid arrivant de l'Atlantique sur l’ouest des reliefs cévenols, et l'air chaud et humide du sud remontant de la Méditerranée. En hiver, les chutes de neige peuvent y être très importantes. Par conséquent, le réseau hydrographique des Cévennes est très dense, d'où le surnom de château d'eau qui lui est associé.

Accès

Connue pour sa très faible densité de population et son habitat dispersé, la région est aussi marquée par l’absence de grands axes routiers, et seule une ligne ferroviaire la traverse sur son flanc est (Nîmes-Clermont-Ferrand). Les transports en commun y sont, de fait, assez peu développés. On accède cependant facilement aux portes des Cévennes par les gares d’Alès, Mende, Villefort, Marvejols, Génolhac ; une ligne de bus régulière relie Mende à Florac, une ligne saisonnière (avril à octobre) Alès à Florac, et des navettes estivales rejoignent les gorges du Tarn et le mont Lozère.

Sur le chemin de Stevenson. Alentours du mont Lozère.
Photo : Antoine Bonino
Sur le chemin de Stevenson. Alentours du mont Lozère.
Photo : Antoine Bonino
Photo : Gwenc'hlan Poisson
Photo : Gwenc'hlan Poisson
Forêt de Ramponenche. Sur la GTMC près de Florac.
Photo : Guillaume Hermant
Forêt de Ramponenche. Sur la GTMC près de Florac.
Photo : Guillaume Hermant
Causse Méjean. Chapelle Saint-Côme, sur le chemin de Saint Guilhem.
Photo : Patricia Bonvoisin
Causse Méjean. Chapelle Saint-Côme, sur le chemin de Saint Guilhem.
Photo : Patricia Bonvoisin
Sources du Tarn, mont Lozere.
Photo : Marianne Roche
Sources du Tarn, mont Lozere.
Photo : Marianne Roche

Sans moteur

Une excellente façon de se déplacer et de découvrir les Cévennes est donc l’itinérance sans moteur pour profiter pleinement de ses espaces sauvages. De ce point de vue, elles ne manquent pas de « grands axes » balisés pour les randonneurs à pied ou à deux roues, puisqu’elles sont traversées entre autres par le GR70 chemin de Stevenson, le chemin de Saint Guilhem, le GR6 et la GTMC (Grande Traversée du Massif Central, balisée VTT avec nombreuses sections parcourables en gravel, mais que l’on pourra arpenter aussi à pied ou à cheval). En guise de réseau secondaire, on peut compter sur les drailles, ces chemins de transhumance ancestraux. Pour le VTT, il faut plutôt se tourner vers les causses et aimer les « bosses ». Et comme le malheur des uns fait parfois le bonheur des autres, côté goudron, les petites routes peu fréquentées raviront les cyclistes et les cyclovoyageurs, à condition d’aimer les cols en enfilade. La fameuse corniche des Cévennes (route des crêtes cévenole, 50 km de Florac à St-Jean-du-Gard) est la plus emblématique, mais aussi la plus fréquentée (motards compris). Escalade, via ferrata et activités en eau vive (canoë, kayak, canyoning) complètent la palette, entre autres dans les nombreuses gorges (Tarn, Jonte, Bramont, Chassezac, Gardon…). La zone de Millau est réputée pour le vol libre. Enfin, en hiver, les monts Aigoual et Lozère, auxquels on ne pense pas forcément de prime abord et pourtant bien enneigés, offrent un beau terrain de jeu pour le ski de randonnée nordique et les raquettes.

Histoire

Les Cévennes sont une terre de Réforme, de refuge et de résistance. Au XVIe siècle, beaucoup de protestants, proscrits du royaume de France par la révocation de l’édit de Nantes (1685) se sont réfugiés en terre cévenole, difficile d’accès. Ils seront ces camisards résistants à la guerre menée par la royauté à partir de 1702 pour venir à bout des hérétiques. Dans les années 1970, ce sont des centaines de soixante-huitards en recherche d'un autre mode de vie, ceux qu’on appelle encore là-bas les « néos », qui s’installent dans les hameaux les plus reculés et restaurent de vieilles bâtisses abandonnées. Les Cévennes attirent encore aujourd’hui des citadins en reconversion vers une vie de retour à la terre, héritiers en quelque sorte de cette première génération 68.

Finiels, sous le col du même nom.
Photo : Gilles Peltier
Finiels, sous le col du même nom.
Photo : Gilles Peltier
Montredon, village de José Bové sur le causse du Larzac.
Photo : Gilles Peltier
Montredon, village de José Bové sur le causse du Larzac.
Photo : Gilles Peltier
Dans le massif du Carroux.
Photo : Sébastien Michel
Dans le massif du Carroux.
Photo : Sébastien Michel
Pont romain de Grizac sur la GTMC.
Photo : Samuel Hubert
Pont romain de Grizac sur la GTMC.
Photo : Samuel Hubert
Genêts en fleurs. Odeurs enivrantes au printemps, véritable madeleine de Proust de la nature.
Photo : Gwenc'hlan Poisson
Genêts en fleurs. Odeurs enivrantes au printemps, véritable madeleine de Proust de la nature.
Photo : Gwenc'hlan Poisson
Signal du Bougès. Le cœur des Cévennes, « un pays d'inextricables montagnes bleues » disait Stevenson.
Photo : Gwenc'hlan Poisson
Signal du Bougès. Le cœur des Cévennes, « un pays d'inextricables montagnes bleues » disait Stevenson.
Photo : Gwenc'hlan Poisson
Voyage vertical. Les gorges de la Jonte, de la Dourbie et du Tarn sont un véritable paradis pour le grimpeur.
Photo : Olivier et Johanna.
Voyage vertical. Les gorges de la Jonte, de la Dourbie et du Tarn sont un véritable paradis pour le grimpeur.
Photo : Olivier et Johanna.
Le Tarn
Le Tarn
Le Tarn
Le Tarn
Photo : Gwenc'hlan Poisson
Photo : Gwenc'hlan Poisson
Photo : Gwenc'hlan Poisson
Photo : Gwenc'hlan Poisson
Photo : Philippe Jacq
Photo : Philippe Jacq
Photo : Philippe Jacq
Photo : Philippe Jacq
Col de Finiels, mont Lozère. Les montjoies jalonnent la draille.
Photo : Philippe Jacq
Col de Finiels, mont Lozère. Les montjoies jalonnent la draille.
Photo : Philippe Jacq

Liens

Le parc national
Transports en commun : mestrajets.lio.laregion.fr et alesy.fr
GTMC 
GR70 chemin de Stevenson : chemin-stevenson.org et mongr.fr

 

Inspiration

Alain Godon, Cévennes, les plus belles randonnées, Glénat, 2e éd., 2023

Les récits du dossier publié dans Carnets d'Aventures 71. : Tour du mont Lozère à VTT avec un bébé, Sur les pas de Stevenson avec un âne, 18 cyclo-lurons sur les routes

Les carnets MyTrip dans les Cévennes.