Les points culminants de l'UE

par Alexis dans Destinations 11 juin 2014 mis à jour 27 juin 2014 5762 lecteurs 2 commentaires (partager)

Compléments à l'article paru dans CA 36 (juin-août 2014) : l'Europe par "les hauts"

Sur un petit chemin de traverse en Slovénie

Voici la liste des 18 sommets de l'UE (sur 28) gravis entre 2006 et 2013 par les membres de l'association Oxygène, avec quelques infos supplémentaires sur chaque sommet pour ceux que l'aventure tenterait !

  • Signal de Botrange (Belgique) 694 m : Une plateforme au bord de la route (!) mais dans une région très belle et sauvage, les Fagnes.
  • Rysy (Pologne) 2499 m : dans le massif des Tatras, le sommet est sur la frontière avec la Slovaquie, une via ferrata « rustique » permet chaque année à des milliers de polonais de fouler le sommet.
  • Gerlach 2654 m (Slovaquie) : également dans les Tatras, un sommet très alpin, la voie normale comporte pas mal de passages d’escalade avec un cheminement pas évident. L’escalade est interdite sans un guide local.
  • Buurgplaatz 559 m (Luxembourg) : Une colline verdoyante. De nombreux itinéraires à vélo sympas et vallonnés.
  • El Teide 3718 m (Espagne) : Un volcan (presque) éteint au beau milieu d’une gigantesque caldera. Si on fait abstraction du télésiège qui monte (presque) jusqu’au sommet, c’est un endroit très sauvage.
  • Vaalserberg 321 m. (Pays-Bas) : point triple frontière entre l'Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas, une route monte jusqu’au sommet où on trouve restaurant, bazar, etc…
  • Zugspitze 2962 m (Allemagne) : Sommet du massif calcaire Wetterstein à la frontière autrichienne. Une très belle et longue via ferrata permet d’en atteindre le sommet malheureusement occupé par un relais hertzien, une arrivée de téléphérique et des plateformes en tout genre.
  • Grossglockner 3797 m (Autriche) : Dans le massif des Hohe Tauern. La voie normale est une course mixte sans grandes difficultés mais très sympa.
  • Snezka 1602 m (République tchèque) : À la frontière polonaise. Attention à la météo qui en hiver peut être dantesque…Nous avons fait l’ascension en ski de fond dans une neige de cinéma.
  • Mont Blanc 4810 m (France) : On ne présente plus la voie normale, par contre celle qui part de Saulxures-lès-Nancy est moins connue et fréquentée.
  • Mont Olympe 2917 m (Grèce) : En fait l’Olympe est un petit massif dont le point culminant est le Myticas. La partie sommitale peut être délicate par mauvais temps. Nous y sommes allés en automne et une tempête de neige nous a obligés à nous rabattre sur son voisin le Skolio, moins haut de quelques mètres.
  • Kebnekaise 2117 m (Suède) : Facile en été, plus compliqué au printemps en ski de rando. L’orientation, la météo extrêmement changeante, le froid, les dangers d’avalanche demandent quelques précautions.
  • Grand Paradis 4061 m (Italie) : Quel est le point culminant de l’Italie ? Pour les Italiens, c’est le mont Blanc ça ne fait aucun doute, pour la France c’est le mont Blanc de Courmayeur, une antécime toute proche du mont Blanc. Comme on ne voulait ni trancher, ni refaire une deuxième fois le mont Blanc, on a choisi d’aller au Grand Paradis, le seul 4 000 entièrement italien de tous les côtés.
  • Carrauntuohill 1038 m (Irlande) : Sommet sauvage où l’orientation peut être problématique par temps de brouillard, ce qui est relativement fréquent au pays de la Guiness.
  • Musala 2925 m (Bulgarie) : Quel dommage que ce superbe sommet (nous y sommes allés en ski de rando) ne soit pas enfin débarrassé de ses câbles inutiles : peut être une idée de chantier « installations obsolètes » pour Mountain Wilderness ?
  • Moldoveanu 2543 m (Roumanie) : une longue randonnée de deux jours (où il faut de temps en temps poser les mains) permet d’atteindre cette sauvage montagne du massif des Făgăraș
  • Triglav 2863 m (Slovénie) : Vertigineux sommet du bout du bout des Alpes, il n’y a pas vraiment d’itinéraire facile. La via ferrata de l’arête Sud permet un bon compromis entre difficulté et fréquentation, car il faut dire que pour les Slovènes le Triglav est quasiment un lieu de pèlerinage.
  • Chionistra (ou mont Olympe) 1951 m (Chypre) : On est au bout de l’Europe, plus près du Moyen Orient que de Bruxelles ou Strasbourg. Les Anglais ont rendu leur île aux Chypriotes mais ils n’ont pu s’empêcher de garder le point culminant pour y installer un énorme radar…Les nombreux endroits encore sauvages de l’île compensent la vue des barbelés au sommet.

Et surtout allez voir le petit film hilarant qu'ils ont réalisé suite à leur ascension du mont Blanc depuis Saulxures-lès-Nancy à vélo !

Le sommet de la République tchèque

Le Snezka, sommet de la République tchèque

Commentaires
posté le 14 juin 2014
Thierry
Un petit bonus :

La Laponie ce n’est plus ce que c’était...

Quelques années plus tard, par une maussade et humide journée d’avril, un autocar régulier de la Länstrafiken Norrboten nous dépose avec nos skis à Nikkaluokta, un petit hameau habité par une famille sàmi situé à 200 km au nord du cercle polaire. Les Sàmi constituent ce peuple qu’on appelle aussi Lapons, un terme à oublier puisqu’il signifie “porteur de haillons”, en suédois, pas vraiment représentatif de la richesse de leurs habits traditionnels et de leur culture en général. Une culture et des territoires de plus en plus menacés par le boum minier (fer) qui fait rage dans cette région.
Deux jours avant, nous montions dans le train à Pont-à-Mousson en Lorraine, nos skis d’une main, notre carte Interrail de l’autre. Pont-à-Mousson - Nikkaluokta c’est 5 changements (seulement !) et quel plaisir de voir défiler une bonne partie de l’Europe, confortablement installés sur nos banquettes, de lire pour les uns, faire les devoirs de classe pour les plus jeunes et de passer deux nuits bercés par le ballottement du train qui file droit vers le Nord. Et en plus il paraît que c’est bon pour notre bilan carbone, par contre pas pour le porte-monnaie car paradoxalement, dans une Europe qui prétend vouloir se “décarboner”, le train est toujours plus cher que l’avion.
Tiens ! Prends ça dans ton bilan carbone !
La suite du programme (comme nous l’imaginions) : se rapprocher skis aux pieds du Kebnekaise, point culminant de la Suède, pour en tenter l’ascension. Comme certains d’entre nous ont peu de vacances, nous avons prévu de faire les deux premières étapes en une : 30 bornes skis aux pieds ça ne va pas nous faire peur quand même. Mais comme nous ne voulons surtout pas d’ennui avec la DASS, les enfants, 4 pov’ gosses dont les copains sont sans doute dans la file d’attente de Disneyland à l’heure qu’il est, auront le droit de prendre la chenillette (régulière) jusqu’au refuge du Kebnekaise, à peu près à mi-chemin de notre objectif du jour, le refuge de Singi.
La suite du programme (comme elle s’est réellement déroulée) : en nous installant dans les confortables bungalows de Nikkaluokta, nous apprenons que la chenillette “régulière” a fait son dernier trajet de la saison… aujourd’hui ! Mais pourquoi donc ? Parce que l’immense lac gelé, seul passage durant l’hiver, est en train de dégeler.
- Aïe… et il y a quoi d’autre comme solution ?
- L’hélico… ”régulier” lui aussi….
Aïe, aïe, aïe... mais on ne passera jamais dans Carnets d’Aventures si on prend l’hélico ! Oui mais on est venu jusqu’ici en train… quand même ?
Un ragoût d’élan plus tard, la décision qui fait mal - au bilan carbone et au porte-monnaie - est prise : les gamins dans l’hélico avec quelques adultes volontaires - non pas tous les adultes, faut pas exagérer quand même ! -, pour les autres réveil à 4:00 pour un départ à l’aube skis aux pieds.
Le lendemain, en début d’après-midi, au refuge du Kebnekaise, la jonction entre les deux groupes est faite. Les uns ont encore le sourire jusqu’aux oreilles de leur baptême de l’air imprévu, les autres tentent de sécher leurs affaires après quelques bains forcés dans le lac. C’est vrai qu’il dégèle ce lac…

Blizzard ? Vous avez dit blizzard ?

C’est plus tard que la tempête s’est levée…
Agathe, la benjamine, 6 ans, a droit à un régime de faveur. Enfin, c’est ce qu’elle pensait au début : une place dans la pulka que les grands tirent à tour de rôle. Toute la petite troupe s’était entraînée quelques semaines auparavant, dans les Alpes, à gérer le traîneau de la princesse… par beau temps.
Le vent, de face bien sûr, est de plus en plus fort à l’approche du petit col qui nous sépare de la vallée où se trouve le refuge. Même si le ciel est relativement clair, on a la désagréable impression d’avancer derrière une fraise à neige. La pauvre Agathe, au ras du sol dans sa pulka, a le visage crépi par la poudreuse, jusqu’au moment où un bac+12 du groupe pense à l’installer dans l’autre sens. Elle s’endort presque instantanément en rêvant sans doute de la grande parade à Disneyland. La suite semble interminable mais les jeunes font preuve d’une ténacité assez incroyable, méritant un accueil triomphal par le gardien du refuge ainsi que les quelques suédois présents ce soir-là. Personne ne comprend vraiment ce que l’autre raconte, mais l’ambiance est à l’euphorie. On a tous l’impression d’avoir passé le cap Horn sur un pédalo et la soupe est si chaude...
Le lendemain la tempête fait rage, personne ne bouge du refuge, sauf pour aller chercher de l’eau à la rivière en contrebas ou bien fendre le bois indispensable au chauffage du refuge. Le soir venu, le vent tombe, le ciel se déchire, tout le monde sort pour profiter des lumières irréelles typiques sous ces latitudes. On aperçoit les contreforts du Kebnekaise dans le lointain. Quelques jours plus tard, mettant à profit une accalmie aussi fugace que relative, les plus expérimentés de l’équipe en feront la longue ascension à skis. Mais ce soir, voir les gamins chahuter dans la neige entre les huttes sàmi, qui une fois le printemps venu accueilleront de nouveau les éleveurs de rennes et leurs immenses troupeaux, est un bonheur rare. À l’heure qu’il est, quelques milliers de kilomètres plus au sud, les portes de Disneyland doivent fermer…

Thierry
Invité (utilisateur non inscrit)
posté le 15 juin 2014
Johanna Nobili
Merci Thierry !
Invité (utilisateur non inscrit)