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par David Manise
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La survie dans le monde réel

Récit condensant l’expérience et les « lessons learned » de dizaines de cas vécus. Et qui tord le cou à l’approche dominante de la survie… 

Par David Manise, « grand manitou » au CEETS (Centre d'Etudes et d'Enseignement des Techniques de Survie)
Dessins : Thibault Pluvinage

 

Je suis parti pour ma rando un peu tard. Comme la météo n’était pas trop chaude, je me suis dit que ça irait, mais bon j’ai quand même un peu tiré sur la machine en début d’après-midi. J’ai eu chaud pendant la marche, côté sud, dans les pierriers. J’ai changé de versant et j’ai passé quelques névés en serrant les fesses, mais ça l’a fait. J’aurais dû prendre un piolet quand même. J’arrive au sommet. Je fais un selfie. Je veux le poster mais pas de réseau. Pas grave. Je posterai en rentrant tout à l’heure. D’ailleurs je vais descendre vite : il est passé 18h. J’ai mis quatre heures trente à monter. Je vais finir à la frontale. Je referme le sac, je serre les bretelles, je pars.

Côté nord, l’ombre est déjà installée. Le vent a tourné. Le t-shirt trempé de la montée commence à être froid, alors j’enfile le coupe-vent par-dessus. Je presse le pas, parce que la lumière baisse et que le bivouac n’est pas dans le programme. Et c’est là que je l’aborde, ce névé. Plus glissant qu’à la montée. La neige s’est un peu durcie. À la descente, c’est plus chiant. Et je glisse. Je pars sur le dos, je tape, j’essaie de freiner avec les mains et le bâton, mais le bout de celui-ci, ultraléger, se casse et je m’arrête trente mètres plus bas dans les cailloux du pied de la pente. La cheville droite n’a pas du tout aimé. Les paumes et la pulpe de mes doigts non plus : la neige cristallisée qui fait son boulot de papier de verre, résultat, dix doigts qui saignent. À vif. Le t-shirt et le pantalon sont gorgés de neige fondue.

... et la suite ?