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par Julien Gobillot
mis à jour 10 avr.
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Un col, un pic

Les voyages à vélo font parfois germer de beaux projets. L’été 2024, avec Marjo et Julien, deux amis grimpeurs, nous avons remonté la vallée de la Durance en longeant la rivière, au pied des Écrins, et en nous arrêtant sur différents sites pour grimper. Le principe était simple : se déplacer uniquement à vélo, porter notre matériel, et composer avec le terrain, la météo et la fatigue. Une expérience qui marque un vrai tournant dans ma vie de moniteur d’escalade.
Au départ d’Embrun, les péripéties et les premiers apprentissages n’ont pas tardé. Leçon n°1 : trouver son équilibre. Chargés comme des mules, pas évident de gérer le poids et l’organisation du matériel sur le vélo ; une manœuvre un peu serrée avec des piétons a failli envoyer Marjo au sol dès les premiers mètres. Leçon n°2 : adapter sa pratique à la météo. Notre premier objectif était une grande voie au Ponteil sur les hauteurs de Saint-Crépin. Après une heure de marche d’approche et près de 600 m de dénivelé dans une très belle forêt, nous arrivons au pied de la falaise, exposée plein sud. Au cœur du mois de juillet, la chaleur a rapidement eu raison de nos ambitions. J’ai renoncé à grimper pour aller nous ravitailler au village, et mes deux comparses ont rendu les armes après deux longueurs. Le lendemain, à la Roche-de-Rame, un guide croisé par hasard nous a confirmé que le Ponteil est surtout un spot… d’hiver. Leçon n°3 : une fois les deux premières leçons maîtrisées, profiter ! La suite du voyage a été plus fluide. Les gorges de la Roche-de-Rame offrent un cadre idéal pour grimper au frais, avec une grande voie superbe et très peu fréquentée. La descente se fait par une ancienne voie romaine, un moment marquant pour moi : savoir que je marche là où d'autres cheminaient 2000 ans plus tôt. Nous avons passé deux jours sur place, alternant grandes voies, couennes au bord de l’eau et bivouac près d’un lac. Nous avons aussi beaucoup apprécié le Rif d’Oriol, un site magnifique dans des gorges étroites et une roche aux couleurs incroyables.
Nous avons poursuivi jusqu’à L’Argentière-la-Bessée avant de redescendre la vallée. Longer ainsi la Durance nous a donné envie de la descendre en kayak. Nous nous sommes donc offert les services d’un guide pour découvrir au plus près cette rivière puissante et son eau turquoise, un terrain totalement nouveau pour nous.
De retour à la maison, je me suis lancé dans une autre aventure : la création de UnCol’UnPic pour mettre ma pratique de l’escalade et mon travail en phase avec mes valeurs : allier plaisir de la grimpe et mobilité douce, à vélo essentiellement.

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