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par Pierre-Thibaut
publié le
il y a 1 heure 7mn
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Marcher pour se reconstruire

Il y a un an, j’ai dû arrêter de travailler à cause de mon handicap : je suis né avec seulement trois doigts à chaque main, et des douleurs articulaires évolutives. Mais je me suis rendu compte que bouger me faisait du bien. J’avais besoin de vivre quelque chose de fort, alors j’ai décidé de partir marcher à travers la France et un peu plus. Je me suis fixé un premier objectif, 10.000 kilomètres. Et comme on m’a toujours dit que tous les chemins mènent à Rome, la capitale italienne est devenue mon deuxième objectif. Avec ma chienne Spicy, nous nous sommes entraînés pendant deux mois sur le GR34 en Bretagne où je vivais alors, le temps de préparer notre itinéraire et nos sacs pour deux années d’aventure. Oui, Spicy porte aussi ses affaires ! Nous avons commencé notre périple dans le nord des Vosges et rejoint Saint-Tropez en traversant plusieurs massifs montagneux. Puis nous avons poursuivi en Corse et en Sardaigne pendant l’hiver. Nous avons adoré le côté sauvage de ces îles, cette sensation de liberté et cette solitude ponctuée de magnifiques rencontres. Ensuite, nous avons rejoint la frontière belge en voiture pour entamer une nouvelle étape : suivre l’intégralité du littoral français jusqu’à la frontière espagnole, puis emprunter le chemin de Compostelle avant de prendre la direction de Rome. Avec Spicy, nous formons une véritable équipe. Nous nous protégeons mutuellement et prenons soin l’un de l’autre. Un jour, elle a repéré une tique qui montait sur ma jambe. Elle l’a délicatement attrapée avec sa langue avant de la recracher. Ce jour-là, j’ai compris que nous ne faisions qu’un. Cette aventure est devenue ma bouée de sauvetage. Elle m’aide à dépasser mon handicap et à affronter mes peurs. Grâce à l’AAH (Allocation aux Adultes Handicapés), je subviens à mes besoins alimentaires et j’ai lancé une cagnotte en ligne pour compléter mes dépenses matérielles (essentiellement ressemelage et nouvelles chaussures tous les 1500 km environ, campings pour me reposer ou quand je ne peux pas bivouaquer). Chaque jour, je découvre qu’il est possible d’être heureux avec très peu de choses. Je ne possède plus rien, mais je me sens plus riche que jamais. Dans les moments un peu plus durs, je fais mien l’adage qui dit qu’il n’y a ni problème ni difficulté, que des solutions. J’ai toujours rêvé de découvrir mon pays, et aujourd’hui, je me répète souvent la même phrase : qu’est-ce que la France est belle ! À travers de petites vidéos que je réalise régulièrement, j’essaie de partager ce que nous vivons au quotidien : les paysages, les rencontres, les joies et cette incroyable liberté que procure cette aventure.

Pierre-Thibaut
@Marche Partage Vie