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Laissez-vous conter la Bulgarie

publié le
12 déc. 2023
787 lecteurs
Lecture 3 min.

Un voyage en 3 actes commencé en juin 2022.

Présentation

« Ce n’est pas à la Bulgarie que l’on pense lorsqu’on parle de tourisme dans les Balkans ».

C’est ce qui m’a été répondu lorsque j’ai évoqué mon envie de la parcourir à vélo. Mon père y avait conduit de nombreux voyages lorsqu’il était guide conférencier, je lui ai donc demandé de me tracer un itinéraire avec les lieux à voir et ceux qui l’avaient particulièrement touché. Et parce que mon travail est de filmer et documenter, j’ai enregistré sa voix pour en faire le narrateur de mon futur film. En m’appuyant sur le témoignage de mon paternel, je suis donc parti à vélo – ce formidable outil de communication qui permet de vraiment sentir le paysage – interroger la place du tourisme en Bulgarie pour tenter de redorer son image aux yeux de mes compatriotes. Voire – soyons fous – de leur donner envie de s’y rendre à leur tour !
Un séjour en trois actes – du centre à la plaine de Thrace, du nord du Danube à la mer Noire, du sud de l’extrémité est aux Rhodopes – dont les deux derniers restent encore à écrire.
J’ai déjà pu apprécier la variété des paysages bulgares, de Sofia la moderne à Koprivshtitsa la rustique et de la vallée des roses aux piémonts du Balkan, la richesse du patrimoine, la gentillesse des habitants et faire mes premiers apprentissages de terrain :

  • Communication : pour dire « oui », les Bulgares font « non » de la tête. Quiproquos assurés quand on n’est pas prévenu !
  • Économie : c’est malheureusement l’un des pays les plus pauvres d’Europe.
  • Patrimoine : c’est le berceau de l’Europe, les nombreux vestiges de la civilisation des Thraces sont peu à peu mis en lumière par le gouvernement.
  • Routes : ça roule vite ! Mais hormis quelques frayeurs avec les camions, les automobilistes font généralement attention aux cyclistes.
  • Allemansrätt* bulgare ? À Sofia, Lubomir Popyordanov, patron de l’agence Odysseia-in, m’a confié qu’à la différence de la France, le concept de propriété sur les espaces naturels n’existe pas en Bulgarie. Un paradis pour VTTistes et le bivouac !

J’aurais dû repartir cet été 2023, mais mon père s’en est allé au mois d’août, alors je reprendrai la route cet hiver, avec toujours sa voix pour me guider.
« Mersi ! », comme il se dit couramment là-bas, est le titre du film. Le bulgare emprunte plus d’une centaine de mots au français, comme une preuve supplémentaire des liens qui unissent nos deux pays, par-delà les siècles et les géographies. Comme un hommage aussi à mon père qui a su me communiquer sa passion pour ces terres et m’a transmis deux qualités : la curiosité et la capacité à s’émerveiller. À mon tour d’en faire profiter celles et ceux qui s’intéresseront à ce projet !

Olivier

@MERSI - le filmkisskissbankbank

* Allemansrätt : droit d'accès à la nature commun aux pays scandinaves permettant à tout un chacun de profiter de la nature et de ses fruits, indépendamment des droits de propriété.

Choumen, le 20 décembre 2023

« Il y en a un autre qui roule le long du Danube mais il est passé il y a quelques jours déjà ».

On serait donc au moins deux à pédaler par ici. C’est Boris Begamov, que je rencontre dans un café de Sofia, qui me l’apprend. Le créateur de la Dunav Ultra, cet itinéraire qui s’adosse à l’Eurovelo 6 et traverse la Bulgarie d’ouest en est sur quelque 740 km en longeant le Danube, est quelque peu dubitatif en ce qui concerne mon projet. Il faut dire que je suis chargé comme une mule et au moins aussi têtu vraisemblablement, puisque j’ai prévu, cet hiver, de remonter de la capitale bulgare vers le nord d’abord, malgré des conditions météorologiques… incertaines. De là, j’emboîterai le pas, ou plutôt la roue, de cet autre, jusqu’à Roussé, face à la Roumanie, pour repiquer vers Varna sur les rives de la mer Noire, avant d’entamer mon trajet de retour en passant cette fois plus à l’intérieur du pays.
J’en suis justement là de mon petit périple à l’heure où je vous écris pour vous dire que le second volet du projet « Mersi ! », ce film que je réalise à partir du témoignage de mon père, est en passe d’aboutir.
Mon ambition : montrer à quel point la Bulgarie est une destination de choix, en toute saison, pour qui souhaite découvrir la richesse de ses paysages, de son histoire tumultueuse et goûter à la gentillesse et l’hospitalité de ses habitants.
Contre toute attente, les pneus à clous s’avèrent pour l’heure inutiles et restent donc sur le porte-bagages qui supporte également mon matériel de tournage et mon nécessaire de bivouac. Côté images, les cartes qui contiennent les heures de rushes déjà tournées sont devenues mon bien le plus précieux et s’il m’arrive d’abandonner ma monture pour assurer des prises de vue, celles-ci ne me quittent jamais.
Il me faudra revenir ici une troisième et dernière fois pour achever ce projet (et couvrir cette fois la partie sud du pays), mais c’est une autre aventure qui s’écrira alors.
Pour l’heure, à toute l’équipe de Carnets d’Aventures pour s’être fait l’écho de mon projet, du fond du cœur : mersi !