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par Nico Salvi
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En kayak, du Jura à la Méditerranée

C’est en révisant la géographie avec mes enfants que l’idée m’est venue : et si je rejoignais la Méditerranée en kayak depuis la source du Doubs où j’habite ? Aussitôt dit, aussitôt programmé, je me réserve un mois de congé en juillet pour réaliser cette aventure et m’inscris au club de kayak pontissalien dès le printemps pour me préparer techniquement.

Doubs

Malheureusement, la sécheresse m’oblige à me mettre à l’eau à une dizaine de kilomètres de la source, au lac Saint-Point, que je rejoins tout de même à VTT au plus près de la rivière pour la symbolique (et je suis revenu naviguer cette portion en décembre). La première journée se fait donc en terrain connu. Le grand saut a surtout lieu le lendemain : je pars avec deux barres énergétiques, un litre d’eau et un plat lyophilisé, je verrai le reste sur place, j’aime improviser ! Déjà, les paysages sont époustouflants et très sauvages. Je plante ma tente chaque soir au bord de l’eau. Martins-pêcheurs, hérons, truites et brochets deviennent mes compagnons de voyage. À Saint-Hippolyte, là où le Doubs amorce son demi-tour vers le sud, le doute s’installe, le courant est fort après trois jours de pluie. Au total je passerai 150 barrages allant du facile au franchissement extrêmement dur. Je tire parfois les 45 kg du bateau chargé à bout de bras ou avec une corde dans des pentes raides pour débarquer. Mais je me motive et repars toujours. Et je peux compter sur les amis qui me rejoignent pour naviguer les derniers kilomètres doubiens et fêter ensemble cette première étape : neuf jours, 460 km.

Saône

Le Doubs se jette dans la Saône une vingtaine de kilomètres au nord-est de Chalon, changement d’ambiance : plate, massive, miroir, sans courant. Endurance, j’en ai un peu. Détermination, j’en ai beaucoup. Pour être efficace, je teste toutes les subtilités pour poser parfaitement ma pagaie cuillère.

Rhône

À Lyon, c’est la confluence. Je découvre un fleuve immense, rapide, technique, froid. Le vieux Rhône n’est pas simple avec les vagues, les péniches, et le courant qui pousse fort. Je choisis de terminer par le Petit-Rhône plus sauvage qui traverse la Camargue, magnifique. Envol de flamants roses, mais vent de face puissant qui m’oblige à d’énormes efforts pour ne pas reculer. Je rejoins la mer le dix-huitième jour aux Saintes-Maries. Après 1000 km de navigation, la Grande Bleue m’apparait au détour d’un méandre. Je n’en reviens pas. Je suis très ému. Une aventure simple et intense à la fois. Depuis, je rêve de repartir sur l’eau, avec déjà des idées plein la tête.

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