Aventure océane
Je suis née en Vendée avec l’océan comme terrain de jeu puis de travail (sauveteuse en mer). Pourtant, pendant longtemps, je n’ai pas réellement compris son rôle essentiel : réguler le climat, produire de l’oxygène, absorber une partie de nos émissions. Je passais mes étés à surveiller les autres, sans réaliser que c’était l’océan qui nous protégeait tous. Le déclic est venu plus tard grâce à l’association Blutopia : comprendre que nos choix, jusque dans nos assiettes, impactent directement cet écosystème, m’a secouée. Quand j’ai appris que 2025 serait l’année de l’Océan, je n’ai pas hésité longtemps. J’ai quitté mon poste et je suis partie. Pas prête, mais déterminée.
Direction l’aventure et un projet, Parmi les Voix de l’Océan : l’été dernier, j’ai rejoint la Conférence des Nations Unies sur l’Océan à Nice depuis les Sables-d’Olonne en mobilité douce (alternant vélo et voilier majoritairement) le long des littoraux atlantique et méditerranéen en portant les témoignages de professionnels de la mer rencontrés sur ma route. Le vélo est un outil formidable pour attirer l’attention et engager les discussions auprès du grand public ; les bivouacs reconnectent à la nature et donnent de la flexibilité au voyage rythmé sur le soleil ; le voilier-stop me rapproche des habitants et pratiquants de l’océan. J’ai roulé, navigué, dormi dehors, attendu un bateau pendant des jours, géré une avarie en pleine mer, et même nagé les derniers kilomètres. Bref, un projet cohérent qui faisait sens, dans lequel je vivais l’océan et ses territoires de manière directe, sobre et engagée, incarnant pleinement le message que je portais, j’étais dans l’expérience et pas seulement dans le discours. Ces quarante jours d’aventure autour de la préservation des océans ont changé mon regard : enfant, je voyais l’océan comme un terrain de jeu, désormais, je le perçois comme un être vivant, complexe et essentiel. On connaît mieux la surface de la Lune que les profondeurs marines, alors je me dis qu’il faut peut-être déjà apprendre à connaître ce qui est là, sous nos yeux.
Cet été, je reprends la route à la rencontre des surfeurs pour parler de préservation des océans au cœur de leur pratique.
Corlie