Généralement, lorsqu’on revient d’un voyage au long cours à l’autre bout du monde, le regard que l’on porte sur notre environnement proche a changé. Hugo partage ici ses retrouvailles bretonnes avec son vieux vélo, mais des yeux et un esprit neufs.
Des chemins oubliés à l'océan
Cela faisait huit ans que j’avais quitté ma Bretagne natale, dont trois passés à explorer les Amériques à vélo avec Élisa, de l’Arctique canadien à la Patagonie. À la fin de ce voyage, notre seule certitude était que nous voulions ranger nos vélos, nous installer quelque part et tourner la page. Mais où ? Après avoir eu un aperçu assez large des écosystèmes qui existent sur cette planète, nous savions que nous voulions vivre quelque part avec de grandes étendues d’eau et des rivières cachées, des horizons dégagés et des forêts pleines de vie. Et idéalement un climat suffisamment humide et pas trop chaud. Nous avions des rêves d’expatriation au Canada ou en Suède, dans des régions aux étés tempérés et à la nature encore relativement sauvage et accessible. Et puis finalement c’est un peu par hasard que nous sommes revenus en Bretagne : une offre d’emploi pour quelques mois dans mon domaine près de chez mes parents, parfait pour se laisser le temps de la réflexion. Retour donc dans la région lorientaise avec ma voiture chargée de toutes mes possessions : mon vélo, mes affaires de bivouac usées par trois ans d’utilisation quotidienne, mon appareil photo, quelques livres et un sac de sport contenant l’intégralité de mes vêtements.