Gravel en Ardenne belge
Montagnes russes en Ardenne belge
La Belgique, ce plat pays aux « murs » de graviers ardennais flirtant avec les 20 % d’inclinaison, petit paradis du vélo offroad et sauvage. Oui, en Ardenne, l’image d’Épinal en prend un coup. Laissez-vous surprendre par le récit d’aventure d’Eva, lilloise en mission pour tordre le cou aux idées reçues de son amie Louise, alpine expatriée à ses côtés dans le nord.
Photos : Eva Renaud et Louise Falconnier
Le nord de la France n’est pas exactement la première destination qui vient en tête lorsque l’on parle de partir pour une aventure à vélo en itinérance, en pleine nature et de préférence sur les chemins. Lilloise et cycliste, je vois bien que je peine à convaincre mes amis d’autres régions et que les week-ends ensemble ne se passent jamais « ici-haut ». Si je voulais exagérer un peu, je dirais que la seule fois où la région semble avoir suscité de l’enthousiasme, c’est par des amis québécois qui trouvaient ça extraordinaire d’habiter si près de Roubaix et de pouvoir emprunter tous les week-ends les secteurs pavés mondialement connus dans le monde cycliste… Pour autant, outre le patrimoine pavé qui trouve souvent sa place dans les sorties locales, la région offre un terrain de jeu intéressant pour la pratique du gravel, et la communauté vélo y est très diversifiée et active. Entre le bassin minier et ses terrils classés au patrimoine mondial de l’UNESCO (vous roulez souvent sur des montagnes fabriquées par des hommes, vous ?), les monts de Flandre et ses champs de houblon, les marais de l’Audomarois et les pistes de la Côte d’Opale avec vue mer, les possibilités ne manquent pas. Sans parler de la baie de Somme et de l’Avesnois, de la forêt de Saint-Amand ou de celle de Mormal et leurs grandes drèves de graviers qui passent au travers. Et le nord, c’est aussi l’avantage d’un territoire frontalier, ou comment trouver l’exotisme derrière sa porte : dormir dans les bivakzones belges, sauter dans un ferry pour l’Angleterre, ou prendre un lunch aux Pays-Bas (qui ne sont qu’à une centaine de kilomètres de Lille). Bref, si elle ne paie pas de mine au premier abord, la région offre un vaste panel de possibilités et de paysages différents.