Traversée alpine et alta via del sale
Faut-il manger pour pédaler ou pédaler pour manger ? Pour Anthony, du journal de bord au menu du restaurant, il n’y a qu’un pas. Ou quelques tours de roues. Installezvous confortablement, préparez un encas, son récit peut mettre en appétit !
Août 2023. Un tendon d’Achille lancinant coupe court à mon trek sur le tour des Géants (val d’Aoste). Après quelques jours de pause, l’évolution est curieuse : la douleur s’évanouit pieds nus, mais ressurgit dès que j’enfile une chaussure. Toutes sauf une : ma paire de sandales de packraft, choisie volontairement une pointure trop grande, me permet de pédaler dans un confort absolu, et de marcher un peu aussi.
Une échographie est programmée pour la semaine suivante. Mais avec un grand soleil et une irrésistible envie de dehors, pas question de tourner en rond chez moi en attendant une photo de mon tendon. Je préfère faire tourner les roues d’un vélo, et photographier des paysages. Le beau temps me permet de rouler en sandales-chaussettes sans problème – et ce ne sont pas les Allemands qui me contrediront.
AU DÉBOTTÉ
Laissé sur ma faim par mon trek inachevé, je lorgne cette fois chez nos voisins piémontais pour un parcours qui fera la part belle aux papilles. À vélo, il est toujours plus simple de rejoindre la prochaine panetteria, pasticceria, gelateria, pizzeria (au choix, selon l’humeur du moment, mais à choix multiples bien sûr !).
Avec l’âge, j’ai peut-être perdu des cheveux mais j’ai gagné en organisation : à portée de clic, un dossier sur mon ordinateur regroupe tout plein d’envies de voyages.
Un puits sans fond qui se remplit plus vite qu’il ne se vide, mais n’est-ce pas l’essence d’une vie de ne pas pouvoir tout faire ? J’y retrouve alors quelques notes sur le Torino-Nice Rally, dont le profil a tout pour plaire : un itinéraire en altitude pour échapper à la chaleur, majoritairement en Italie pour continuer le voyage gustatif, et plein de graviers pour éviter les routes. Les préparatifs sont joyeusement improvisés, tout juste ai-je pris le temps de télécharger la trace « officielle » sur mon téléphone, sans vraiment l’étudier. Départ le lendemain de Guillestre, zéro vivres dans les sacoches, l’estomac dans les talons et une hâte non dissimulée de retourner chez les ambassadeurs de la pizza et des aragostine al pistacchio. J’entends déjà les ciao chantants de nos voisins.