Même pas froid !
Il y a tant de façons de mettre du piment dans l’aventure, partir en hiver dans la neige en est une. Et ça, Anne, c’est son dada. Souvent seule, avec ses chiens, elle hésite rarement à claquer la porte pour se fondre dans l’hiver de la montagne avec un plaisir non dissimulé depuis plus de trente ans.
Je n’ai pas l’étoffe d’une grande aventurière qui, à la manière d’un Michaël Charavin, irait faire le tour du Groenland à kite-ski pulka (cf. CA38). Mon plaisir est plus modeste, à ma portée, mais n’en est pas moins exhausteur de bonheur. Le bivouac dans la neige est un objectif en soi et une nuit suffit pour goûter à l’aventure. Sur un coup de tête, une envie ou un moment opportun, je n’hésite pas à chausser mes raquettes ou mes skis et à me lancer dans le grand blanc. Que ce soit chez moi en Auvergne ou en Savoie chez mon compagnon, j’ai cette chance de pouvoir entrer directement dans le vif du sujet en claquant la porte de la maison.
Goût du froid et chaleur canine
Mes escapades hivernales ont débuté il y a une trentaine d’années avec Lily, ma petite chienne coton de Tuléar, sur les hauts plateaux du Forez, là où la burle n’a pas encore soufflé son dernier mot. Évidemment, ce terrain de jeu est longtemps resté mon préféré : son exposition et son froid presque sibérien invitaient mon esprit à divaguer vers les vastes espaces du Grand Nord. Toujours partante, Lily prenait place, le soir, au fond du sac de couchage, indifférente aux glaçons accrochés à ses pattes velues qui fondaient au bout de mes pieds, pour mon plus grand plaisir (si, si !). C’est avec elle que j’ai imaginé une pulka de fortune : à l’aide d’un harnais, je tracte une simple luge contenant mon sac à dos. Un jour où le froid était trop mordant, Lily y trouva refuge, bien au chaud sous une couverture de survie avec une chaufferette. Nous avions alors trouvé notre rythme : elle ronflait, je tractais. Un vrai travail d’équipe !