Andes guide pratique

par Johanna dans Dans le monde 04 déc. 2019 582 lecteurs Soyez le premier à aimer ! : Soyez le premier à commenter share(partager)
Laguna Chalviri (Bolivie), 6 mois à vélo en Amérique du Sud.
Photo : Manu d'Adhémar
Laguna Chalviri (Bolivie), 6 mois à vélo en Amérique du Sud.
Photo : Manu d'Adhémar
Salar d'Uyuni à vélo.
Photo Manu d'Adhémar
Salar d'Uyuni à vélo.
Photo Manu d'Adhémar

Voyager dans les Andes !

La cordillère des Andes, plus longue chaîne de montagne au monde, s’étire sur près de 7000 km du Vénézuéla au nord jusqu’au fin fond de la Patagonie chilienne au sud. 
Patagonie, Bolivie, Pérou, Chili, Argentine, Carretera Austral...
Cordillères, lagunes, altiplano, déserts de sel, volcans et montagnes... Les grands espaces into the wild !

Nous vous donnons rendez-vous dans Carnets d'Aventures 58 qui comporte un dossier complet sur les Andes, et les récits et photos de plusieurs voyageurs nature pour une belle immersion andine !
Vous trouverez dans le présent article nombre d'informations pratiques, de liens utiles, d'idées d’itinéraires...

¡Buen viaje!

En complément du dossier de Carnets d'Aventures 58 !

Texte : Manu d’Adhémar, Léo Héry, Alexandre Rezé, Thomas Pagnon, Romain Girault, la rédac’.

 

 

Paysage typique de l'altiplano dans le parc du Sajama (Bolivie), au pied du volcan Parinacota.
Photo Manu d'Adhémar
Paysage typique de l'altiplano dans le parc du Sajama (Bolivie), au pied du volcan Parinacota.
Photo Manu d'Adhémar

Les Andes : géographie et climats

La cordillère des Andes, plus longue chaîne de montagne au monde, s’étire sur près de 7000 km du Vénézuéla au nord jusqu’au fin fond de la Patagonie chilienne au sud. Les climats qu’on y trouve sont donc d’une grande variété selon si on choisit de se promener près de l’équateur ou sous les cinquantièmes hurlants. Même à des latitudes proches, les températures et pluviométrie rencontrées peuvent être très différentes en raison de la vaste plage d’altitude que couvre cette chaîne montagneuse (dont le point culminant est l’Aconcagua, 6962 m) et de la diversité des biotopes qui s’y trouvent, entre les déserts, l’Altiplano, la jungle, la haute montagne, les lacs, les glaciers, la côte océanique très découpée, etc.
Principalement située dans l’hémisphère sud, les saisons y sont inversées par rapport à chez nous, sachant que pour les pays proches de l’équateur (Vénézuéla, Colombie, Équateur, Pérou et Bolivie en partie), c’est le climat équatorial à 2 saisons qui domine : une saison sèche et plus fraîche (avril à octobre) et une saison humide aux températures plus douces (novembre à mars). En s’éloignant vers le sud, les saisons sont plus marquées et on retrouvera un système à 4 saisons avec des hivers et étés australs. Les adeptes de l’orientation par les astres se souviendront également qu’à midi le soleil pointe au nord !
En Colombie et Équateur on trouve tous les climats toute l’année. En pratique il n’y a donc pas de « meilleure saison » ; certains mois on aura beaucoup de pluie dans la jungle, mais sur la côte cela pourra être intéressant ou inversement. Globalement il faut retenir que le climat en Colombie et en Équateur n'est pas vraiment dimensionnant pour les dates de voyages, à l’inverse des autres pays. Par exemple, on évitera d’aller en Patagonie en juillet (sauf pour faire du ski bien sûr ! ?)
Pour le Pérou, les saisons sont importantes. La meilleure pour la montagne, c’est vraiment juillet août, soleil garanti. Dès septembre on aura pas mal de chance d’avoir du mauvais temps. En Bolivie, et plus particulièrement dans le Sud Lípez et le Salar, la saison est plus large et il faudra choisir entre soleil et températures glaciales entre mai et août, et températures plus douces mais neige et mauvais temps potentiels qui bloquent les routes (même si le salar couvert d’eau mode miroir est magnifique) entre novembre et mars.
La Patagonie désigne le sud de l’Amérique du Sud. C’est une région à cheval (c’est le cas de le dire) entre Chili et Argentine. Et l'extrême sud de la Patagonie, qui est une île, s’appelle la Terre de Feu. Ces régions sont balayées presque constamment par le vent, qui peut être très fort (jusqu’à vous empêcher de tenir sur le vélo). Il souffle 80% du temps du NO vers le SE : pour les cyclos, parfait si vous faites le voyage du nord vers le sud (même si vous pouvez l’avoir parfois en travers). Beaucoup, beaucoup plus compliqué si vous faites l’inverse.
 

Montagnes patagonnes dans le secteur d'El Chalten et du Fitz Roy
Photo : Manu d'Adhémar
Montagnes patagonnes dans le secteur d'El Chalten et du Fitz Roy
Photo : Manu d'Adhémar
Couleurs incroyables dans le Sud Lipez
Photo : Manu d'Adhémar
Couleurs incroyables dans le Sud Lipez
Photo : Manu d'Adhémar
Andes guide pratique

Administratif

Chaque pays a sa propre monnaie, et elles s’appellent souvent « pesos » (ou bolivianos en Bolivie, soles au Pérou...). Gymnastique un peu difficile au début mais on s’y fait vite, les taux de change sont parfois proches à une dizaine près. Selon les pays, il est possible de retirer de l’argent dans les distributeurs des grandes villes (mais les montants maxi par retrait sont parfois très bas et les commissions proportionnellement élevées !) ou de faire le change dans les banques, centres de change, ou dans la rue (les taux de change peuvent être plus intéressants, mais l’origine des billets pas forcément très propre…). À noter que l’Équateur utilise le dollar US. En Argentine, les taux de change sont très variables et en chute libre à cause de la crise économique actuelle (2018) ce qui est favorable pour les Européens, mais très difficile pour les argentins. Il n’est pas complètement idiot de se balader avec quelques billets neufs en dollar (ou éventuellement en euros), cela pourra souvent vous sortir d’un faux pas. 
En ce qui concerne les visas c’est un vrai bonheur pour les citoyens de l’union européenne qui peuvent se balader tranquillement en Amérique du Sud sans trop se soucier des visas : il n’y en a pas pour une durée de séjour inférieure à 90 jours (en Colombie, il existe un visa mais il est délivré gratuitement pour 90j à l’arrivée sur le territoire). Il faut néanmoins être en possession d’un passeport dont la date de validité couvre au moins la date du séjour, certains pays exigent 6 mois à compter de la date d’entrée (Argentine, Pérou, Bolivie) ou de sortie (Équateur, Vénézuéla). Dans le cas de la Bolivie, l’entrée sur le territoire est autorisée pour 30 jours et il est possible de prolonger cette durée par tranche de 30 jours jusqu’à 90 jours par année civile. Il est en général également possible de prolonger la durée de séjour soit en payant une extension (qui peut être assez chère, 100$ pour le Chili, 400$ en Équateur par exemple) ou en faisant un aller-retour dans un pays voisin. C’est sans doute une des régions du monde (hors UE) où il est le plus facile de voyager de ce point de vue pour les Européens.
Voir les conseils aux voyageurs sur diplomatie..grouv.fr.
Entrée au Chili : chaque fois que vous entrez au Chili, les douaniers vous feront remplir un papier comme quoi vous n’avez pas de produit frais dans vos bagages : fruits, légumes, fruits secs, miel… mais sont autorisés les barres de céréales, conserves, biscuits, céréales… le contrôle est souvent très très sommaire pour les cyclos (peut être un peu plus de tolérance ?), mais une fois ils nous ont fait passer toutes les sacoches dans la machine à rayons X. C’est un point important à prendre en compte pour les ravitaillements.

6 mois à vélo en Amérique du Sud, à travers différents pays !
Photo : Manu d'Adhémar
6 mois à vélo en Amérique du Sud, à travers différents pays !
Photo : Manu d'Adhémar

Internet

En Colombie, Équateur, Pérou, il est relativement facile de trouver des cybercafés (1 à 3 €/h) ou du wifi dans les principaux restaurants et guesthouses. Au Chili et en Argentine, les cybercafés se font plus rares et il faudra compter sur le réseau wifi qui est bien développé (notamment dans les lieux publics dans les grandes villes). En Bolivie cela se développe doucement ; en dehors des grosses villes comme La Paz, Sucre, Oruro, Uyuni, il y a encore peu de wifi. Ni dans les hôtels, ni dans les guesthouses, ni dans des internet cafés (puisqu’il n’y en a pas !). Il semblerait que les gens utilisent internet uniquement via leurs smartphones avec les données mobiles. Une carte SIM locale peut être une solution, mais il faudra alors sympathiser avec un autochtone pour qu’il accepte de la prendre à son nom (il faut un numéro de carte d’identité !) La couverture réseau est limitée à certains villages, et quant au débit, c’est franchement pas le Pérou ! Donc globalement, en Bolivie, il vaut mieux s’en passer.
En Patagonie, l’accès à internet est un peu plus répandu. Il y a très souvent un accès wifi dans les guesthouse et les campings, plus ou moins rapide et plus ou moins saturé par le nombre de connexions simultanées.

Photo : Manu d'Adhémar
Photo : Manu d'Adhémar

Sports et voyage nature dans les Andes

Les possibilités de voyage nature sont immenses dans ces contrées vastes et extrêmement diversifiées. Voici quelques exemples d’itinéraires et informations. De nombreux parcs nationaux et réserves existent, n’hésitez pas à vous renseigner spécifiquement.

Ainsi que quelques liens utiles :
interpatagonia.com
welcomeargentina.com  et la rubrique Tourisme d'aventure
welcomechile.com  et la rubrique Tourisme d'aventure
 

Bivouac en plein milieu d'un désert, aux premières loges pour l'observation des étoiles.
Photo : Manu d'Adhémar
Bivouac en plein milieu d'un désert, aux premières loges pour l'observation des étoiles.
Photo : Manu d'Adhémar

Trek et montagne dans les Andes

Les possibilités de trekking sont immenses dans ces contrées vastes et extrêmement diversifiées. Nous mentionnons ici quelques exemples d’itinéraires ; on trouve aisément sur internet de nombreuses idées de treks (certains assez « classiques » mais jolis quand même). De nombreux parcs nationaux et réserves existent, n’hésitez pas à vous renseigner.
Note : dans ces nombreux massifs montagneux, l’escalade et l’alpinisme sont bien sûr possibles et pratiqués, nous ne nous penchons pas spécifiquement sur ces disciplines.

Bolivie / Pérou

- Parc national du Sajama , le plus ancien parc de Bolivie, avec possibilité de faire l’ascension du volcan Nevado Sajama (6542 m).
- Le trek de l’Ausangate (région de Cuzco, Pérou), permet en 5 à 7j selon les variantes de traverser des paysages de haute montagne magnifiques, entre les lacs aux eaux turquoise et les panoramas de glaciers et sommets enneigés. Exigeant (4 cols en haute altitude, dont un à 5200 m) et peu fréquenté, il offre la possibilité de croiser des lamas et alpagas en pagaille et de bivouaquer n’importe où sur le chemin ce qui n’est pas du tout le cas en Patagonie (lire ci-après). Magique.
- Itinérance dans les terres rouges de la région de Tupiza (Bolivie), à pied, à vélo ou à cheval. Ambiance western.

Patagonie

L’entrée des parcs est en général payante sauf à El Chaltén (ville argentine proche du Fitz Roy et Cerro Torre). Le prix peut être négligeable (2 ou 3€) ou plus élevé selon la renommée du parc (près de 30€ aux Torres del Paine au Chili).
Le camping sauvage en Patagonie est interdit (en trek du moins, à vélo aucun souci), surtout depuis les incendies aux Torres il y a quelques années. Les trekkeurs sont regroupés dans des campings rustiques, avec toilettes mais sans douche, en général gratuit sauf aux Torres (compter 21$ la nuit pour 2 personnes).
Randonner à El Chaltén est infiniment plus simple qu’aux Torres del Paine : c’est gratuit mais surtout il n’y a pas besoin de réserver. Pour les treks d’El Chaltén, on a le choix, les descriptifs sont disponibles à la maison du parc, et les cartes à la papeterie :
- Il existe plusieurs treks faciles (à la journée ou avec nuit aux points de campement existants) qui conduisent à de beaux points de vue sur le Fitz Roy et le Cerro Torre.
- La Vuelta de los Huemules est un magnifique trek de 4j qui fait le tour du massif en passant par le glacier Viedma. Il est également un peu plus engagé : col potentiellement très venté et tyroliennes qui nécessitent donc d’avoir amené du matériel : un baudrier et une poulie, qui se louent facilement à El Chaltén.

Chili

- On peut trekker autour du Cerro Castillo, le long de la Carretera Austral plus au nord, qui offre un environnement sauvage, moins touristique et tout aussi magnifique.
- Parc Torres del Paine : situé à l’extrémité sud du Chili et de la Cordillère des Andes, déclaré réserve de la biosphère par l’Unesco, il doit son nom à 3 tours granitiques qui offrent un panorama spectaculaire. Victime de son succès et de la forte fréquentation qui l’accompagne, les réservations sont devenues obligatoires depuis quelques années pour pouvoir utiliser les lieux de bivouac autorisés (bivouac interdit en dehors de ces sites). Les réservations sont prises d’assaut par des groupes et/ou guides plusieurs mois à l’avance, et il faut contacter 3 organismes différents (qui gèrent chacun un certain nombre de sites) : la Conaf, Fantastico Sur et Vertice. Les prix varient de gratuit (pour la Conaf, mais réservation obligatoire quand même) à 20€, et même à 100€ pour certains (qui obligent à prendre la demi-pension). Bref,  une complexité non négligeable qui pourra décourager du monde. La plupart des campings sont fermés pendant l’hiver, de juin à août.
Le trek du W : c’est le parcours le plus réputé et le plus classique du parc Torres del Paine. Réalisable en 3 à 5 jours selon le rythme, il permet de profiter d’une grande variété de paysages et d’atteindre les points de vue emblématiques du parc. 6 campings se trouvent le long de l’itinéraire, dont 2 gratuits. L’un des inconvénients de ce parcours, outre sa fréquentation en haute saison (janvier et février), est que ce n’est pas une boucle et que certains tronçons doivent se faire en aller-retour. À noter qu’il est également possible de prolonger le trek du W pour en faire une boucle de 8-10 j: le trek du O (décidément très inspirés pour les noms smiley).
Et bien sûr des centaines d’autres possibilités dans tous les pays !
 

Trek autour d'El Chalten aux abord du Fitz Roy
Photo : Manu d'Adhémar
Trek autour d'El Chalten aux abord du Fitz Roy
Photo : Manu d'Adhémar
Trek en Patagonie
Photo : Manu d'Adhémar
Trek en Patagonie
Photo : Manu d'Adhémar

Voyager à vélo dans les Andes et en Amérique Latine

Certains itinéraires deviennent de plus en plus fréquentés par les cyclos, si bien que l’aventure d’hier l’est un peu moins chaque année. Mais il y aura toujours moyen de trouver des variantes, l’Amérique du Sud est immense !
Il est difficile de donner une « liste parfaite », chacun ayant des critères différents (rencontres, paysages, engagement, terrain, …). À chacun de faire ses expériences. Il est possible d’hésiter entre telle ou telle route et on peut être à peu près sûr de ne jamais avoir de regret ! Donc voici juste quelques coups de cœur des cyclo-voyageurs qui ont contribué à ce numéro.

  • La route du café en Colombie (entre Medellin et Cali) : au cœur des plantations de café, avec le parc los Nevados qui s’élève à plus de 5300m. Ambiance brumeuse, palmiers géants, bananiers, caféiers et la “buena onda colombiana” !
  • L’avenue des volcans en Équateur : un itinéraire difficile qui serpente entre les volcans pour s’en approcher au plus près. On touche ici des communautés Quechua très isolées qui parlent à peine espagnol.
  • La boucle du Huascaran au Pérou : à proximité de Huaraz autour du plus haut sommet du Pérou à près de 6800 m. Des cols à 4900, des routes de cailloux, des glaciers, bref un must !
  • Le lac Titicaca par la côte nord : un itinéraire assez facile malgré les 4000 m d’altitude. Un col de 10 km sur route de terre barre l’accès aux cars de touriste qui passent tous par l’autre rive. Ici vous serez au calme, sur une route neuve (hormis ces fameux 10 km), pour contempler ce site unique au monde. Sans oublier l’accueil super sympathique des locaux.
  • La route des salars et lagunes dans le Sud Lípez (Bolivie) et Atacama (Chili) : un itinéraire mythique, assez difficile entre désert et lagunes, sans aucun doute parmi les plus beaux paysages du voyage mais aussi les kilomètres les plus difficiles. Compter entre 8 et 10 jours d’autonomie alimentaire et jusqu’à 3 jours d’autonomie en eau. Un guide incontournable : Cycling South West Bolivia.
  • Valles Calchaquíes en Argentine : en suivant la route 40 en Argentine, c’est un itinéraire difficile au cœur du désert d’Atacama. Les paysages sont grandioses et on termine avec une belle récompense en arrivant à Cafayate et ses très bons vins !
  • Terre de Feu : une région perdue, sauvage, un peu plus oubliée par les voyageurs à vélo, les conditions sont très dures, mais les fermiers sont d’un accueil incroyable et ces paysages désolés ont un charme fou. L’arrivée au « bout du monde » a aussi quelque chose de spécial.
  • Carretera Austral : cette route-piste de 1240 km a été construite sous Pinochet pour désenclaver la Patagonie. Elle relie Puerto Montt à Villa O'Higgins. Les paysages sont à couper le souffle, loin des grandes villes, elle est parcourue par les cyclos et backpackers du monde entier ; les rencontres y sont faciles et l’on parvient à trouver des auberges et de quoi se ravitailler. En 2019, la partie nord était principalement asphaltée, alors que la partie sud est encore principalement une piste carrossable en train d’être d’asphaltée.

Il y a pas mal de blogs de voyageurs plus ou moins précis mais la bible reste ce site :
Andesbybike : andesbybike.com (il y a même un livre !)
 

Andes guide pratique
Salar d'Uyuni
Photo Manu d'Adhémar
Salar d'Uyuni
Photo Manu d'Adhémar
Hébergement mis à disposition des cyclistes par la fameuse panaderia (boulangerie) de Tolhuin (Terre de Feu), décorée comme il se doit de toute sorte de graffiti faits par les cyclistes qui nous ont précédés.
Photo Manu d'Adhémar
Hébergement mis à disposition des cyclistes par la fameuse panaderia (boulangerie) de Tolhuin (Terre de Feu), décorée comme il se doit de toute sorte de graffiti faits par les cyclistes qui nous ont précédés.
Photo Manu d'Adhémar

Canoë et kayak dans les Andes

La Patagonie est traversée par plusieurs grands fleuves, notamment côté argentin. Le río Colorado, qui marque la limite nord de la Patagonie, le río Limay, le río Chubut et le río Negro en sont les principaux et se déversent dans l’océan Atlantique. Prenant naissance dans les Andes, ces fleuves perdent rapidement leurs courants et deviennent assez méandreux dès qu’ils coulent dans la steppe patagonne. Ce qui est plutôt adapté à la pratique du canoë. Côté chilien, les fleuves sont beaucoup plus courts, étroits et tumultueux car ils passent pratiquement directement des Andes à l’océan Pacifique. Ils sont ainsi plus appropriés pour le kayak en eau vive (des professionnels rafting / kayak proposent d’ailleurs des sorties dans divers coins touristiques).
Aucun permis particulier n’est exigé pour naviguer. Cependant le port de gilet de sauvetage est obligatoire (tout au moins en Argentine). Il est important de bien se renseigner sur les débits des fleuves avant de fixer la période de navigation. Classiquement le niveau d’eau varie selon la saison. Généralement bas en hiver et au printemps (été et automne là-bas), et très haut avec risque de crues en été correspondant à la période des pluies, et en automne suite à la fonte des neiges. Si le niveau est trop bas, la navigation devient quasiment impossible en raison des bancs de sable. Il faut être conscient que la région est extrêmement venteuse, ce qui n’est pas pour faciliter le pagayage. Les canoës et kayaks gonflables sont encore plus pénalisés. Pour ceux qui arrivent les mains vides, il est possible de louer du matériel à des prix assez raisonnables dans certaines villes qui développent le tourisme outdoor, comme San Carlos de Bariloche.

Question bivouac, hormis dans les parcs nationaux, il est théoriquement possible de camper n’importe où le long des rivières. Dans la partie montagneuse, il peut être parfois difficile de trouver un terrain plat et non boisé, mais dans la plaine il n’y a plus de problème. Sauf que peu importe où l’on s’arrête, on est forcément chez quelqu’un. L’élevage est la principale activité économique en Patagonie et tout pouce de pampa appartient à une de ces gigantesques haciendas, même s’il n’y a pas la moindre trace de troupeaux ou de clôtures à l’horizon. Bien que l’on croise très rarement des bergers, une rencontre est toujours possible. Et on ne manquera pas de vous demander ce que vous faites là. Mais en sollicitant gentiment l’autorisation de camper pour la nuit, il y a peu de chance pour que l’on vous la refuse. Peut-être même qu’on vous invitera à venir partager un asado (grillades) si la ferme n’est pas très loin. Si vous n’avez pas d’invitation chez l’habitant et que vous êtes en panne de carburant pour votre réchaud, on trouve généralement suffisamment de bois sur les berges pour faire un feu. Attention, prudence côté argentin car la végétation est très sèche et le risque d’incendie relativement élevé.

Aucun problème pour l’approvisionnement en eau vu qu’on est sur une rivière. Tant qu’on est loin des agglomérations et des zones agricoles, il n’y a pas de danger particulier, mais gare tout de même aux bactéries et autres amibes. Le plus pratique reste la gourde filtrante. Il n’y a qu’à tendre le bras pour la remplir.

Dernier conseil, prévoyez une pagaie de secours !
 

Sur le rio Chubut
D'un océan à l'autre en canoë.
Photo Thomas Pagnon
Sur le rio Chubut
D'un océan à l'autre en canoë.
Photo Thomas Pagnon
Le Chubut offre des paysages diversifiés.
D'un océan à l'autre en canoë.
Photo Thomas Pagnon
Le Chubut offre des paysages diversifiés.
D'un océan à l'autre en canoë.
Photo Thomas Pagnon
Et au milieu coule une rivière. Dans cette vaste région aride et désolée, le Chubut forme une véritable artère de vie.
D'un océan à l'autre en canoë.
Photo Thomas Pagnon
Et au milieu coule une rivière. Dans cette vaste région aride et désolée, le Chubut forme une véritable artère de vie.
D'un océan à l'autre en canoë.
Photo Thomas Pagnon

Kayak de mer en Amérique du Sud et Patagonie

Côté kayak de mer, les kilomètres de littoral ne manquent pas sur la côte chilienne, immense, ultra découpée et présentant nombres d’îles, de détroits, de fjords, etc. Si certaines expé visent des objectifs engagés (et réussissent ! par ex. l’expé Cap Horn en kayak), il est possible de choisir des navigations plus accessibles, en se rappelant tout de même que l’on est en Patagonie dans un environnement souvent rude et changeant. Certains lacs se prêtent également bien aux balades aquatiques. En mer, certaines zones permettent l’observation de faune et mammifères marins, de fronts de glaciers impressionnants. On trouvera dans les lieux touristiques des professionnels et loueurs de kayaks et même de stand up paddle.
Quelques idées :

Avec les otaries burger dans le fjord d'Hornopiren
(secteur de Puerto Montt, nord de la Carretera Austral).
Photo Karyn Bargin
Avec les otaries burger dans le fjord d'Hornopiren
(secteur de Puerto Montt, nord de la Carretera Austral).
Photo Karyn Bargin
Lac Rosselot, province d'Aysen, Patagonie nord.
Photo : Karyn Bargin
Lac Rosselot, province d'Aysen, Patagonie nord.
Photo : Karyn Bargin
Lago blanco à côté de Chaiten.
Photo : Karyn Bargin
Lago blanco à côté de Chaiten.
Photo : Karyn Bargin
Parc national los Alerces côté Argentine, Patagonie nord
Photo : Jean-Mi Bargin
Parc national los Alerces côté Argentine, Patagonie nord
Photo : Jean-Mi Bargin
Parc national los Alerces côté Argentine, Patagonie nord
Photo : Jean-Mi Bargin
Parc national los Alerces côté Argentine, Patagonie nord
Photo : Jean-Mi Bargin

Ski et itinérances sur neige dans les Andes

Là encore de nombreuses possibilités pour des itinérances sur neige, ski nordique, ski de rando ou raquettes. La prudence est d’autant plus de mise dans ces contrées où les conditions peuvent vraiment être hostiles, et où il n’y a pas de BERA (bulletin d’estimation du risque d’avalanche). Consulter ou faire appel aux guides et/ou loueurs locaux peut être une bonne idée.
Le Campo de Hielo Sur – grande calotte glaciaire accessible depuis El Chaltén – se prête bien au trek avec ski nordique.
Côté ski de piste, il est possible d’en faire à Bariloche qui possède une station, (compter 30€ la journée).

Le ski de randonnée peut également se pratiquer à El Chaltén. Ne pas hésiter à consulter les locaux : soit le Clubo Andino (où il est possible de louer pour une somme modique le kit DVA/pelle/sonde entre 100 et 200 pesos), mais aussi de faire de la grimpe les jours de mauvais temps), soit le Fresco bar qui est un repère de montagnards notamment les propriétaires. Le sommet le plus abordable est la Toma del Pliegue Tumbado, accessible à pied depuis El Chaltén et qui offre une superbe vue sur le Cerro Torre.

Plus engagé et long, le glacier au pied du Fitz Roy, auquel on peut aussi accéder à pied en passant par la Laguna de los Tres, le glacier de Los Tres et le col entre le Madsens Punta Velluda. Les deux sommets nécessitent de se déclarer à la maison du parc.
Pour ceux très expérimentés, les Cerro Vespignani ou Creston, à l’ouest du lago de Desierto, ou le Mosquito au nord du lago del Diablo offrent pentes et points de vue sympathiques, mais attention aux avalanches.
Des guides locaux proposent des itinérances de 3 à 10j. Des sites tels que FatMap permettent d’affiner avec des vues satellites les informations disponibles sur les cartes vendues à la papeterie.

Topo papier : Chili-Argentine, topo de ski andinisme, de Frédéric Lena, éd. Belupress
Quelques topos de ski de rando sont également disponibles sur Skitour.
 

Une pause photo devant le Fitz Roy
Ski-pulka sur le Campo de Hielo Sur
Photo Alexandre Rezé
Une pause photo devant le Fitz Roy
Ski-pulka sur le Campo de Hielo Sur
Photo Alexandre Rezé
Wilderness ! Ski-pulka hivernal sur le Campo de Hielo Sur, aux abords du Fitz Roy.
Photo Alexandre Rezé
Wilderness ! Ski-pulka hivernal sur le Campo de Hielo Sur, aux abords du Fitz Roy.
Photo Alexandre Rezé
Ski-pulka hivernal sur le Campo de Hielo Sur, aux abords du Fitz Roy.
Photo Alexandre Rezé
Ski-pulka hivernal sur le Campo de Hielo Sur, aux abords du Fitz Roy.
Photo Alexandre Rezé

Bivouac et hébergement

Dans ces contrées, bivouaquer est en général assez simple. On trouve presque toujours un coin tranquille où poser la tente, loin des routes principales, souvent avec un coucher de soleil magnifique et une nuit étoilée à la clé. Quand l’envie d’une douche et d’un peu de confort se fait sentir, les hôtels à 5€ maximum par personne sont très bien. Au Chili et en Argentine, on trouve des auberges de jeunesse comme en Europe à bon prix, quitte à planter la tente dans le jardin.
Pour les cyclos, il y a aussi de nombreuses casas de ciclistas à ne pas louper en Amérique du Sud : chez Tito à Santa Marta en Colombie, chez Santiago à Quito en Équateur, chez Lucho à Trujillo au Pérou, chez Christiàn à La Paz en Bolivie, chez Coco à Bariloche en Argentine, et d’autres encore à trouver au détour d’un blog ou d’un forum. En général pour une somme modique vous avez droit à une chambre, ou un bel endroit pour la tente, une douche et surtout des conseils et des bons moments avec les autres cyclos de passage.
Le réseau Warmshowers permet également de belles rencontres mais marche plus ou moins bien suivant les pays. Et puis bien sûr au gré des rencontres vous trouverez toujours un jardin chez un local qui sera ravi de vous accueillir !
 

Réveil au paradis. Panorama au bord du cratère du Quilotoa (Équateur) qui nous aura offert le plus beau bivouac de notre voyage.
Photo Léo Héry
Réveil au paradis. Panorama au bord du cratère du Quilotoa (Équateur) qui nous aura offert le plus beau bivouac de notre voyage.
Photo Léo Héry
Vallée de Cocora en Colombie.
En couple à vélo en Amérique du Sud.
Photo Léo Héry
Vallée de Cocora en Colombie.
En couple à vélo en Amérique du Sud.
Photo Léo Héry
Bivouac au pied du Lautaro, caché dans le brouillard, en août 2018. J’ai atteint mon premier objectif. La neige,
envahissant l’espace jusqu’en haut de ma tente malgré mon pelletage effréné, me chassera de ce magnifique endroit.
Photo Alexandre Rezé
Bivouac au pied du Lautaro, caché dans le brouillard, en août 2018. J’ai atteint mon premier objectif. La neige,
envahissant l’espace jusqu’en haut de ma tente malgré mon pelletage effréné, me chassera de ce magnifique endroit.
Photo Alexandre Rezé
Sérénité. À l’abri du vent dans les lueurs rosées du soir, le dernier bivouac avant la traversée du lac Florentino Ameghino nous procure des instants de plénitude totale.
D'un océan à l'autre en canoë.
Photo Thomas Pagnon
Sérénité. À l’abri du vent dans les lueurs rosées du soir, le dernier bivouac avant la traversée du lac Florentino Ameghino nous procure des instants de plénitude totale.
D'un océan à l'autre en canoë.
Photo Thomas Pagnon
Bivouac patagon. Le vent souffle sur les crêtes.
En couple à vélo en Amérique du Sud.
Photo Léo Héry
Bivouac patagon. Le vent souffle sur les crêtes.
En couple à vélo en Amérique du Sud.
Photo Léo Héry

Faune des Andes

Oiseaux

Symbole national pour tous les pays de la cordillère des Andes, le condor est également le plus gros oiseau volant terrestre. Menacé d’extinction, il est cependant possible d’en apercevoir dans certains endroits, parc Torres del Paine par ex. Le Nandou de Darwin est un autre oiseau que l’on peut rencontrer dans ce parc. Ressemblant à une petite autruche, il vit principalement dans la pampa argentine ou les plateaux andins. Plusieurs espèces de flamants roses près des lacs salés et dans les zones saumâtres.
Les mammifères les plus emblématiques des Andes sont probablement les lamas et leurs cousins. Parmi ces camélidés, il convient cependant de distinguer les lamas et les alpagas - tous deux des animaux domestiques, élevés pour leur laine ou leur viande -, des guanacos et des vigognes qui sont respectivement leurs ascendants sauvages et qu’on retrouve jusqu'à des altitudes très élevées (5800m pour la vigogne) ou jusqu’en terre de Feu pour le guanaco
Parmi les autres mammifères que compte la région, on peut également citer le huemul ou « cerf andin », qui est en danger d’extinction, le renard andin qui est présent de l’Équateur jusqu’à la Terre de Feu, ou les viscaches qui est un nom d’origine quechua désignant plusieurs rongeurs, ressemblant tantôt au lièvre tantôt au chinchilla selon les espèces. Le puma est quant à lui, assez rare dans ces régions.
Côté mer, l’immense étendue de littoral offre par endroits la chance de rencontrer des mammifères marins.

Flamants sur les lagunes du Sud Lipez
Photo Manu d'Adhémar
Flamants sur les lagunes du Sud Lipez
Photo Manu d'Adhémar
Flamants sur les lagunes du Sud Lipez
Photo Manu d'Adhémar
Flamants sur les lagunes du Sud Lipez
Photo Manu d'Adhémar
Couple de vanneaux téro. Un oiseau très commun en Argentine et probablement le plus agressif qui n’hésite
pas à attaquer les bandes de chiens lorsque la couvée semble menacée !
Photo Philippe Sauvage
Couple de vanneaux téro. Un oiseau très commun en Argentine et probablement le plus agressif qui n’hésite
pas à attaquer les bandes de chiens lorsque la couvée semble menacée !
Photo Philippe Sauvage
Alpagas
Photo Léo Héry
Alpagas
Photo Léo Héry
Andes guide pratique
Renard de Magellan. Nord-ouest argentin. Les animaux sont de plus petite taille que sur le reste du continent.
Photo Philippe Sauvage
Renard de Magellan. Nord-ouest argentin. Les animaux sont de plus petite taille que sur le reste du continent.
Photo Philippe Sauvage
El Condor Pasa
Photo Philippe Sauvage
El Condor Pasa
Photo Philippe Sauvage
Tatou
Photo Manu d'Adhémar
Tatou
Photo Manu d'Adhémar

Poissons et Pêche

La mer, les rivières et les lacs sont bien peuplés de poissons de toutes sortes. Pour ceux qui souhaitent améliorer l’ordinaire des repas ou accroître leur autonomie, il est possible de pêcher de novembre à mai (toute l’année en mer). Pour les cours d’eau, il faut être en possession d’une carte de pêche qui s’achète facilement en ville, notamment dans les boutiques de chasse/pêche. Comme en France, la pratique de la pêche est réglementée avec des listes d’espèces autorisées, des zones de no-kill, des quotas, des mailles… Renseignez-vous sur la réglementation de chaque zone.
Règlementation au Chili.
Réglementation en Patagonie argentine.

Si l’on veut améliorer l’ordinaire, il faut savoir se mettre à l’eau pour ramener quelques truites.
D'un océan à l'autre en canoë.
Photo Thomas Pagnon
Si l’on veut améliorer l’ordinaire, il faut savoir se mettre à l’eau pour ramener quelques truites.
D'un océan à l'autre en canoë.
Photo Thomas Pagnon
Asado de truites sur les berges du Chubut.
D'un océan à l'autre en canoë.
Photo Thomas Pagnon
Asado de truites sur les berges du Chubut.
D'un océan à l'autre en canoë.
Photo Thomas Pagnon
Bonne pêche sur le rio Chubut.
D'un océan à l'autre en canoë.
Photo Thomas Pagnon
Bonne pêche sur le rio Chubut.
D'un océan à l'autre en canoë.
Photo Thomas Pagnon
Lac Yelcho, gros spot de pêche (Carretera Austral).
Photo : Karyn Bargin
Lac Yelcho, gros spot de pêche (Carretera Austral).
Photo : Karyn Bargin

Flore des Andes

Avec 45000 espèces de plantes, parmi les 5 « points chauds de biodiversité » de la planète, il n’est pas question ici d’être exhaustif smiley. Parmi les plantes andines, la coca est très célèbre. Les Indiens, qui en mâchent les feuilles pour lutter contre la fatigue, la faim ou le mal des montagnes, lui attribuent des vertus magiques. Dans les Andes tropicales du sud (Pérou, Bolivie), les hautes altitudes sont occupées par des formations graminéennes typiques du paysage de la puna. À plus basses altitudes, les zones boisées des Andes centrales sont essentiellement couvertes d'eucalyptus tandis que dans les régions plus méridionales s'étendent les forêts de hêtres australs. Dans les coins les plus désertiques, ce sont sans surprise les cactus qui dominent.
 

Cactus candélabres
Photo Philippe Sauvage
Cactus candélabres
Photo Philippe Sauvage
Photo Manu d'Adhémar
Photo Manu d'Adhémar
Photo Léo Héry
Photo Léo Héry
Pampa patagonne
Photo Manu d'Adhémar
Pampa patagonne
Photo Manu d'Adhémar

Circuler en Amérique du Sud

À la différence des autres continents, il n’existe pas de réseau de train international en Amérique du Sud et le bus y est de loin le moyen de transport le plus simple. La plupart des pays ont néanmoins quelques lignes de train internes qui peuvent être des solutions intéressantes pour certains trajets (cf. par ex. seat61.com).
On trouve des lignes de bus très régulières pour presque partout, y compris en longue distance, quitte à passer une nuit dans le bus, de façon plus ou moins confortable selon les pays (en Colombie c’est comme en France : assez rustique, au Chili ou en Argentine c’est très confortable voire ultra luxueux si on paye un peu plus).
Pour les vélos il faut s’accrocher, les expériences peuvent être très variables : du « aucun souci, rien à payer » jusqu’au « impossible » en passant par le petit billet facilitateur avec le chauffeur (parfois très cher d’après certains…). Au Chili, que ce soit un trajet de 8h ou de 24h, nous avons payé 10-15€ par vélo. Bref gardez votre sang-froid, ne brusquez pas le chauffeur, et vous finirez par trouver un arrangement. Par contre, soyez insistant pour que les vélos soient en position verticale dans la soute (roue avant démontée et guidon tourné) sinon l'empilement des valises risque de transformer votre bolide en crêpe.

Photo 6 mois à vélo en Amérique du Sud, en en bus ?
Photo : Manu d'Adhémar
Photo 6 mois à vélo en Amérique du Sud, en en bus ?
Photo : Manu d'Adhémar
Les vélos dans un bac, Patagonie
6 mois à vélo en Amérique du Sud.
Photo : Manu d'Adhémar
Les vélos dans un bac, Patagonie
6 mois à vélo en Amérique du Sud.
Photo : Manu d'Adhémar

Ravitaillement et eau

Pour la nourriture il y a une différence importante entre les pays du nord (Colombie, Équateur, Pérou, Bolivie) et le Chili et l’Argentine.
Au nord, le midi c’est l’almuerzo : des restos très peu cher avec une soupe, un plat (en général une viande et du riz), une boisson. Il y en a partout, tout le monde y mange là-bas, et en général c’est très bon ! Nous avons adoré la cuisine andine, avec une mention spéciale pour la Colombie et le Pérou. En Bolivie c’était plus difficile : riz, pomme de terre, poulet et peu ou pas de fruits et légumes.

Côté nourriture de bivouac, on trouve ce qu’il faut dans les supermarchés. Même dans les petits villages perdus, on trouve souvent une mini épicerie (choix souvent très limité).
Sans oublier la street food très présente et les vendeurs aux bords des routes : avocats, mangues, bananes... dans les régions un peu tropicales c’est un régal !
Au Chili et en Argentine il y a toujours les almuerzo mais ils sont en général trop chers pour y manger quotidiennement. On compense avec les empanadas, des sortes de beignet frits ou cuits au four, très bons. Globalement en Amérique du Sud, les gens mangent beaucoup de viande (asado : grillades). Et en Terre de Feu c’est même difficile de trouver autre chose !

Pour le réchaud, l’essence nous paraît indispensable ; le gaz est difficile voire impossible à trouver à part dans les endroits très touristiques comme El Chaltén ou El Calafate. Il est possible aussi d’avoir un petit réchaud à alcool, qu’on trouve un peu partout, mais avec l’altitude ça fonctionne moins bien. Le bois est aussi une option dans certaines régions mais l’altitude complique là-aussi. À l’inverse l’essence se trouve partout et fonctionne même sous la pluie à 4000m.

Pour l’eau ce n’est pas toujours simple. Dans les pays du nord, l’eau n’est pas potable, il faut donc soit acheter des bouteilles plastique (pas génial...), soit avoir un bon filtre ou purificateur UV, soit utiliser des pastilles purifiantes (pas forcément très conseillé pour des durées longues ou pour les estomacs sensibles).
Au Chili et Argentine, l’eau du robinet est potable tout comme l’eau des rivières dès qu’on s’éloigne des activités humaines ou de la faune. L’eau en Terre de Feu est a priori non potable à cause des castors qui ont été réintroduits et qui pullulent…
Attention aussi à certaines zones où l’eau des rivières peut être polluée par les mines. Et là, les filtres sont peu voire pas efficaces.
 

Le plein :-) !
6 mois à vélo en Amérique du Sud.
Photo : Manu d'Adhémar
Le plein :) !
6 mois à vélo en Amérique du Sud.
Photo : Manu d'Adhémar
Le plein aussi :-)
6 mois à vélo en Amérique du Sud.
Photo : Manu d'Adhémar
Le plein aussi :)
6 mois à vélo en Amérique du Sud.
Photo : Manu d'Adhémar
Purificateur UV.
6 mois à vélo en Amérique du Sud.
Photo : Manu d'Adhémar
Purificateur UV.
6 mois à vélo en Amérique du Sud.
Photo : Manu d'Adhémar
Délicieux plat local sur le Salar d'Uyuni :-).
6 mois à vélo en Amérique du Sud.
Photo : Manu d'Adhémar
Délicieux plat local sur le Salar d'Uyuni :).
6 mois à vélo en Amérique du Sud.
Photo : Manu d'Adhémar
Le typique "asado" de Patagonie (viande grillée)
Photo Manu d'Adhémar
Le typique "asado" de Patagonie (viande grillée)
Photo Manu d'Adhémar

Cartes et orientation

On trouvera des cartes papier à commander en ligne (par ex. chez maptogo.fr qui a du choix en cartes et topos-guides) ou sur place.
Nombre de voyageurs tendent à les compléter ou les remplacer par des applications pour smartphone qui fournissent des accès à des cartes topo en général précises (cartes OpenStreetMap notamment). Souvent en partie gratuites, avec options ou modules payants, ces applications se multiplient. On peut citer entre autres OsmAnd ou All-In-One OfflineMaps, qui permet de télécharger à l’avance les cartes de nombreux pays, Locus Map, Sity Trail.
Une autre application très utilisée par les cyclos est iOverlander. Utilisable hors ligne, avec mise à jour de la base de données tous les 15j, c’est une base communautaire qui permet de localiser les points d’eau, des emplacements de camping officiels et de bivouac, des supermarchés, hôtels, etc.

C'est par où ? Salar d'Uyuni à pied.
Photo Thomas Derycke
C'est par où ? Salar d'Uyuni à pied.
Photo Thomas Derycke
6 mois à vélo en Amérique du Sud.
Photo : Manu d'Adhémar
6 mois à vélo en Amérique du Sud.
Photo : Manu d'Adhémar
Carte pour la traversée du Salar d'Atacama à pied.
Photo Thomas Derycke
Carte pour la traversée du Salar d'Atacama à pied.
Photo Thomas Derycke

Les Andes : peuples, langues et culture

Un des avantages de l’Amérique du Sud est la relative facilité de communication avec la plupart des habitants en espagnol, même si cela peut être plus difficile dans des zones reculées où les langues vernaculaires peuvent être encore très utilisées. Parmi les principales cultures rencontrées autour de la cordillère, on peut notamment citer :

  • Les Quechuas

Principalement localisés dans les régions andines du Pérou, de la Bolivie et de l’Équateur, les Quechuas sont les descendants de la civilisation inca dont la capitale était Cuzco. Langue véhiculaire des Incas, la langue quechua est aujourd’hui toujours bien vivante et parlée dans la plupart des provinces d’altitude de ces pays.

  • Les Aymaras

Originaire de la région du lac Titicaca, la culture aymara est commune au nord du Chili, au nord de l’Argentine et à l’altiplano péruvien et bolivien. On compte près de 1,5 million de locuteurs, principalement dans les zones rurales de ces régions. Proche de la culture atacameña, qu’on retrouve autour du désert éponyme, ses productions sont principalement des tissages colorés, des céramiques d’inspiration précolombienne ou des vanneries.

  • Les Mapuches

Peuple amérindien de Patagonie composé de plusieurs tribus parlant la même langue, le mapudungun. Ce sont des animistes, souvent christianisés, qui pratiquent le culte des esprits. Bien que traditionnellement chasseurs, ils travaillent actuellement plutôt dans le secteur agricole, et excellent dans l’art du tissage. Depuis de nombreuses années, ils luttent pour maintenir la pratique de leur culture et revendiquent leurs terres ancestrales.
 

6 mois à vélo en Amérique du Sud.
Photo : Manu d'Adhémar
6 mois à vélo en Amérique du Sud.
Photo : Manu d'Adhémar
Les enfants boliviens ne peuvent décrocher leur regard du Père Noël à vélo !
Prétextes à de belles rencontres
14 mois à vélo pour inaugurer sa retraite. Par Philippe Sauvage
Les enfants boliviens ne peuvent décrocher leur regard du Père Noël à vélo !
Prétextes à de belles rencontres
14 mois à vélo pour inaugurer sa retraite. Par Philippe Sauvage

Précautions

En Patagonie surtout, prendre garde aux changements de conditions météo, et au vent même quand tout est calme : il peut passer de 0 à 100 km/h en quelques minutes, adieu tente et affaires...
En Amérique du Sud, la culture du vélo n’est pas très développée ce qui conduit à deux principaux inconvénients :

  • sur certains axes, les voitures et camions ne prennent pas leurs distances en doublant les cyclos (ce qui est malheureusement le cas dans nombre d’autres endroits du monde).
  • On trouve peu de pièces de rechange, et le plus souvent c’est du 26 pouces et VBrake. Pourtant, nous avons visité ou vu des réparateurs / magasins à Sucre (Bolivie), El Calafate (Argentine), Santiago (Chili), Ushuaia (Argentine), Puerto Montt (Chili)... mais nous ne les avons surement pas tous vus ! (Uyuni ? El Chaltén ?). 

Les chiens peuvent également être source d’enquiquinements. La plupart du temps, ils courent dans votre direction à 200 à l’heure en aboyant, mais il suffit de rester sur place en leur criant dessus pour qu’ils dévient de leur route au dernier moment et aillent se calmer un peu plus loin. Maintenant, difficile de tirer une règle générale. Il y en a dans les villages, mais en pleine nature vous serez tranquilles.
Enfin dans certaines grandes villes de Colombie, Équateur, Pérou, Bolivie..., des précautions élémentaires sont de mises. Pas trop de paranoïa non plus, certains quartiers sont (vraiment) à éviter mais pour le reste, vous ne risquez pas beaucoup plus qu’à Paris.
À part ça, il parait qu’il y a des pumas en Argentine mais on n'en a pas vu ! smiley

Heureusement certains axes ne sont pas bondés, mais il faut rester vigilant.
6 mois à vélo en Amérique du Sud.
Photo : Manu d'Adhémar
Heureusement certains axes ne sont pas bondés, mais il faut rester vigilant.
6 mois à vélo en Amérique du Sud.
Photo : Manu d'Adhémar
Le sel des Salars met les vélos à rude épreuve !
6 mois à vélo en Amérique du Sud.
Photo : Manu d'Adhémar
Le sel des Salars met les vélos à rude épreuve !
6 mois à vélo en Amérique du Sud.
Photo : Manu d'Adhémar
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