en

Quels outils emporter à vélo : bikepacking, cyclotourisme, VTT

par Anthony 22 sept. 213 lecteurs Soyez le premier à commenter share(partager) Soyez le premier à aimer ! :
Contexte de cet article :

Résumé :

La trousse à outils, c’est la trousse de secours du vélo : on espère ne pas s’en servir, mais quand c’est nécessaire, il faudrait qu’elle puisse tout faire. Comment s’en sortir, sur le terrain, sans emporter toute sa caisse à outils ?
Ces articles complètent le dossier "(P)réparer son vélo" publié dans Carnets d'Aventures #65 :
- Quels outils emporter à vélo (celui-ci)
- Comment choisir sa pompe vélo ?
- Quel multi-outils choisir pour son vélo ?

Pour réparer son vélo, voire éviter de réparer, plusieurs facteurs interviennent :
  • Entretien : éviter les pannes en bichonnant son vélo régulièrement
  • Expérience : savoir comment s’y prendre devant une panne
  • Équipement : avoir les bons outils
  • Hasard : et parfois avoir une bonne étoile :)

Superstitieux ou non, je ne peux pas influencer le hasard. L’entretien a été abordé dans CA#65 : en substance, il s’agit de prendre soin de son vélo comme de son cher et tendre. De l’écoute et de l’attention, des ingrédients indispensables à une bonne relation :) Quant à l’expérience, la littérature pour apprendre la mécanique vélo ne manque pas, comme le Mémo Vélo de Mobilidées ou le récent Vélos Pratiques de Laurent Belando.

Attardons-nous donc sur l’équipement : le contenu de ma trousse à outils. Parmi les éléments cités, certains sont indispensables et d’autres facultatifs. Quoi qu'il en soit, il s’agira d’adapter sa trousse à outils selon le voyage envisagé : durée, terrain et isolement sont autant de facteurs à prendre en compte dans sa préparation.
La base de ma trousse à outils "classique", à laquelle j'ajoute ou retire des éléments selon le voyage envisagé.
La base de ma trousse à outils "classique", à laquelle j'ajoute ou retire des éléments selon le voyage envisagé.

Les crevaisons

Commençons avec la réparation la plus courante, quelle que soit la durée du voyage. D’un tour du monde à un tour d’une petite heure, le kit de réparation de crevaison est de première nécessité ! Il est constitué de :
  • démonte-pneus de qualité : pas question qu’ils cassent au moment de s’en servir ! Solides oui… mais je préfère éviter ceux en métal qui risquent d’abîmer la jante.
  • Jeu de rustines et colle. Le grand classique ! Pas besoin d’explication, si ce n’est qu’il faut prendre soin de bien ranger son tube de colle : avec les vibrations, il arrive vite de le percer… Je vous laisse imaginer la stupéfaction au moment de l’ouvrir quand on en a vraiment besoin !
  • Chambre à air de rechange : une, voire deux, selon le voyage envisagé. À plusieurs, on peut grouper et prendre 3 chambres à air pour 2 par exemple. Attention toutefois à bien vérifier que la valve soit compatible.
Le grand classique de la réparation : la base anti-crevaison.
Le grand classique de la réparation : la base anti-crevaison.
La réparation à l’aide d’une rustine soulève toujours la même question métaphysique : quand la colle est-elle à point pour appliquer la rustine ? Les plus grands spécialistes se sont penchés sur le sujet, aucun consensus n’a été trouvé. Alors voilà ma réponse : je touche avec un doigt et il faut que ce soit ni trop liquide, ni trop sec. Ça vous aide hein ?!? Bien entendu, le temps de séchage dépend des conditions météo… Pour esquiver la question, vous pourriez être tenté par les rustines autocollantes. Je trouvais que ça ne marchait pas, mais j’ai dû y recourir récemment (celles contenues dans la Survival Gear Box de Topeak) et ça a fonctionné. Je pense tout de même que la colle + rustine demeure plus polyvalente, et plus fiable.

Note concernant les chambres à air : s’il est recommandé de choisir la bonne taille de chambre selon le diamètre de la roue et la section du pneu, il n’est pas rédhibitoire de ne pas respecter ces dimensions à la lettre. Par exemple : on peut, temporairement, mettre une chambre à air de 27,5” dans un pneu de 29”. Ça marche, enfin ça roule, au moins pour dépanner.
Si l’on roule en tubeless, on pourra agrémenter ce kit avec :
  • un kit de mèches. Quand le trou est un peu trop gros pour être colmaté par le liquide préventif seul, on applique une mèche pour combler ledit trou. Des kits existent sous plusieurs formes, l’essentiel est d’avoir un bon manche pour opérer. Et selon l’outil choisi, une lame est nécessaire pour couper la mèche à la bonne taille, après insertion.
  • Une fiole de liquide préventif. Pour parer à une éventuelle fuite (sur un choc par exemple, un pneu sous-gonflé peut perdre du préventif). L’idéal est d’avoir une fiole dont le capuchon sert de mini-entonnoir.
  • Un démonte-obus, afin de pouvoir recharger en préventif sans démonter le pneu. Il en existe des plus ou moins gros : certaines valves ont même un bouchon qui fait office de démonte-obus ! Attention à ne jamais ouvrir l’obus quand il y a encore de la pression dans le pneu : il y a beaucoup de chances de le perdre !
  • Une valve de rechange. Facultative, mais elle peut servir si l’obus a été abîmé (lors d’un gonflage par exemple) ou perdu (lors d’une mauvaise manipulation !).
De gauche à droite : un démonte-obus Stans (rouge) et une version ultra-légère en noir / une valve de rechange / une fiole de préventif / un kit de mèches
De gauche à droite : un démonte-obus Stans (rouge) et une version ultra-légère en noir / une valve de rechange / une fiole de préventif / un kit de mèches
Et enfin, évidemment, l’outil indispensable : une pompe vélo efficace ! Petite ou grande ? Légère à tout prix ? Avec ou sans manomètre ? Le choix est vaste, et en voyage c’est important de rouler à la bonne pression, que ce soit pour son confort mais aussi pour sa sécurité. On a mené des tests complets dans cet article qui explique comment choisir sa pompe vélo.
Les Dalton version pompe vélo.
Les Dalton version pompe vélo.

Le multi-outils

Comme son nom l’indique, le multi-outils couvre tellement de besoins qu’il est judicieux de bien le choisir. Or, il en existe pléthore, tous clament le fameux X-en-1 (remplacer X par le chiffre souhaité). J’ai eu tellement de mal à choisir le mien ! Après en avoir testé de différentes formes, voilà notre article complet qui vous aidera à choisir le multi-outils adapté.
item photo

Un Leatherman ?

En complément, j’emporte presque systématiquement un Leatherman qui apporte quelques fonctionnalités indispensables. Les modèles munis d’une pince (2-en-1 : plate et coupante) complètent parfaitement les multi-outils classiques.
À gauche, le Skeletool CX, et à droite, le Squirt PS4, miniature.
À gauche, le Skeletool CX, et à droite, le Squirt PS4, miniature.
En option du Skeletool CX, le Ratchet Driver permet de le transformer en véritable clef à cliquet.
En option du Skeletool CX, le Ratchet Driver permet de le transformer en véritable clef à cliquet.

Le freinage

L’élément à emporter est la pièce d’usure elle-même : une paire de plaquettes ou de patins de rechange, selon le système de freinage du vélo. Si le freinage est à câble, il est intéressant de prendre un câble de rechange.
Les plaquettes ont l’avantage d’être très compactes et légères, on peut en emporter une ou deux paires facilement. D’ailleurs la pince du Leatherman permet de tordre (ou détordre) la goupille de maintien des plaquettes, ou de couper un câble à la bonne longueur !
Paire de plaquette et, si besoin, câble de rechange.
Paire de plaquette et, si besoin, câble de rechange.
Les pinces des Leatherman sont ici aussi très utiles.
Les pinces des Leatherman sont ici aussi très utiles.

La transmission

Concernant la transmission, deux principaux problèmes peuvent survenir : une chaîne cassée et un dérailleur déréglé, voire arraché… Pour le premier point, le dérive-chaîne est indispensable, pour retirer deux maillons puis refermer la chaîne. On peut y ajouter un maillon rapide, vu son poids négligeable. Tous les autres réglages s’effectuent en général grâce au multi-outils, s’il est bien choisi : tension du câble, butées des dérailleurs… On veillera d’ailleurs à ce que le dérailleur ne puisse jamais aller titiller les rayons !

Quant au dérailleur arraché, les vélos modernes sont munis d’une patte de dérailleur qui fait office de fusible : sur un choc, c’est elle qui se tord, laissant le dérailleur et le cadre les plus intacts possible. Emporter une patte de dérailleur de rechange, plutôt légère, est donc vivement recommandé. L’ultime recours consiste à transformer son vélo en mono-vitesse, en choisissant un rapport intermédiaire et en raccourcissant la chaîne à la bonne longueur.

Enfin, on peut aussi prendre un câble de rechange pour la transmission. À savoir : ces câbles, plus fins, peuvent souvent servir pour remplacer temporairement un câble de frein.
Patte de dérailleur, dérive-chaîne, maillon rapide, et câble de rechange.
Patte de dérailleur, dérive-chaîne, maillon rapide, et câble de rechange.
Une bonne vieille chaussette et une brosse à dents hors d'usage : des outils économiques ! Et pour la graisse, je transvase ma graisse "habituelle" dans un petit récipient adapté (en blanc, c'est une fiole d'un ancien médicament !).
Une bonne vieille chaussette et une brosse à dents hors d'usage : des outils économiques ! Et pour la graisse, je transvase ma graisse "habituelle" dans un petit récipient adapté (en blanc, c'est une fiole d'un ancien médicament !).
L’entretien de la transmission est très important également. Lubrifier la chaîne régulièrement, suivi d’un nettoyage avec un chiffon, pour retirer le surplus de graisse et éviter que les poussières viennent s’y agglutiner. Pour un long voyage, une vieille brosse à dents est un outil léger qui peut aider à astiquer les moindres recoins, comme les galets de dérailleur par exemple.

Les roues

La casse d’un rayon est une panne assez classique, surtout pour un vélo chargé. Malheureusement, elle intervient souvent comme la casse d’une chaîne : sans préavis !
Pour y remédier, on peut se munir d’une clef à rayon (certains multi-outils en sont pourvus, même si moins pratiques à l’usage) et d’un ou plusieurs rayons de rechange, qui pourront être scotchés au cadre par exemple.
Il existe quelques solutions, peu courantes, de “rayon de secours” : un rayon souple, filaire, avec un système de serrage. Je n’ai jamais essayé, mais leur complexité et leur aspect provisoire me font préférer le “vrai” rayon de rechange.
Idéalement, on retire le rayon cassé tout de suite, pour éviter qu’il ne viennent s’emberlificoter dans le vélo en mouvement, sous peine de dégâts bien plus graves (vélo et pilote). Seul hic : côté cassette, il faut souvent la démonter pour retirer le rayon cassé, une opération qui nécessite souvent de l’outillage lourd et encombrant (fouet à chaîne, démonte-cassette et clef plate). Dans ce cas, si le vélo peut encore rouler, il s’agit de bien fixer le rayon cassé avec du duck tape par exemple (cf. section “Réparations diverses” plus loin).

Note : le démonte-cassette Unior, sobrement nommé 1669/4, permet de démonter sa cassette sans outils, pour 13 g seulement ! Cependant il ne convient qu’aux axes rapides 9 mm (l’ancien standard, de plus en plus remplacé par les axes traversants), et pour les cassettes de type Shimano (donc compatible SRAM et SunRace entre autres).
Le système de rayon de rechange polyvalent, une clef à rayon, et le démonte-cassette Unior.
Le système de rayon de rechange polyvalent, une clef à rayon, et le démonte-cassette Unior.
Ce rayon doit pouvoir s'adapter à toutes les longueurs, mais demeure une solution pas si pratique à mettre en place.
Ce rayon doit pouvoir s'adapter à toutes les longueurs, mais demeure une solution pas si pratique à mettre en place.

Les systèmes hydrauliques

S’il n’y a qu’une chose à retenir c’est : leur réparation est souvent impossible sur le terrain ! Freins, suspensions, selles télescopiques : le mieux est de croiser les doigts pour qu’il n’y ait pas de défaillance. En revanche, une révision complète avant de partir est toujours bienvenue, comme la purge des freins par exemple.
Un seul item peut être emporté : une mini-pompe haute-pression. Même si l’on a bien réglé ses suspensions avant le départ, une micro-fuite ou un besoin de modifier son réglage sont impossibles sans.
La mini-pompe Topeak Micro Shock HP (45g), comparée à une pompe haute-pression classique, plus lourde et plus encombrante donc.
La mini-pompe Topeak Micro Shock HP (45g), comparée à une pompe haute-pression classique, plus lourde et plus encombrante donc.

Réparations diverses

Pour compléter le tout, deux derniers accessoires sont indispensables : du duck tape et des colsons. Redoutables pour les réparations de fortune, légers et pas chers ! Pour les colsons, l’idéal est de constituer un jeu de différentes tailles. D’ailleurs, la pince plate du Leatherman aide grandement à serrer le collier au maximum. Et pour stocker le duck tape, il suffit d’en enrouler une bonne quantité autour d’une pièce du vélo (cadre, guidon, tige de selle…) ou de la pompe par exemple : ainsi, on a un petit rouleau de scotch durable, résistant et réutilisable avec soi. On peut faire tellement de réparations temporaires (voire définitives !) avec ces deux accessoires.
Vous pouvez mettre du duck tape partout où bon vous semble ! En l'occurrence, j'ai transformé ma bonne vieille pompe en double rouleau de scotch.
Vous pouvez mettre du duck tape partout où bon vous semble ! En l'occurrence, j'ai transformé ma bonne vieille pompe en double rouleau de scotch.

Le système D

Avouons-le, une bonne dose de débrouille et un peu d’audace, parfois, ça permet de se sortir d’une bonne galère. Recoudre un pneu, serrer une cassette avec une suspente de parapente (une ficelle solide quoi), refaire un fond de jante en duck tape… Improvisez, sur un malentendu, ça peut marcher !

Et vous, c’est quoi la botte secrète de votre trousse à outils ? Une amulette porte-bonheur ? Une photo de votre chat ? Une clef à molette XXL ? Dites-nous en commentaire :)
Coudre un pneu, tordre un plateau avec un caillou... soyez créatif, et un peu bourrins aussi !
Coudre un pneu, tordre un plateau avec un caillou... soyez créatif, et un peu bourrins aussi !
item photo

L'auteur de cet article :

Anthony Anthony
Commentaires