My U.S Bike Trip 2015

(réalisé) (partager)
Durant près de 5 500 km, j’ai traversé en vélo, les États-Unis d’Est en Ouest, du mois de mai au mois d’août 2015. Un long et beau voyage fait de rencontre simple, singulière, parfois inattendue. D’émerveillement devant ce que la nature peut nous proposer de plus beau, de dépassement de soi, de longues heures d’analyse philosophique avec soi-même, d’innombrables souvenirs qui refont surface et qui vous forcent parfois à vous arrêter sur le bord de la route.

Vous pouvez également découvrir mon blog retraçant mon aventure https://usabiketrip2015.wordpress.com/

Hell Yeah !!!
vélo de randonnée
Quand : 15/05/15
Durée : 83 jours
Distance totale : 5155.5km
Carnet créé par Laurent le 01 nov. 2015
modifié le 30 nov.
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Vue d'ensemble

Le compte-rendu : L'impitoyable Appalache (mise à jour : 01 nov. 2015)

Vendredi 15 mai 2015, 8H30 a.m, Brooklyn, New York, 23 degrés, ciel dégagé, vent nul, Top départ !
Superbe temps pour partir
Superbe temps pour partir
Top départ sur le Brooklyn bridge de New-York
Top départ sur le Brooklyn bridge de New-York
C’est donc après 3 jours de visite intensive que j’ai quitté la grosse pomme non sans un léger sourire aux lèvres. Impatient de partir à la rencontre de l’Amérique, la vrai, celle des grandes plaines, des champs agricoles qui s’étendent à pertes de vus, ses mers intérieures qu’on appelle « lac », ses déserts meurtriers, ses montagnes rocheuses et bien sûr ses habitants. A moi l’ivresse de pédaler cheveux au vent, au loin vers l’inconnue, avec comme seule contrainte, trouver à manger et un endroit pour dormir. Grisante perspective.

Mais parce qu’elle est unique en son genre, New York mérite bien que j’y consacre quelques lignes. Ville ou jungle urbaine, la frontière est mince, tant le concept de loi du plus fort est poussé à son paroxysme ici. Surtout au niveau de la circulation, apparemment le feu rouge n’a pas la même signification à New York qu’ailleurs, j’éviterai de parler de la conduite des taxis, les cyclistes n’étant pas irréprochables, eux non plus…

Tout va à 100 000 à l’heure, les New-Yorkais sont branchés sur du 10 000 volt. Ma Savoie natale me semble bien loin ici. Le bruit est omniprésent, les klaxons incessants mélangés à la violence des sirènes de la NYPD et des ambulances m’ont donnés quelques joyeux mots de têtes. Chaque rue, chaque avenue, chaque quartier ramène forcément à un film ou à une série policière quelconque. Au final cette ville ne me semble pas si étrangère, presque familière mais pas pour autant sympathique…

C’est donc avec un certain soulagement que je m’échappe de cette frénésie démoniaque. Le coeur remplit d’allégresse et le cerveau vidé de futiles problèmes, je me dirigeais vers le mystérieux massif des Appalaches. Ses mensurations, pas vraiment effrayantes d’après Wilkipédia, son relief, largement abordable à en croire Google Map. Une sorte de bute de Montmartre à côté d’un Mont Blanc . Petit effronté sans nulle vergogne, la nature allait se faire un plaisir de remettre à sa place ce jeune blanc bec et tout mettre en oeuvre pour le pousser à abandonner.


Les Appalaches commencent dès le New-Jersey puis traverse toute la Pennsylvanie, ainsi dès ma première journée et 10 jours durant j’oublierai ce que le mot plat veut dire. Les Appalaches ne sont qu’une succession de montagnes Russes allant de 200 m à 2 km de long, les pourcentages tournent en général autour de 8% et peuvent souvent monter jusqu’à 12%. Comprenez alors, un jeune freluquet, tout à fait vierge de la pédale, avec une assurance de prépubère inconscient et vous avez la combinaison parfaite pour passer un véritable calvaire. Heureusement les gens qui y habitent sont fort sympathique, je suis quasiment accueilli tous les soirs chez un Pennsylvanien, soit de manière préparée grâce au site Warmshowers ou de manière totalement fortuite. Comme chez ce couple de pasteurs qui me proposèrent pitance, une douche et le toit de la future église en construction à quelques mètres d’une magnifique rivière, bien à l’abri de la tempête qui frappait dehors. A ce moment précis je ne pense pas qu’un homme eut été plus heureux sur terre.

La verdoyante Pennsylvanie
La verdoyante Pennsylvanie
Église de mon pasteur
Église de mon pasteur
La Pennsylvanie, est malgré tout un Etat charmant, très vert, les propriétés sont immenses, les maisons pour la plupart en bois s’intègrent parfaitement au paysage, les pelouses sont toutes les unes plus propres et plus vertes que les autres. Etat très conservateur, la religion y est très présente, dès que je suis accueilli chez quelqu’un j’ai le droit aux bénédictions précédant le repas. Le support aux troupes américaines où qu’elle soit dans le monde y est également très fort.



La faune, du fait de l’immensité des forêts, est riche et variée. On peut y croiser aisément cerf, ratons laveurs et surtout ours. Je n’ai pas eu trop de mal à rencontrer cette dernière espèce. Un soir alors que je dormais tranquillement au bord d’une rivière et que dansais quelques lucioles au dessus de mon bivouac, j’ai été réveillé par un souffle puissant, l’ursidé était peut-être à moins de 10 mètres de la tente. Recroquevillé dans mon duvet, les pires scénarios se sont succédés dans mon esprit durant 20 minutes. Alors que la grosse bestiole n’avait pas envie de bouger, je réalisais enfin que j’avais oublié un paquet de biscuit près de mon vélo, quel idiot je faisais. Je m’empressais alors de sortir de la tente et de jeter le paquet dans la rivière et de revenir illico dans mon sac de couchage. Puis, un gros plouf se fit entendre…


On y croise aussi une autre espèce pour le moins originale, l’Amis. Communauté anabaptiste, les Amish sont très présents dans les Etats d’Amériques du Nord et compte de plus en plus de membres. Vivant de façon simple, à l’écart de la société moderne (mais pas du McDo), presque en autarcie. J’ai eu l’occasion à quelques reprises de traverser des villages Amish, principalement en quittant les routes principales, une ambiance étrange s’y dégage, comme un retour 100 ans en arrière. Ici pas de voiture, pas d’Iphone, pas de téléphone tout court, pas de machine à laver, l’eau va se chercher au puits… Intéressante approche de la vie.


Attention Amish
Attention Amish
Amish en stationnement
Amish en stationnement
Quittant les Amish, je quitte par la même occasion la Pennsylvanie, cet Etat m’aura marqué pour le reste de mon voyage, dur et impitoyable, il aura testé mes limites physiques et mentales jusqu’au bord de la rupture. Mais celui-ci n’est pas ingrat, il sait récompenser les plus méritants, les travailleurs, les besogneux sans talents, Maitre Appalaches m’offrira deux cadeaux en forme de récompense, l’Allegheny National Forest et l’Allegheny réservoir. Usé par plusieurs journées consécutives éprouvantes et sans intérêt, à la limite du craquage cérébral quelques heures auparavant, ces deux merveilles de la nature remontèrent instantanément ma barre d’énergie vitale au maximum et décupla par 1000 ma motivation. A moi l’Ohio !



Eat, Sleep, Ride, Repeat ! 

Allegheny national forest
Allegheny national forest
Allegheny national réservoir
Allegheny national réservoir
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