L'Europe en VTT tous azimuts par les sentiers

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C'est les très grandes vacances :)
Vivre l'aventure simplement, en immersion dans la nature tout en s'amusant, voilà les mots clés de ce projet. Il se précise aujourd'hui: je vais parcourir les sentiers européens de grande randonnée en VTT avec une remorque et tout suspendu.
S'y rendre de manière douce : C'est possible en train ferry
Précisions : Départ de la maison! Il y aura quelques traversées maritimes en ferry et surement des petites liaisons en train.
VTT
Quand : 9/2/18
Durée : 200 jours
Distance totale : 7852.5km Dénivelées : +137158m / -142714m
Alti min/max : 0m/2843m
Carnet créé par Gaiako73 le 09 Dec 2017
modifié le 07 Nov
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Vue d'ensemble

Le compte-rendu : Italia (mise à jour : 07 Nov)

A défaut de découvrir la Mer Noire, je débute la partie italienne par le talon de la botte qui, paraît-il, a une côte bien préservée et de beaux sentiers.
Il semble aussi intéressant de découvrir l'intérieur des terres de cette région des Pouilles.

La côte sud entre Bari et Brindisi n'est pas intéressante. Je la quitte rapidement pour prendep de la hauteur jusqu'à Alberobello, la cité des trullis.
400m de dénivelé par une petite route pas très fréquentée.
400m de dénivelé par une petite route pas très fréquentée.
Les fameux trullis d'Alberobello.
Les fameux trullis d'Alberobello.
Évidemment très touristique cet endroit. Par contre, la campagne autour est elle aussi pleine de trullis à vocation agricole bien plus authentiques. 
Bivouac à côté d'un trulli abandonné.
Bivouac à côté d'un trulli abandonné.
En Italie, la propriété privée est partout. Clôtures, murs et panneaux sont là pour le rappeler. A commencer par le littoral où l'on peut faire plusieurs km sans avoir accès à une plage. A part les parcs naturels, il ne semble y avoir quasiment pas de terrains publics. Pour les bivouacs, je n'ai donc pas d'autres choix que de me permettre de poser la tente dans une plantations d'oliviers en choisissant celles qui ne sont pas entretenues. 
Ce que je n'imaginais pas c'est qu'elles sont infestées de moustiques! Pour quelle raison? Le sol est argileux. Tout paraît être très sec mais la terre est en fait bien chargée en eau. Ça m'a coûté de nombreuses piqûres et l'obligation de faire un maximum de choses sous la tente.
Le visiteur du matin
Le visiteur du matin
Italia
Je reste sur le plateau légèrement valloné pour une centaine de kilomètres sur des micros routes ou pistes à travers les plantations d'oliviers. Très agréable. 
Quelques beaux "villages blanc" traversés
Quelques beaux "villages blanc" traversés
Italia
La côté sud est des Pouilles à partir de San Cataldo est plutôt préservée et superbe. Le vent contraire en continu a rendu la découverte moins agréable mais c'était surmontable. Jusqu'à Otranto, les sections de sentiers en bord de mer sont praticables en vtt sur terrain sablo-argileux. De temps en temps, un panneau indique que seuls les piétons peuvent emprunter ces sentiers. En saison estivale ça peut se comprendre car c'est souvent très étroit. Et puis malheureusement, j'ai croisé et entendu des motocross qui font de beaux dégâts :( 
Une plantation bien entretenue
Une plantation bien entretenue
Italia
Italia
La petite partie de sentier littoral au sud d'Otranto est magnifique. Avec les rafales de vent et les grosses vagues c'était ambiance ! J'ai tenté de poursuivre vers le phare Della Palascia mais c'est devenu vite impraticable... Demi tour!
La grosse mer!
La grosse mer!
Venteux mais chaud
Venteux mais chaud
Ensuite j'ai trouvé de beaux sentiers très roulants et très légèrement vallonés qui surplombent majoritairement la mer ce qui est d'autant plus intéressant. J'avais un peu limpression d'être seul au monde! En même temps, le vent n'encourage pas à être dehors. La mer Adriatique avait des allures d'océan. 
L'impression d'être seul au monde
L'impression d'être seul au monde
Italia
Italia
La recherche d'un lieu de bivouac est toujours aussi compliqué au royaume de la propriété privée ! Toujours pas d'autre solution que de se permettre de poser la tente sous un olivier ! Cette fois le propriétaire me trouve le matin et me demande gentiment de partir.
Italia
J'achève ma découverte du talon de la botte à Tricase d'où je prends le train pour Bari. 
C'est de là que je vais suivre un moment l'itinéraire de la Via Francigena qui traverse l'Italie Sud Nord. Il suit la côte jusqu'à Barletta. Très peu de sentiers mais des petites routes tranquilles. 
Les traversées des stations balnéaires me donne l'impression d'être l'un des rares survivants à une épidémie ! Tout ces équipements pour 4 mois d'utilisation dans l'année.
Enfin un bivouac les pieds dans l'eau ! C'est beau mais...
Enfin un bivouac les pieds dans l'eau ! C'est beau mais...
...pas si beau que ça avec tous ces déchets. Lamentable de voir ça dans ce pays.
...pas si beau que ça avec tous ces déchets. Lamentable de voir ça dans ce pays.
Y a quelqu'un ?!!
Y a quelqu'un ?!!
Des villages de pêcheurs sympathiques
Des villages de pêcheurs sympathiques
Ah oui, il y a aussi un nombre impressionnant de construction inachevées abandonnées... Mafia ou difficultés économiques ?
Ah oui, il y a aussi un nombre impressionnant de construction inachevées abandonnées... Mafia ou difficultés économiques ?
Italia
A partir de Barletta, la Via Francigena quitte la côte et tourne vers l'ouest en direction du Sud des Apennins. La météo tourne également.... à l'humide ! La première journée reste plate et très droite, toujours à travers des terres agricoles. 

Ça me fait penser que depuis que je roule en Italie, je n'ai pas vu une seule forêt "à l'état naturel"! Assez hallucinant. D'ailleurs pour trouver plus facilement un bivouac, je dévie de l'itinéraire prévu pour rejoindre un parc naturel régional (del Bosco Incoronata). La nuit commence à tomber quand j'y arrive et mauvaise surprise : pas de forêt et de la propriété privée avec chiens en veux tu en voilà! Même les ruines d'un genre d'ancien monastère sont privées. Je finis donc dans un champ non clôturé et très boueux. 
Italia
Italia
J'espère qu'avec le relief le paysage va être un peu plus nature et libre. Malgré la pluie, la boue reste bien collée au vélo et à la remorque. Heureusement, en Italie, on trouve très facilement des points d'eau potable. Les cours d'eau sont bien marron alors pas vraiment adapté ! Le nettoyage réalisé, je peux attaquer la première ascension. C'est en fait la première ascension qui va m'attaquer !! D'abord des chiens qui déboulent d'habitations isolées avec de l'agressivité. Une fois, puis deux, puis trois.... je ne fais pas un kilomètre sans être exposé au risque de morçure. Et quand c'est quatre chiens de type Patou qui m'agressent, je pédale la peur au ventre. A deux reprises, le propriétaire était dehors, il m'a vu avec ses chiens à 20cm de mes mollets et il n'a absolument rien fait !!!!! Ça me dégoûte.

Et puis, j'ai une douleur discontinue et vive à une jambe que j'avais déjà eu dans les derniers reliefs autrichiens.

Première signalisation de la Via Francigena !
Première signalisation de la Via Francigena !
Entre 2 averses
Entre 2 averses
Bref, j'échappe au pire mais je suis inquiet. Là dessus, la pluie redouble. J'arrive à 1000m d'altitude. Il faut que je m'abrite. Vu le déroulement de la journée, je ne suis pas optimiste. Et là, coup de bol, je tombe sur une ruine d'un bâtiment religieux recouverte par un immense abri. De quoi planter la tente au sec. (Et pas de chien dans les parages). Ouf!
L'abri miraculeux !!
L'abri miraculeux !!
Après cette nuit apaisante je repars dans le brouillard et avec de l'appréhension ou un mauvais pressentiment, un peu normal vu comment ça s'est passé la veille. 
Quelques kilomètres de petites routes désertiques et c'est reparti pour les agressions canines !! Ça passe, je prends une piste descendante. Un peu de répit ? 
Italia
Et, non! Quand ça n'est pas les chiens, c'est la boue... où plutôt LA BOUE ! Un mélange d'argile, de paille et de cailloux ! Si bien, que les roues ne tournent plus et que le vélo à pris quelques kilos ! Impossible de rouler sur la piste, je ne fais plus 3m qu'il faut enlever les masses de boue à la main. De chaque côté des champs labourés, encore pire. Reste les petit monticules de chaque côté de la piste un peu plus végétalisé mais cahotique. Et faire demi-tour ne paraît pas être là bonne option. Alors j'avance lentement en poussant.
Y a de quoi faire un atelier poterie
Y a de quoi faire un atelier poterie
Italia
Et après 2 ou 3 km, la piste semble bien moins collante et descend franchement. Je remonte sur le vélo. Ça roule, ça roule ...ça freine tout seul, ça freine, ça freine ... j'appuie sur les pédales et là CRAAAK !!!! Le coup fatal. Dérailleur cassé (pour les connaisseurs :  il n'y a pas de pâte de dérailleur sur le zesty mais une protection physique contre les chocs). Et bien voilà, je crois que l'Italie ne veut plus de moi ...et, en même temps, je crois je ne veux plus d'elle ! Bon enfin, pas de drame, je vais bien, je sais où aller, j'ai de quoi manger et boire. 
Je bricole le vélo pour qu'il puisse rouler sans danger dans les descentes (au passage, mon dérive chaîne me casse aussi dans les mains !). 
La suite c'est 20 km à pieds avec heureusement la majorité de route et de descente.
Ça va marcher beaucoup moins bien maintenant !
Ça va marcher beaucoup moins bien maintenant !
Pour finir sur une photo de paysage !
Pour finir sur une photo de paysage !
Avec toutes ces péripéties et les épisodes météorologiques violents passés et annoncés sur l'Italie. Je décide de rentrer à la maison en train plus tôt que prévu mais très content de cette première aventure.
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Carnets d'Aventures N°53