vol au dessus de l'Aiguille du Midi

par hugues dans En France à la journée ou pour un week-end 13 juin 2006 mis à jour 30 oct. 2012 12191 lecteurs Soyez le premier à commenter (partager)

Voler depuis l’Aiguille du Midi : c’est flirter avec la haute montagne sur 2700m de dénivelé !


Ce vol haute montagne est une excellente initiation au paralpinisme. Il est néanmoins réservé à des pilotes confirmés, maîtrisant des bases d’alpinisme (cramponnage et assurage sur une arête) pour accéder au décollage.

L’accès est similaire à celui de la vallée blanche ; le décollage est situé un peu plus loin que la plateforme où les skieurs chaussent, sur l’arête Midi Plan.


Il y a deux directions de décollage et l’on peut décoller en versant nord, en régime anticyclonique ou léger flux météo de nord à nord ouest, et en versant sud en flux de sud.
Dans les deux cas, l’ambiance est aérienne et des crevasses sont présentes en contrebas des zones d’envol. Le décollage nord est de loin le plus exposé et la technique du pilote devra être sûre. Par ailleurs, on notera qu’avec l’altitude la portance est moindre à vitesse de course égale ; il faudra donc bien choisir l’instant de décollage et être prêt à mettre la gomme.

Pour aller plus loin … ou plus haut : le Mont Blanc du Tacul, 4248m.
Bien que tout à fait réalisable dans la matinée par des alpinistes expérimentés et acclimatés, en prenant une des premières bennes, il s’agit d’une véritable course en montagne, avec des pentes de neige raides et des crevasses parfois difficiles à franchir. L’ascension dure environ 3 heures depuis l’aiguille du Midi. On se munira du matériel d’alpinisme classique : corde, un piolet par personne, crampons, deux broches à glace et quelques cordelettes et mousquetons.
On prendra également des vêtements chauds car on se refroidira vite en se préparant à décoller et surtout pendant le vol.
Le décollage se fait de l’épaule, juste sous le petit bastion rocheux sommital. Il faudra prendre un peu de marge si l’on veut gravir le sommet 50m plus haut…


Les conditions favorables : régime anticyclonique avec un flux de nord à nord est faible. Il faudra être vigilant car l’euphorie et la fatigue altèrent les capacités d’analyse. On prendra garde à observer la nébulosité en vallée ainsi que l’activité thermique et les brises pouvant rapidement se renforcer.
On choisira de préférence pour décoller une zone neigeuse bien que sur l’épaule du Tacul, la glace ait rapidement tendance à apparaître. Il sera plus facile d’évoluer sans crampons, notamment lors du gonflage de l’aile. 25 à 30 km/h de vent sont fréquents et une fois la décision de vol prise, la préparation devra être efficace : crampons enlevés, on doit pouvoir s’installer dans la sellette avant de sortir l’aile de son sac de compression. Sac à dos sur les épaules en évitant les bâtons qui dépassent comme des antennes, on passe directement au pré gonflage… évidemment, si le vent est très faible, la préparation sera plus « cool », mais c’est rare en haute montagne. Il m’est arrivé de manquer de perdre mon aile suite à une bonne rafale : sellette légère et tissu de parapente glissant très facilement sur la neige, me voilant courant sans crampons derrière mon aile à moitié gonflée. Essoufflé, je me jette sur elle comme pour un plaquage désespéré, et me fait sournoisement « saucissonner » dans les suspentes … un grand moment de solitude dont personne (heureusement) ne fut le témoin !

L’atterrissage se fait au bois du Bouchet qui est environ 500m après le centre sportif de Chamonix en direction d’Argentière ; en hiver, lorsque le site est aménagé pour les fondeurs, on doit se poser sur l’atterrissage delta, encore 500m plus loin vers l’amont de la vallée.
On notera qu’à partir des belles journées de printemps, la brise de vallée est très soutenue dans l’après midi. Les terrains d’atterrissage sont grands mais sont bordés d’arbres et il sera prudent de finaliser son approche au vent des arbres pour éviter les mauvaises surprises.

Réglementation :
Il est important de noter que ces vols sont interdits en juillet et août. En effet ils se situent dans la zone d’interdiction temporaire LF R 30B qui protège les opérations de secours des hélicoptères en montagne.
A savoir également : il existe une zone d’interdiction permanente (LF R 30A) dans le voisinage de la DZ hélico du Bois.
Pour avoir de plus amples informations, on prendra contact avec une des écoles locales : «les Ailes du Mont Blanc » ou « Summits parapente ».

Remarque importante :
L’indication de vent donnée sur le panneau d’information de la gare de départ du téléphérique est fausse !

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