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Légèreté = flexibilité = liberté
Marcher sur deux jours le temps d'un week-end paraît souvent trop compliqué : pour une nuit et une seule il faut emporter tout le matériel de bivouac : duvet, tapis de sol, tente, réchaud, popote et tout ce que j'ai oublié de mentionner, le tout dans un grand sac lourd. Porter tout ça pour une nuit semble disproportionné. Avec un sac de 4 ou 5 kg sur les épaules, les contraintes s'effacent et les jolis bivouacs à portée de main sont plus tentants que jamais. Évidemment, les joies et bénéfices de cet allègement se font aussi ressentir lors de randos au plus long cours.
Et la sécurité dans tout ça ?
Certains reprochent aux MUL que leurs choix d'équipement les rendent plus vulnérables. D'une certaine façon, c'est peut-être vrai, mais en même temps la mobilité plus élevée (du fait du poids moindre) et le fait d'être moins fatigué donnent une meilleure marge de sécurité. Notons en plus qu’il est plus « facile » de se tordre une cheville ou de perdre l'équilibre quand on a un sac de 20 kg sur le dos que quand il en pèse moins de 10. D'un certain côté, la marche légère s'apparente à l'alpinisme contemporain : léger, rapide et efficace, par opposition aux lourdes expéditions traditionnelles.
Et puis à ceux qui prônent le risque zéro, on peut rétorquer qu'ils n'ont qu'à aller « vivre » leur « vie » dans un bocal aseptisé et qu'ils laissent les autres profiter de la leur à leur guise (désolé mais je n'aime pas le sécuritarisme bouffeur de liberté vers lequel dérive notre société).
Un des nombreux intérêts d'être léger est de pouvoir franchir facilement (et du coup en minimisant le risque de chute) des passages délicats.
Peut-on envisager une marche ultra-légère pendant une longue durée ?
Sylvain Tesson, lors de sa marche de 9 mois en Asie, avait un sac d'environ 6kg (hors eau et nourriture). MUL et longue durée peuvent se concilier ; de nombreux marcheurs au long cours défendent ce concept (surtout les Anglo-saxons encore une fois, qui conçoivent ce type de marche dans la durée).
Au bilan que penser de tout cela ?
D'une manière générale, réfléchir à ses besoins réels semble une approche saine et équilibrée. Parfois, on achète du matériel surtout parce qu’il ouvre une porte mentale vers la nature, le voyage, la liberté, parce qu'il est une promesse d'évasion. Ensuite, on part avec tous ces éléments qui nous ont permis de rêver et au bilan, une fois sur le dos, certains se révèlent des ennemis qui pèsent chaque seconde du poids de toute leur inutilité. Plus prosaïquement, on peut noter les quelques avantages et inconvénients cités ci-dessous :
Inconvénients
Relative fragilité de certains éléments du matériel qui, utilisés intensivement, demandent à être changés régulièrement. Cela ne concerne pas la plupart des marcheurs qui dépassent rarement les 15 jours par an. Les marcheurs au long cours choisissent du matériel un peu plus résistant et y font plus attention. Un certain confort en moins ; pour gagner du poids, il faut faire quelques concessions… Mais le confort perdu au bivouac est gagné durant la journée.
Avantages
Se balader dans la nature sans être esclave de sa charge. Aller plus vite, plus loin, ou avoir plus de temps. Être moins fatigué, s'autoriser des détours. Ménager son dos et ses articulations. Repenser son approche de la randonnée, réfléchir à ses besoins réels, se creuser la tête et trouver des solutions, l'appliquer à d'autres activités, comme le vélo (le VTT itinérant s'envisage déjà plus dans une approche ultra légère).
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