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Toujours vers le nord
Nous atteignons Ider le 6ème jour et Sébastien s’en va vite vers la capitale et ne rate pas son avion (mais il rate sa 1ère journée de travail suite à une mauvaise connexion à Moscou ; c’était bien la peine de courir dans les montagnes !!). Nous poursuivons vers le nord-est et atteignons Tosonchengel où nous retrouvons Anne. Nous y achetons son cheval et un vélo de bât. C’est là que notre petite équipe commence à devenir étrange : où vont-ils donc ces drôles d’étrangers, marchant, chevauchant ou poussant un vélo ? Nous remontons une large vallée avant de s’engager dans une autre, plus aride. Il fait très chaud et l’ombre est rare. Lorsque les orages se déchaînent sur la steppe en fin de journée et que nous nous passons à proximité de yourtes, nous nous approchons afin de nous réfugier dans l’une d’elles. L’accueil est toujours le même : hospitalier et curieux !
Le Khövsgöl
Marchant toujours vers le nord-est dans une aride vallée très peu habitée, nous sommes encore à deux jours de marche de la ville de Shin-Ider lorsque une camionnette (l’habituel fourgon russe 4x4 que l’on trouve partout dans le pays) s’arrête tout près de nous. Des gars en sortent avec des outils de géologues (dixit Olivier qui reconnaît le petit marteau). Nous nous étions arrêtés là à la recherche d’un puits marqué sur la carte ; eux viennent faire des prélèvements par ici. « Geologist » nous dit fièrement l’un d’eux. Chouette, il parle anglais ! « Geologist » répète-t-il pour toute réponse à nos questions. Ok, ils ne parlent pas anglais mais en tous cas, ils sont adorables : les voilà qui nous donnent des boissons fraîches (eau et soda) ainsi que des oranges, un vrai délice ! Le lendemain, nous les croiserons à nouveau, même topo, merci les gars !
Après Shin-Ider, la sécheresse fait place à la pluie, les arbres réapparaissent. Nous cheminons plusieurs jours dans des immenses vallées sans fin pour atteindre la ville de Mörön où nous avons rendez-vous avec des amis venus partager notre deuxième mois de voyage. Deux cavaliers en plus et nous poursuivons vers le nord, direction la région du Khövsgöl. Au sud du lac éponyme, nous retrouvons 2 autres amis au village de Khatgal ; ils ont avec eux deux « chariots » Carrix qui apportent encore une note étonnante à notre petite équipe. Nous voilà maintenant sept à progresser le long des rives sud-est du magnifique lac Khövsgöl, le petit frère du Baïkal (une rivière sort du Khövsgöl pour aller alimenter le Baïkal).

A gauche : derniers rayons de soleil avant l'orage
A droite : chevauchée au-dessus du lac Khövsgöl
Nous cheminons dans un paysage de taïga sibérienne, fréquemment arrosé de pluie en cette saison. Les quelques baignades dans le lac sont fraîches mais bien agréables. Nous quittons le lac pour filer vers l’est, direction Shandami-Ondloor, puis Erdenet-Bulgan (il ne s’agit ni de la grosse ville de Erdenet, ni de celle de Bulgan ; nous ne savons pourquoi mais de nombreuses villes portent des noms similaires à d’autres situées à proximité ou dans la région voisine). Avant d’atteindre cette cité, nous marchons successivement plusieurs heures dans un terrain marécageux et infesté de moustiques, puis sur un immense et bucolique parterre de fleurs bordé de cultures (rares en Mongolie) de blé. En fin d’après-midi, nous arrivons en ville où se trouvent de nombreuses machines et installations agricoles russes décrépites et à l’abandon, conférant au lieu une ambiance terne et triste. Mais le soleil est radieux et la tenancière du guanz (échoppe) dans lequel nous nous arrêtons se met en quatre pour nous faire des plats de toutes sortes. Nous avions pour objectif de marcher encore un peu après nous être restaurés, afin d’aller bivouaquer quelques kilomètres après la sortie de la ville, mais après ce repas gargantuesque qui dure deux bonnes heures, nous nous étalons dans l’herbe autour de la maisonnette de notre souriante hôtesse et y plantons les tentes avec son accord et son contentement. À la tombée de la nuit, elle nous montre ses talents de jet d’objets hétéroclites en direction d’un chien qui en veut à notre sac de pain ; nous ne savons pas si elle s’entraîne régulièrement mais elle a le tir précis : alors que la nuit est maintenant noire et que nous entendons approcher un chien sans le voir, nous entendons successivement : « tac ! poc ! kaï, kaï, kaï !! », impressionnante notre hôtesse !

Encore trois jours de marche sous un ciel nous offrant de très belles lumières et nous voilà à Taliaran où nous achevons fin août notre marche itinérante. Nous dégustons plusieurs glaces dans la rue principale en attendant le fourgon qui nous ramènera, ainsi que 19 autres personnes, à la capitale en une bonne vingtaine d’heures. Nous sommes bien entassés, mais les gens sont sympathiques.
Les images du périple effectué défilent dans nos têtes. Les deux cassettes de musique mongole qui tournent dans l’autoradio grésillant nous bercent et apportent déjà un brin de nostalgie. Dans quelques heures, nous replongerons dans la « civilisation » ; Ulaan Baatar c’est presque déjà l’occident…
Ont participé à ce voyage :
Les deux mois : Anne Iotz, Johanna et Olivier Nobili
Un mois : Sébastien Peythieu, Steve Léonard, Béryl Ziegler, Jean Viale, Yves Bugnet.
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