Carnets Aventures
 
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la Mongolie à pied, à vélo et à cheval

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Écrit par Johanna   
25-08-2007
Index de l'article
la Mongolie à pied, à vélo et à cheval
Entrée en matière difficile
Adaptations
Hospitalité
Nomade chez les nomades
Vers le nord et le lac Khövsgöl
 

Entrée en matière difficile

Mongolie desert de Gobi Mongolie desert de Gobi
Le désert de Gobi

« Where’s my master ? » dis-je, couchée par terre, la figure en sang. Au soulagement de me voir rouvrir les yeux et parler succède vite l’inquiétude : « elle délire », se disent mes compagnons de voyage.

Environs de la bourgade d’Altai, désert du Gobi, début juillet 2005.
Nous sommes venus hier soir chez ce fermier pour tenter de lui acheter des chevaux, il était convenu qu’il irait en chercher pour nous les montrer ce soir. Nous en voulons pour la monte et pour le bât. Le fermier possède un troupeau qui vit libre dans la steppe, la plupart des bêtes ont été débourrées étant jeunes mais ne sont pas montées. En fonction des besoins, il va en attraper, avec sa urga (longue perche mongole traditionnelle terminée par un lasso et destinée à attraper des chevaux). Le troupeau en liberté a donc été poursuivi dans la journée et les chevaux les moins malins – nos potentielles futures montures – se sont fait attraper. À l’état permanent de veille angoissée – atavisme d’herbivore –, s’ajoute ce soir pour ces bêtes le stress d’avoir été pourchassées et capturées. Autant dire qu’elles ne sont pas très zen. Sans compter l’attroupement qui se forme autour d’elles – des étrangers qui viennent acheter des chevaux, ça n’arrive pas tous les jours ici, il ne faut pas rater le spectacle –, l’agitation et ces étranges brides et selles françaises que nous tentons de leur faire accepter. Bon gré mal gré, nous trouvons un cheval qui accepte le matériel sans trop se rebeller, un Mongol monte dessus quelques instants puis le propose à l’essai à l’un d’entre nous. Anne monte.
Deuxième cheval, même topo : Olivier monte.
Troisième cheval. Stress à la mise de la selle. Les spectateurs, maintenant en confiance, s’approchent, trop. Stress. Un papy de la yourte hôte tente de monter sur le cheval mais n’y parvient pas : nous n’avons pas encore de paire d’étriers pour cette selle. « Tant pis, me dis-je, j’y vais directement ». Erreur. Je monte sur le cheval. Le papy lui tient la bride et marche à nos côtés. Quinze mètres. Tiens ça remue…
Black-out.
Retour. Conscience. État des lieux. Je suis couchée dans l’herbe en Mongolie, à quelques dizaines de mètres se trouve une yourte autour de laquelle des personnes vaquent à leurs occupations, Olivier est à côté de moi, j’ai froid, j’ai mal au dos et à la nuque.

MONGOLIE cheval
Lac dans la région d'Uliastay

Une bonne heure s’est écoulée, Olivier me raconte cette tranche de ma vie qui m’a échappé : le cheval est parti dans un rodéo fou et m’a désarçonnée assez rapidement, j’ai gardé mes mains basses (tenir les rênes ? m’accrocher à la selle ? je n’en ai aucun souvenir) et me suis écrasée sur la tête, sur un sol heureusement herbeux. Ma joue a touché terre en premier et l’énergie de la chute s’est visiblement dissipée dans un mouvement de torsion de toute ma colonne vertébrale, me donnant l’apparence peu rassurante d’un pantin désarticulé. D’abord inconsciente, j’ouvre les yeux puis me mets à parler, soit pour dire des inepties et pas uniquement en Français, soit pour répéter obstinément les mêmes questions « mais on est où là ? » « qu’est-ce qu’on fait ? ». Nous saurons plus tard que cette obnubilation plus les saignements clairs du nez (bien que mon nez n’ait pas tapé le sol) font partie des symptômes de la commotion cérébrale. Je finis par reprendre mes esprits mais cette heure qui a suivi les quelques secondes précédant la chute reste inaccessible à ma mémoire. Pas de véritable médecin là où nous sommes bien entendu. En quittant la Mongolie, les Russes sont partis avec tous leurs médecins et leur savoir médical. La pseudo docteur du bâtiment qui sert d’hôpital à Altai me donne l’unique demi-cachet qui lui reste dans tous ses flacons de médicaments… Il est tard et nous allons nous coucher dans un petit hôtel. Toutes les deux heures, mes compagnons me réveillent pour vérifier mon état, me faire lever et effectuer quelques tests d’équilibre : « vas-y, ferme les yeux et lève une jambe pour voir si tu tiens debout… ok bon reste comme ça et touche ton nez avec ton doigt ». Je rate de quelques millimètres : « refais-le ! ». Ben oui tiens, pas facile de faire le zouave avec une patte en l’air en pleine nuit ! Qu’est-ce qu’on s’amuse… Ce n’est que le lendemain que nous penserons à joindre (tant bien que mal) des médecins en France pour avoir un diagnostic : commotion cérébrale, risque de complications cérébrales très faible au-delà des 48 heures qui suivent l’accident si celles-ci se passent bien, ce qui est le cas. Le seul problème reste l’état piteux de mon dos : plus question pour moi de voyager à cheval pendant 2 mois ; si ça va mieux, je marcherai.

MONGOLIE Longue marche MONGOLIE Longue marche
Longue marche à travers la steppe



 
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