Tous les chemins mènent en Bretagne... (partager) Vue d'ensemble

1800 km de plaisir à vélo. Voies vertes et véloroutes de l'Auvergne à la Bretagne en faisant un petit détour par le sud.
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S'y rendre de manière douce : C'est possible en train Précisions : Accès à Lavoûte/Loire en TER par la vallée de la Loire depuis Le Puy-en-Velay ou Saint-Etienne.
vélo de randonnée
(réalisé) Quand : 21/08/16 Durée : 21.0 jours
Carnet créé par pattes_de_poulet le 21 févr. modifié le 21 févr.
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Le topo : Section 1 (mise à jour : 21 févr.)


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Le compte-rendu : Section 1 (mise à jour : 21 févr.)

Ravin de Corboeuf
Ravin de Corboeuf
La Via Fluvia et la Dolce Via

La première journée se termine mal. À seulement deux kilomètres de son terme, je casse le levier de frein arrière en appuyant mon vélo contre une barrière.

Le voyage avait pourtant bien commencé. Sur le quai de gare de Lavoûte-sur-Loire, je fixe mes bagages et la remorque à mon vélo et, accompagné de mon chien Elvis, je prends la direction de Tence en empruntant la Via Fluvia. Trait d’union entre les fleuves Loire et Rhône, elle traverse le Pays des Sucs et le plateau Vivarais-Lignon puis plonge vers la vallée du Rhône. En ce dimanche d’août, le beau temps est de la partie. Le chemin serpente dans la vallée de la Suissesse jusqu’au plateau yssingelais. Il est ponctué des viaducs de Corbœuf et de Chavalamard. À hauteur du premier, on peut admirer le ravin de Corbœuf appelé aussi « le petit Colorado de l’Auvergne ». C’est une alternance de petits ravins et de crêtes formés de couches d’argile sédimentaire de diverses couleurs (ocre, bleu, vert, rouge). Ces sédiments se sont déposés, il y a quarante millions d’années, au fond d’un grand lac occupant les bassins du Puy-en-Velay et de l’Emblavez. À proximité du viaduc de Chavalamard, haut de trente mètres, se produisit, en juin 1944, le plus grave accident des chemins de fer du Vivarais (douze morts et cinquante-neuf blessés). Ce jour-là, un wagon est ajouté au convoi en gare d’Yssingeaux. Les tuyaux de frein n’ayant pas été raccordés, le convoi surchargé et à pleine vitesse précipite un wagon et trois voitures de voyageurs dans le ravin.

La vallée encaissée est recouverte d’un tapis d’arbres que crèvent par endroits de hauts rochers de lave volcanique. Je m’imprègne de ce décor sauvage. Sur le plateau, le paysage s’ouvre au regard et dévoile les sucs posés comme des cerises sur un nappage de verdure. Je rencontre un couple de cyclistes avec lequel je parcours quelques kilomètres. Nous parlons des voies vertes toujours plus nombreuses et très fréquentées. Nous nous accordons pour dire qu’elles sont, avec les véloroutes, les infrastructures idéales pour sillonner la France à vélo, et cela en toute sécurité. Alors que j’approche de la fin de cette première étape, je m’arrête pour démonter la béquille centrale que les vibrations ont dévissée. Et c’est à ce moment que je casse le levier de frein arrière. Nous sommes dimanche. Mon vélociste est à quarante kilomètres d’ici et n’ouvre que demain après-midi…Je patiente donc chez mes parents à Tence.

Cette journée m’a permis de m’habituer à mon nouveau chargement. Je tracte la remorque dans laquelle Elvis prend place lorsque c’est très roulant. Mais j’ai des doutes sur sa volonté à y rester car il n’a pas vraiment été préparé à cela. Malgré tout, je fais le pari qu’il voudra se reposer lorsqu’il sera fatigué… Aujourd’hui, j’ai quand même eu droit à un concert d’aboiements pendant quatre kilomètres avant qu’il s’endorme.

Pendant deux jours, je prends mon mal en patience. Je récupère enfin mon vélo réparé (merci au magasin MC2 de Monistrol-sur-Loire pour sa rapidité) et me fais déposer en voiture près de Saint-Agrève le mardi soir. Nous allons passer notre première nuit à la belle étoile. Cette fois-ci, l’aventure commence pour de bon !
Plateau du Mézenc (de gauche à droite : le Gerbier-de-Jonc, le suc de Sara et le Mézenc)
Plateau du Mézenc (de gauche à droite : le Gerbier-de-Jonc, le suc de Sara et le Mézenc)
Au petit matin, le panorama est superbe. Dans la lumière de l’aube se dessinent le mont Gerbier-de-Jonc, le suc de Sara, le mont Mézenc, le pic du Lizieux et les sucs d’Achon, des Ollières, de Bellecombe, … Bien que je l’ai déjà admiré des dizaines de fois comme un peintre contemple son œuvre, ce tableau m’émerveille encore. Je rejoins ensuite la Dolce Via par une départementale. Dix kilomètres de descente sans donner un coup de pédale, le poids de l’attelage faisant office de moteur ! La Dolce Via est aménagée sur le tracé de l’ancienne voie ferrée qui reliait la vallée du Rhône au Velay par la vallée de l’Eyrieux. La rivière est belle. L’eau se faufile entre les rochers polis par l’érosion puis longe des plages de sable ou de galets. C’est un réel plaisir d’évoluer dans la douceur du matin. À mes côtés, Elvis se régale. Il court partout, me presse de repartir quand je fais une pause. Mais après vingt-cinq kilomètres, je l’installe dans la remorque pour qu’il se repose un peu. Mais il ne l’entend pas de cette oreille. Il aboie et tente de sauter en roulant. Cela dure une dizaine de bornes. Excédé, je le libère pour qu’il coure. Il fait très chaud et notre vitesse oscille entre quinze et vingt kilomètres à l’heure. Mon chien ne pourra pas tenir ce rythme tout le voyage… Il est trop malheureux dans la remorque et moi je m’énerve de voir qu’il ne veut pas y rester. Le cœur serré, je décide donc de le faire rapatrier chez mes parents. En rentrant, je lui apprendrai à voyager sagement dans la remorque, en vue de notre prochain périple.
Je continue donc seul la route qui me conduit à La Voulte-sur-Rhône sous une chaleur étouffante. Je prends le temps de faire une pause pour observer l’environnement et méditer à l’ombre des chênes. Demain, je bifurquerai plein sud sur la Via Rhôna.


Vallée de l'Eyrieux
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