Lors d’expéditions ou simplement de voyages "nature", nous sommes souvent amenés à bivouaquer. Le bivouac devrait toujours se faire dans un total respect de l’environnement. Cependant, ce n’est pas toujours le cas: nous avons tous à l’esprit les campagnes de nettoyage des montagnes himalayennes où des tonnes et des tonnes de détritus, laissés lors d’expéditions passées, jonchaient le sol. Mais ce n’est pas que dans ces contrées lointaines que les hommes en balade détériorent l’environnement. Dans les criques sauvages du littoral méditerranéen, par exemple, il n’est pas rare de trouver les sacs poubelles de ceux qui n’ont pas jugé opportun de les reprendre avec eux. Pourtant le manque de place ne peut pas être invoqué, puisque si l’on a réussi à apporter des emballages remplis de leur contenu, remporter seulement l’emballage ne devrait pas poser de problèmes. Il faut savoir que dans les régions où les sites ne sont pas respectés (dans les pays occidentaux du moins), les interdictions pleuvent et la pratique du bivouac en vient à être tout juste tolérée, quand elle n’est pas simplement interdite. Les libertés individuelles de tous sont entravées à cause du comportement irresponsable de certains. L’exemple canadien est à prendre en compte : le kayak de mer est réglementé dans certaines zones littorales, et les bivouacs doivent obligatoirement se faire dans des zones aménagées. On parle d’instaurer ce type d’aménagement pour les côtes françaises. Si l’on suit jusqu’au bout cette logique, quel que soit l’endroit du monde, on devra aller dormir dans ces structures. Ce fonctionnement n’aurait pas lieu d’être si les randonneurs avaient un comportement respectueux du milieu.. L’aventure et la liberté, telles qu’on les imagine et qui font rêver, n’existeront plus. Pour éviter cela, nous vous proposons une charte du bivouac propre, contenant quelques règles qui essaient, autant que faire se peut, de minimiser les conséquences de l’incursion de l’homme dans le milieu naturel.
1. Discrétion. Quand on bivouaque, autant ne pas défigurer le décor avec des tentes fluo, du linge qui sèche, ne pas étaler le bivouac sur une grande zone, etc.
2. Démonter le bivouac avant 9 heures le matin.
3. Ne pas modifier le lieu (éviter de couper les plantes et arbres vivants, déplacer les pierres, etc.)
4. Ne RIEN laisser en partant (y compris les déchets biodégradables visibles ; ou alors, s’il est difficile de les remporter ou de les brûler, les enterrer (peaux d’orange, de banane, coquilles d’œufs, etc.)
5. Pour les besoins naturels, faire un trou et recouvrir, brûler le papier toilette dans les zones sans risque d’incendie, l’enterrer dans les zones humides. Voire ne pas en utiliser : à proximité du rivage, on peut aisément se laver à l’eau. On peut aussi prendre de l’eau de mer ou dans les rivières avec un récipient et se nettoyer à l’écart du cours d’eau. Une grande partie de la population mondiale n’utilise que de l’eau pour la toilette et ne s’en porte pas plus mal. Voir certains endroits jonchés de papier hygiénique, c’est vraiment rebutant et cela peut être si facilement évité. De même, on voit traîner dans la nature des tampons ou des serviettes hygiéniques usagés : soit on les remporte, soit on les brûle, soit on les enterre, mais en aucun cas on ne les laisse traîner dans la nature.
6. Emporter les déchets des autres (dans la mesure du possible) : une règle que l’on peut s’imposer et qui est facile à appliquer est de remporter un déchet trouvé sur le site par personne et par nuit.
7. Ne pas faire de feu dans les endroits à risque d’incendie. Dans les autres, démonter le foyer et recouvrir de terre les cendres en partant.
8. Pour se laver, utiliser un savon non polluant, biodégradable et en quantité minimale.
9. Utiliser au maximum l’énergie solaire, ça marche et c’est peu onéreux.
10. Globalement, tout cela se résume par un principe simple : si quelqu’un passe sur le site immédiatement après, il ne doit voir aucune trace du bivouac.