Eric Petitalot est un habitué de l'expédition engagée. Il y a quelques années, il a pagayé 3 mois durant le long de la côte sud-ouest d'Alaska. Lors de ce périple, il a parcouru, seul avec son kayak pliant, 1500 kilomètres de cette côte très découpée, de Skagway à Ketchikan. Plus de 100 kg de matériel et de vivres chargés dans son embarcation ont été nécessaires afin de partir en autonomie complète.
L'aventure commence un 15 mai, à 3 heures du matin (horaire des marées oblige) avec des vagues de 2 mètres, la pluie, le brouillard et le vent de face. Des conditions qui mettent dans l'ambiance... La navigation dans cette zone est périlleuse, les marées ont environ huit mètres d'amplitude, et le résultat dans les étroitures des fjords - courants violents, tourbillons - est à la mesure des paysages grandioses qu'il rencontre.
Son kayak est trop lourdement chargé pour être traîné hors de portée de la marée pour les bivouacs. Il est obligé de naviguer entre les deux marées hautes, soit 13 heures de navigation quotidienne durant lesquelles il parcourt en moyenne 50 kilomètres. Au fond de son kayak se loge aussi son matériel de montagne et il profite de passer à côté de quelques jolies montagnes bordant la côte pour tenter des sommets. Il n'hésite pas non plus à se charger d'un lourd sac, contenant pour 20 jours d'autonomie, afin d'aller enchaîner plusieurs voies sur des sommets situés plus à l'intérieur des terres (Little Matterhorn, Taku Towers, Emperor Peak et Princess Peak notamment). Au bilan une très belle aventure… mais aussi de belles frayeurs dans une mer parfois démontée ! La splendeur des spectacles offerts par cette Nature rude a été à la hauteur des épreuves qu'il a endurées. Certaines baies avaient des allures de sanctuaires emplis de toutes sortes d'animaux; "dans ces terres, lorsque le soleil éclaire les paysages de ses rayons, le beau devient sublime et on a l'impression d'être à la naissance du monde."
Après l'altitude 0, Eric s'est élevé vers les hautes terres himalayennes. Une grande aventure à pied, de 2 mois en solitaire, au Népal. Un voyage bien différent des treks organisés avec des dizaines de porteurs. Cette marche l'a mené au cœur de ces fabuleux paysages de montagne ainsi qu'au contact d'une population merveilleuse, mais aussi très pauvre et déshéritée. Il note dans son carnet de route : "J'ai retrouvé là le Népal originel et envoûtant : des journées qui durent une éternité; un pas lent, corollaire d'une paix intérieure ; des sourires enjôleurs qui accompagnent le cordial Namaste (bonjour) ; les enfants qui vous prennent par la main pour faire un bout de chemin.". Ces rencontres l'ont poussé à créer l'association Namaste (voir encart dédié).
Au cours de son voyage, il s'est offert quelques sommets autour de 6000 mètres toujours en solitaire. C'est, pour Eric, un immense plaisir que de fouler ces montagnes peu parcourues, et de laisser sa seule trace dans la neige immaculée. Choisir son itinéraire au coeur des glaciers, progresser sur une arête aérienne, s'accommoder de la météo capricieuse, déambuler seul dans ces immenses étendues désolées renforcent son sentiment de liberté. A force de côtoyer les hauteurs, d'être entre ciel et terre, entre profane et sacré, son aventure s'est enrichie d'une dimension spirituelle. Pour avancer dans cette voie, il a rencontré un rimpoche (lama) fuyant son Tibet natal puis il a séjourné dans une gompa (temple bouddhiste tibétain).
Mais l'Alaska reste pour lui une terre magique, une terre où l'homme n'est qu'un éphémère visiteur, où la nature a gardé son visage originel. Une terre où la beauté des paysages rivalise avec les rigueurs du climat et les dangers de la faune (les ours en particulier). Une terre où l'Aventure s'écrit encore avec un grand A.
Skagway est le point de départ de son nouveau périple (comme lors de son précédent voyage en kayak mais cette fois-ci il se dirigera vers le nord). 100 kilomètres à pied depuis cette ville de la côte sud lui permettent d'accéder au fleuve Yukon, au niveau de Whitehorse. Là, il monte dans son kayak pliant pour parcourir, juste après la débâcle, 1500 kilomètres sur ce fleuve mythique. A cette période de l'année les eaux sont hautes et il se fait pas mal de frayeurs avec son embarcation lourdement chargée.
A l'endroit où le fleuve s'oriente vers l'ouest, au niveau de Fort Yukon, il laisse son kayak pour marcher sur plus de 900 kilomètres dans une zone totalement inhabitée. Eric devait atteindre la mer de Beaufort au niveau du village de Kaktovik, mais il a été bloqué à quelques jours de marche de ce village, et il a dû rebrousser chemin et changer de point d'arrivée.
Eric remercie ses partenaires qui lui ont fourni vivres et matériel pour cette aventure :
Voyager : toute la nourriture lyophilisée.
Aigle : des vêtements chauds et légers.
« Il y a des "gifles" dans la vie qui font réagir. Des gifles qui peuvent être synonymes de besoin, destin, envie, simplement ne pas tourner la tête et être en règle avec soi. Ainsi est née Namaste Association. »
Au Népal Eric a été très touché par la gentillesse de la population. Les difficultés qu'elle rencontre l'ont poussé à créer une association pour aider les enfants des villages très pauvres de l'est du pays en leur faisant parvenir fournitures scolaires et vêtements chauds. Depuis 4 ans que l'association existe, des centaines de kilos de colis ont été envoyées par la poste. L'association vérifie que les envois parviennent à destination grâce à une correspondance suivie avec les instituteurs de ces villages.
En 2004, il est prévu d'envoyer 500 kg de vêtements et de matériel divers par fret. Cette démarche nécessite la mobilisation de tous, c'est pourquoi Namaste, et les enfants démunis qu'elle aide, ont besoin de vous. Vous pouvez les aider :
En rejoignant l'association
En devenant membre bienfaiteur
Par des dons de vêtements divers, de fournitures scolaires …
NAMASTE Association, 13 rue de la Lombardie, 03100 Montluçon. Tel : 04 70 05 19 99
Site Internet : http://namaste.association.free.fr