Kim voyage et part à l'aventure depuis tout jeune. A la fin de ses études d'ingénieur il passe quelques temps comme officier dans la légion. Il décide ensuite de partir en voyage, longtemps et au contact d'une nature sauvage, le voilà donc parti pour :
Photo Kim Hafez
Kim est un petit peu insouciant et c'est ce qui fait le charme de ce voyage, il découvre le canoë lors de cette aventure. De plus, il n'a cherché aucun sponsor pour le soutenir. Il voyage simplement, même si son périple est d'une ampleur exceptionnelle. Kim doit descendre (cas favorable) ou remonter (beaucoup plus long et difficile) de nombreuses rivières pour progresser vers son but. Afin de franchir des rapides trop puissants ou de passer d'une rivière à une autre, de longs et lourds portages à travers les forêts d'épineux, qu'il effectue en plusieurs allers-retours, lui sont nécessaires.
Il ne peut naviguer que quelques mois dans l'année car les eaux des systèmes de rivières et de lacs sont complètement gelées en hiver. Il passe donc deux années dans les territoires du nord pour réaliser son périple. Au printemps, il attend la débâcle (les rivières se purgent de la glace) pour pouvoir continuer. Il retrace cette aventure dans le livre Unghalak, la quête sauvage. Petit à petit, on le voit évoluer et devenir de plus en plus symbiotique avec la nature, la forêt sauvage et ses animaux. Il perçoit les choses à la manière d'un poète et avec énormément de respect et d'amour. Kim décrit également la relation quasi mystique qu'il entretient avec le milieu naturel. Son entreprise n'en demeure pas moins une réalisation sportive majeure. Il devra par ailleurs survivre aux tempêtes, à la faim et même à la maladie pour réussir sa très belle odyssée. A lire absolument…
Après cette aventure, il rentre en France et entreprend de travailler en tant qu'ingénieur, mais l'envie de repartir à la conquête de l'horizon le reprend vite. Il se lance alors dans un grand périple en kayak de mer et en canoë qui va l'entraîner vers le grand Nord. Parti d'Essonne en mars 2000, il navigue, 4 ans durant, d'abord en Scandinavie puis au Groenland et enfin au Canada.
Kim est en train d'écrire un livre sur cette aventure.
Kim est actuellement (hiver 2004) en escale en Norvège.
Voyageur : un choix de vie
Ce choix de vie s'est fait graduellement. Je commence à faire des randonnées en milieu sauvage à l'âge de dix-huit ans, où je suis émerveillé d'apprendre qu'avec une carte topographique et une boussole, on peut explorer tous les recoins de la Terre, des plus beaux aux plus lointains. Je découvre aussi le sens profond du mot liberté et m'enivre de son délicieux parfum que notre société a, me semble-t-il, hélas, depuis longtemps oublié. Quant au Nord, j'y viens instinctivement, comme aimanté par un champ invisible, et j'y trouve une autre manière de vivre. Mes voyages me conduisent toujours plus loin, dans des conditions toujours plus extrêmes. Je décide alors naturellement d'embrasser une carrière de voyageur, poursuivant telle quête d'idéal ou d'honneur. La gloire, la reconnaissance ? Non sponsorisé, peu médiatisé, je n'y ai pas droit et je me console en pensant qu'il vaut mieux chercher la gloire aux yeux de Dieu plutôt qu'aux yeux des hommes. Ici, je fends du bois, là je déneige une allée, autant de petits boulots hivernaux qui me permettent de subvenir à des besoins que je m'efforce par ailleurs de limiter au strict nécessaire. C'est seulement ainsi que j'ai réellement l'impression de vivre, c'est-à-dire d'exister en tant qu'homme sur ma planète Terre et d'y accomplir ma tâche.
Voyageur non sponsorisé : un choix également
Je ne suis pas un coureur de sponsors. D'une part, parce que c'est une démarche qui n'a pour moi aucun intérêt et donc pour laquelle je n'aurai aucune patience, mais surtout parce que cela irait à l'encontre de l'esprit même de mon nomadisme. Dépendre d'un matériel électronique ou de vêtements techniques pour assurer sa survie revient, je pense, à prendre au moins autant de risque que de ne compter que sur soi-même tout en s'en remettant à la Providence divine. Ce n'est donc pas une question de risque — ce dont je n'ai d'ailleurs jamais réussi à convaincre ma mère ! — tout au plus une question de confort, mais surtout une question d'état d'esprit. En effet, de quoi aurait l'air mon libre pèlerinage si j'étais suréquipé, bardé d'affiches publicitaires et tenu de rendre compte de chacun de mes mouvements ? J'ai donc préféré voyager humblement pour puiser dans la simplicité de mon nomadisme et le hasard providentiel des rencontres, toute la richesse de la vie.
Mon équipier
À défaut d'avoir rencontré une partenaire de voyage, j'avais fini par adopter un chiot esquimau des Territoires du Nord-ouest, dans le fin fond de l'Arctique canadien, m'engageant ainsi un peu plus vis-à-vis du monde boréal. Unghalak, mot qui signifie « Vent d'ouest » en inuktitut (la langue des Inuits), avait autant l'aspect d'un loup que d'un chien. D'ailleurs, aucun Inuk n'avait aperçu l'animal qui s'était accouplé avec sa mère, la seule à avoir du sang berger allemand parmi la centaine de chiens de traîneau du village. On avait voulu me le vendre pour quelques pièces ; comme j'étais sans un sou, je proposais de l'échanger contre les dernières cartouches de calibre 12 qu'il me restait et l'affaire fut rapidement conclue. J'assurais notre subsistance par du poisson fraîchement pêché ou par ceux que les Inuits conservaient dans de vieux fûts tout rouillés et qui étaient réservés aux chiens. Unghalak devint rapidement une bête robuste et se révéla un compagnon d'aventure idéal.